Indices de prix et mesure des volumes (le retour de l’inflation)

 

Un des rôles essentiels des comptes nationaux est de décomposer les évolutions des opérations sur biens et services en valeur en deux composantes : un facteur prix reflétant le mouvement des prix et un facteur volume qui mesure l’évolution des agrégats corrigée des effets de l’inflation. Cette décomposition permet en particulier au niveau le plus agrégé de mesurer la croissance de l’économie, définie comme l’évolution du PIB en volume.

Le partage systématique de la variation des valeurs courantes en ses composantes «variation de prix» et «variation de volume» se limite aux flux représentant des opérations, retracés dans les comptes de biens et services et dans le cadre des ressources et des emplois. Il est effectué aussi bien pour les données par branche et par produit que pour celles relatives à l’économie totale. Les flux correspondant à des soldes comptables, tels que la valeur ajoutée, ne peuvent être directement transformés en composantes de prix et de volume; cela ne peut être fait qu’indirectement à partir des flux d’opérations correspondants.

Les indices de volume et de prix peuvent être calculés uniquement pour des variables qui comportent des éléments de prix et de quantité. Les notions de prix et de quantité sont étroitement associées à celle des produits homogènes, c’est-à-dire des produits
pour lesquels il est possible de définir des unités qui sont toutes considérées comme équivalentes et qui peuvent donc  s’échanger contre la même valeur monétaire. Le prix d’un produit homogène peut alors être défini comme le montant monétaire contre lequel peut s’échanger chaque unité de ce produit. Pour chaque flux de produit homogène, par exemple la production, il est donc possible de définir un prix (p), une quantité (q) correspondant au nombre d’unités et une valeur (v) définie par l’équation: v = p × q.

La méthode de calcul des indices de prix et de volume exposée ci-dessus suppose l’existence des produits pendant les deux années consécutives. Or, le fait est que de nombreux produits apparaissent et disparaissent d’une année à l’autre, et les indices de prix et de volume doivent en tenir compte. Lorsque le volume est défini à partir des prix de l’année précédente, aucun problème particulier ne se pose pour les produits qui existaient l’année précédente mais n’existent plus dans l’année courante, car ils sont simplement associés à une quantité nulle pour l’année courante. En ce qui concerne les nouveaux produits, le problème est plus complexe en ce sens qu’il n’est pas possible de mesurer le prix d’un produit qui n’existait pas l’année précédente.

De plus en France comme dans les autres pays, les données des évolutions de prix sur la production de nombreux produits (économie numérique, santé, éducation, commerce, services financiers, etc …) sont rares ou peu fiables, soit plus de 50% de l’économie. Dans le commerce, les assurances ou les services financiers, la production ne s’apparente pas au chiffre d’affaires. On est alors amené à calculer les évolutions en volume par d’autres méthodes comme le nombre de soins dans les hôpitaux, les heures-élèves dans l’éducation, etc… en essayant tant bien que mal de mesurer l’effet-qualité.

 

One of the essential roles of national accounts is to decompose the evolution of transactions in goods and services in value terms into two components: a price factor reflecting the movement of prices and a volume factor measuring the evolution of aggregates corrected for the effects of inflation. This decomposition makes it possible, in particular at the most aggregate level, to measure the growth of the economy, defined as the evolution of GDP in volume.

The systematic division of changes in current values into the components ‘changes in price’ and ‘changes in volume’ is  restricted to flows representing transactions, recorded in the goods and services accounts and in the supporting supply and use framework. It is carried out both for the data relating to individual industries and products, and for those relating to the total economy. Flows which are balancing items, such as value added, cannot be directly factored into price and volume components; this can only be done indirectly using the relevant flows of transactions.

Volume and price indices can only be derived for variables that have price and quantity elements. The notions of price and quantity are closely linked to that of homogeneous products, i.e. products for which it is possible to define units which are all considered equivalent and which can thus be exchanged for the same monetary value. It is thus possible to define the price of a homogeneous product as the amount of money for which each product unit can be exchanged. For each homogeneous product flow, e.g. output, it is thus possible to define a price (p), a quantity (q) corresponding to the number of units and a value (v) defined by the equation: v = p × q.

The method of calculating price and volume indices outlined above assumes that the products exist in both successive years. In actual fact, however, many products appear and disappear from one year to the next and the price and volume indices need to reflect this. Where volume is defined using the prices of the previous year, there is no particular difficulty in the case of products which existed in the previous year but which no longer exist in the current year, since they are simply linked to a zero quantity for the current year. The problem is more complicated in the case of new products, since for the previous year it is not possible to measure the price of a product which does not exist.

Moerover in France, as in other countries, data on price variation in the production of many products (digital economy, health, education, trade, financial services, etc.) are acarce or unreliable, i.e. more than 50% of the economy. In trade, insurances or financial services, output is not the same as turnover. We are therefore led to calculate changes in volume by other methods such as the number of treatments in hospitals, pupil hours in education, etc., trying as best we can to measure the quality effect.

 

«En juillet 1997, l’adoption du Pacte de stabilité et de croissance par le Conseil européen a suscité des besoins accrus en données plus harmonisées sur les prix et les volumes dans les comptes nationaux. Avec cet instrument politique destiné assurer la stabilité de l’euro, les états membres s’engagent à maintenir leur déficit public ç moins de 3% du PIB. Les pays ne sont autorisés à avoir un déficit public supérieur à cette valeur qu’en cas de grave récession économique. Selon le pacte, une récession économique grave correspond à une baisse annuelle d’au moins 2% du PIB en termes réels. Ainsi, pour la première fois, des données sur la croissance ont servi à des fins administratives, ce qui a incité à effectuer les travaux de méthode sur le partage volume-prix», Manuel de la mesure des prix et des volumes dans les comptes nationaux, Eurostat.

« L’inflation est un impôt pour les pauvres, et une prime pour les riches » François Mitterand.

 

 

 

 

Sommaire

I – LES INDICES DE PRIX ET DE  VOLUME

I – LE MANUEL D’EUROSTAT DU PARTAGE VOLUME PRIX

III – LES DIFFICULTÉS DU PARTAGE VOLUME-PRIX DES BIENS, DES SERVICES ET DES PRODUITS NUMÉRIQUES

IV- LA MÉTHODE DE LA DOUBLE DÉFLATION : LE VOLUME DE LA VALEUR AJOUTÉE

V – LE PARTAGE VOLUME-PRIX DES SERVICES MARCHANDS

VI – LE PARTAGE VOLUME-PRIX DU COMMERCE

VII – LE PARTAGE VOLUME-PRIX DES SERVICES FINANCIERS ET D’ASSURANCE

VIII – LE PARTAGE VOLUME-PRIX DES SERVICES NON MARCHANDS COLLECTIFS (LA MÉTHODE « INPUT »)

IX – LE PARTAGE VOLUME-PRIX DES SERVICES NON MARCHANDS COLLECTIFS (LA MÉTHODE « OUTPUT »)

IX- LE PARTAGE VOLUME-PRIX DE L’ÉDUCATION NON MARCHANDE

X- LE RETOUR DE L’INFLATION

 

Résumé

° Un des rôles essentiels des comptes nationaux est de décomposer les évolutions des opérations sur biens et services en valeur en deux composantes : un facteur prix reflétant le mouvement des prix, un facteur volume mesurant l’évolution des agrégats à prix constants. Les mesures de volume permettent de procéder à l’analyse de la croissance réelle au fil du temps.

° Cette décomposition se fait de manière naturelle lorsque l’on examine un agrégat de biens élémentaires homogènes, économiquement identiques entre deux périodes. Les quantités étant dans ce cas additives (au sens économique) et commensurables, la notion de volume correspond alors à celle de quantité. L’évolution en volume correspond alors à celle des quantités; l’évolution en prix correspond à celle des prix unitaires (par unité de quantité). Mais pour des biens non homogènes et pour l’apparition de produits nouveaux, de qualités différentes, il convvient de è prendre en compte les effets-qualité liés aux déformations dans la structure des produits.

 

 

 

1 – Décomposition des évoluions de volume et de prix dans le temps

En effet l’économie est composée de multiples produits eux-mêmes décomposés en plusieurs variétés. Avons-nous le droit d’additionner les nombres de tous les types de voitures pour mesurer la production de voitures dans un pays donné ? Non, car il semble erroné de compter une même unité pour une voiture de « basse qualité » et pour une voiture de « haute qualité ».  Il y a donc un problème fondamental d’additivité dans l’agrégation macroéconomique. Pour le résoudre, il faut s’appuyer sur la structure des prix. C’est-à-dire faire la somme des quantités  » pondérées  » par le prix de chaque produit : somme du nombre de voitures de mauvaise qualité multiplié par leur prix et du nombre de voitures de bonne qualité multiplié par leur prix. Il en résulter des agrégats monétaires qu’on peut additionner

° Le volume est ainsi défini comme la somme des unités physiques pondérées par leur prix. Mais l’objectif est de calculer les variations entre deux périodes : Or, entre deux périodes, les prix changent ainsi que les quantités.  L’objectif est d’éviter que l’indicateur de volume soit affecté par les variations de prix (inflation) . D’où l’idée de pondérer les quantités par une structure de prix  » constante « .

° Pour calculer la croissance du volume de voitures produites entre t et t’ , il faut comparer :

  • Qs,t x Ps + Ql,t x Pl (volume en t) et
  • Qs,t’ x Ps + Ql,t’ x Pl (volume en t’)

La structure du prix est constante : P ne dépend pas de t. On parle donc de  » comptes à prix constants « .

° On suppose qu’on produit 1000 voitures l’année 1 et également 1000 voitures l’année 2. La proportion de grosses voitures (dont le prix est le double de celui des petites voitures) passe de 50 % à 80 %. La croissance en volume sera de (80×2 + 20×1) / (50×2 + 50×1) = 1,2 = +20%. La  » quantité  » de voitures est inchangée mais le volume augmente significativement. L’utilité des consommateurs a augmenté.

° L’établissement du volume tient compte de toutes les différences entre les qualités des produits. Ainsi, le carburant sans plomb ne sera pas considéré comme le même produit que le carburant ordinaire, par exemple. Même le mode de commercialisation du produit est une caractéristique du produit. Autre exemple, La différence entre le volume d’ordinateurs mesuré par les comptes nationaux et le nombre d’ordinateurs est très importante. On estime par une méthode  » hédonique  » quel aurait été le prix d’un ordinateur l’année 0  dont la puissance et la vitesse augmentent entre l’année 0 et l’année 1. Cette méthode définit une relation économétrique entre le prix et les caractéristiques des ordinateurs. Il y a un  » facteur qualité  » très important. 

 

 

 

2 – indices de Laspeyres et de Paasche

° En revanche, lorsque l’agrégat recouvre des produits non homogènes économiquement, il est nécessaire de recourir à des pondérations et en pratique à des indices. Pour un agrégat de produits élémentaires, la méthode la plus naturelle pour décomposer l’évolution en valeur d’une année sur l’autre, entre une variation de prix et une variation de volume, consiste à mesurer le volume en valorisant les opérations élémentaires par le système de prix de l’année précédente. De la sorte l’indice de valeur est le produit d’un indice de volume (de type Laspeyres) et d’un indice de prix (de type Paasche).

° Soient i produits, sur la période 0-t, en quantités qi aux prix pi, on peut mesurer l’évolution des volumes dans le temps par :

 

° On applique la même formule pour l’évolution des prix, en échangeant les prix et les quantités.

° En pratique, on choisit Lq  et Pp , qui vérifient la relation:

 

° Le choix d’utiliser des indices de Laspeyres en comptabilité nationale pour construire le volume s’explique probablement par les nombreux avantages présentés par ces indices lorsqu’ils étaient construits en base fixe, comme c’était le cas jusqu’en base 1995 pour les comptes annuels, et jusqu’en base 2000 pour les comptes trimestriels.

° Toutefois, les indices de Laspeyres à base fixe se sont révélés problématiques au cours des années 1990 avec le développement des nouvelles technologies de l’information et des communications dont les prix baissaient très rapidement, ce qui a imposé aux comptes nationaux de mettre en place un système de chaînage pour la constitution des séries longues : ainsi, alors qu’avant la base 1995, l’évolution de chaque agrégat en volume était construite à partir des évolutions des indices élémentaires en volume pondérés par leurs poids en année de base, depuis la base 1995, les évolutions des agrégats en volume sont construits à partir des évolutions des indices élémentaires en volume, pondérés par leur poids l’année précédente.

 

 

3 – La mesure de l’effet qualité

° Le problème de l’évaluation de l’effet « qualité » est au cœur des débats sur l’indice des prix. C’est un problème capital qui concerne non seulement les produits  manufacturés (biens durables, en particulier) mais aussi les produits alimentaires (notamment agro-alimentaires) et les services (transports, banques, assurances, culture…) ainsi que les produits numériques. Ce problème est difficile à résoudre et sa solution est coûteuse.

° De quoi s’agit-il ? Le changement de qualité est le fait, pour un produit suivi dans l’indice, d’avoir ses caractéristiques modifiées tout en conservant son usage principal. Le prix après modification n’est pas comparable a priori au prix avant modification et il y a bien un problème pour la prise en compte de ce nouveau prix. Il faut donc procéder à une évaluation de l’impact de la variation de qualité sur ce prix.

° Cela est théoriquement possible dans la plupart des cas mais nécessite de posséder de très nombreuses informations sur les caractéristiques des produits concernés soit pour que l’enquêteur puisse décider en connaissance de cause qu’il s’agit d’un produit équivalent soit pour évaluer l’impact des variations de ces caractéristiques sur le prix (par une méthode économétrique ou autre), ce qui est fort coûteux

° Des difficultés naissent notamment en cas d’apparition de produits nouveaux, de produits de qualité différente ou de produits uniques (tels que certains biens d’équipement) pour lesquels on ne peut observer de prix l’année précédente. Le traitement de ces problèmes, et d’une manière générale, des «effets-qualité» constitue un des aspects majeurs de la méthodologie d’élaboration des principaux indices statistiques utilisés : indices des prix à la production ou à la consommation. Pour les besoins de la comptabilité nationale comme d’ailleurs pour les statistiques de prix, les indices de prix doivent refléter les évolutions de prix de produits comparables de qualité constante. Les effets-qualité comme ceux liés aux déformations dans la structure des produits (en termes de variétés, de gammes, d’usages…) relèvent alors de variations de volume. On note que dans le calcul des indices de prix, il n’y a quasiment jamais en pratique d’effet-qualité négatif sauf parfois dans les indices des comptes nationaux.

 

 

 

4 – Le partage volume prix en comptabilité nationale

Le tableau entrées-sorties (TES) est construit en valeur et en volume. Il est nécessaire de calculer plusieurs fois les agrégats :

  •  Une fois en « valeur » (ie au prix de l’année courante),
  • Une fois en « volume » (ie au prix de l’année précédente),
  • Une fois au prix d’une année fixe, dits « volumes chaînés » (ie au prix de l’année de base) pour permettre des comparaisons temporelles.

° Comment interpréter une augmentation du PIB en valeur ? il faut décomposer les évolutions en valeur en deux composantes :

  • Un facteur prix, reflétant le mouvement des prix : ils doivent refléter les évolutions de prix de produits comparables et de qualité constante ,
  • Un facteur volume reflétant l’évolution des agrégats à prix constants.

 

° Les deux encadrés suivants tentent de résumer les principaux aspects théoriques et pratiques du partage volume-prix dans les comptes nationaux.

 

 

° Les équilibres-ressources-emplois (ERE) et les comptes de branches qui en résultent constituent le cadre privilégié du partage volume-prix des opérations sur biens et services. D’abord, ils permettent d’effectuer ce partage à un niveau détaillé, condition nécessaire pour pondérer correctement les indices avant agrégation. Ensuite, l’utilisation de ce cadre comptable permet d’assurer la cohérence des évaluations en volume des différentes opérations, cohérence nécessaire pour obtenir des évaluations en volume des valeurs ajoutées par branches et, par agrégation, du PIB, de bonne qualité. Enfin, ce cadre qui assure le respect des règles fixées en comptabilité nationale quant aux prix de marché devant servir à la valorisation des différentes opérations – prix de base pour la production, prix d’acquisition pour les emplois -, permet de déterminer le partage volume-prix des éléments qui les relient : impôts et subventions, marges commerciales et de transport.

° Plusieurs travaux méthodologiques français et étrangers peuvent servir de référence [1] (les nombres entre crochet renvoient à la bibliographie en bas de page).

 

 

5 – L’inflation en 2022

° La hausse des prix à la consommation en France a atteint 5,2% en moyenne en 2022 , du fait de la poussée des prix de l’énergie, de l’alimentation, et dans une moindre mesure des autres produits. Un tel niveau d’inflation n’avait pas été mesuré depuis le milieu des années 1980. Il s’explique par une conjonction de tensions mondiales sur les approvisionnements, les matières premières et l’énergie, amplifiées en Europe par la guerre en Ukraine. Si cette ‘inflation importée’ s’est diffusée aux prix intérieurs, elle a aussi été limitée par les mesures publiques et n’annonce pas forcément le retour d’une dynamique de prix auto-entretenue.

 

 

 

 

 

 

 

I – LES INDICES DE PRIX ET DE VOLUME

Les variations de valeur des flux de biens et de services peuvent être directement subdivisées en deux composantes: d’une part les variations des prix des biens et des services concernés et d’autre part celles de leurs volumes.

Les variations de valeur peuvent être ventilées en composantes de prix et de volume uniquement pour les variables comportant des éléments de prix et de quantité. Toutes les opérations impliquant l’échange de biens et de services et les niveaux de stocks d’actifs non financiers présentent cette caractéristique, mais pas les flux de revenus ni les actifs et passifs financiers. Certains soldes comptables possèdent également cette caractéristique, mais d’autres non et doivent donc être considérés séparément. La valeur ajoutée n’a pas d’indice de prix directs.

La valeur d’un produit homogène est définie par:

vp×q(1)

où: v = valeur; p = prix; q = quantité (unité)

 

 

L’une des questions importantes dans la mesure de volume est le choix de l’année de base. Elle correspond à l’année pour laquelle les données de prix au niveau le plus détaillé sont collectées et servent de référence pour la pondération de différentes quantités afin d’obtenir un seul indice de volume. Le changement d’une année de base affecte le taux de croissance réel. Par conséquent, la période de base des prix est la période dont les prix sont utilisés comme dénominateurs pour le calcul des prix relatifs Pt/P0 (0 est la période de base des prix). La période de base des quantités est la période dont les quantités sont utilisées comme dénominateurs pour le calcul des quantités relatives Qt/Q0 (0 est la période de base des quantités).

Une année de référence est simplement une année donnée choisie de manière à pouvoir comparer une série de valeurs avec des années de base différentes. Plus simplement, la période dans une série chronologique d’indices est présumée égale à 100. Un changement de l’année de référence ne doit pas modifier les taux de croissance.

Le choix de l’année de base et le choix de l’année de référence sont, en principe, deux questions indépendantes. Pour le calcul des mesures de prix et de volume, seule la question du choix de l’année de base est pertinente.

Un re-référencement ou un chaînage est nécessaire à chaque fois que des données sont calculées en prenant l’année précédente comme année de base et les données doivent être exprimées par rapport à une année de référence fixe. Ce système, qui consiste à toujours utiliser l’’année précédente comme année de base, est également connu sous le nom de système “d’indices-chaînes”. Toutefois, aucun chaînage n’est nécessaire pour calculer les variations de prix et de volume d’une année à l’autre.

 

 

 

1/ Les indices de prix et de volume en comptabilité nationale

Les flux qui sont représentés dans les comptes nationaux correspondent aux transactions économiques mesurées en termes monétaires. L’utilisation de l’unité monétaire comme étalon de référence permet d’agréger des opérations élémentaires qui portent sur des produits (biens ou services) hétérogènes. Pour une transaction ayant porté sur un bien, la valeur monétaire de cette transaction synthétise deux réalités distinctes : d’une part, le nombre d‘unités physiques du bien échangées au cours de la transaction, et d’autre part, le prix de chaque unité physique du bien, c’est-à-dire la valeur pour laquelle s’échangerait une unité du même bien. Ainsi, pour un produit homogène, la décomposition élémentaire s’écrit en niveau :

où i désigne le produit homogène considéré et t la date. Ainsi, l’évolution entre deux dates de la valeur a d’un produit déterminé résulte d’une variation des volumes d’une part, et d’une variation des prix d’autre part. Le partage volume/prix de la valeur s’obtient en combinant des indices d’évolution, c’est-à-dire des indicateurs qui s’interprètent uniquement en termes d’évolution (et non en niveau) :

Transcrire à un ensemble de produits (plus ou moins hétérogènes) ce partage effectué pour un produit homogène donné nécessite de définir des modalités d’agrégation. En effet, avec des produits hétérogènes, la somme de volumes physiques ne fait pas sens. Par exemple, un nombre de boîtes de médicaments ne s’additionne pas avec un nombre de séances de dialyse. La comptabilité nationale introduit la notion de « volumes aux prix de l’année précédente » qui somme les volumes élémentaires en les pondérant par les prix de l’année précédente afin de sommer des grandeurs toutes homogènes à des euros de l’année précédente. L’évolution de la valeur d’un ensemble de produits hétérogènes se décompose ainsi entre une variation de volumes au prix de l’année précédente et un effet de prix.

En pratique, la relation fondamentale du partage de la valeur en volume et prix est utilisée de manière équivalente pour déduire l’un des trois facteurs des deux autres : dans la plupart des cas, l’évolution de la valeur et celle de l’indice de prix sont connues, et l’évolution des volumes en est déduite.

 

 

 

2/ La construction des indices

Soit un panier de produits élémentaire homogène. Val(t) désigne à la date t sa valeur, Vol(t) son volume et P(t) son prix. i désigne un produit élémentaire homogène échangé à la date t en quantité q(i,t) à un prix (i,t), val(i,t) est sa valeur.

 

a) Valeurs :

La valeur à la date t du panier considéré est par définition :

L’indice d’évolution de la valeur globale du panier dépend des prix et des quantités des années t et t-1 :

 

La logique du partage volume/prix stipule que l’indice (d’évolution) de valeur est aussi le produit entre l’indice (d’évolution) de volume et l’indice (d’évolution) de prix.

 

 

b) Volumes :

Le volume du panier à la date t, défini dans les comptes nationaux comme « aux prix de l’année précédente », est :

Pour construire un indice d’évolution, il est supposé que le volume et la valeur sont égaux une année de référence, dite année de base. Dans une approche « au prix de l’année précédente », l’année de référence est toujours l’année précédente.

 Les indices de Laspeyres sont pondérés par les valeurs d’une période de base ; ils représentent une moyenne pondérée arithmétique des quantités (ou prix) courantes divisées par les quantités (ou prix) au cours de la période de base, pour laquelle les valeurs de la période de base sont les coefficients de pondération.

La formule de Laspeyres est peut-être la plus intuitive de toutes. Elle est connue comme le traitement à panier fixe. On imagine un panier contenant les quantités achetées, au cours de la période initiale, de tous les biens et services que doit prendre en compte l’indice de prix. On multiplie ces quantités par les prix correspondants, là encore pendant la période initiale, pour calculer la valeur agrégée des opérations de cette première période. Pour la seconde des deux périodes mises en comparaison, on prend alors le même panier de produits avec les mêmes qualités et quantités que dans la période initiale et on les multiplie par les prix correspondants de la seconde période. En fait, on calcule une valeur agrégée hypothétique des opérations où les quantités sont les mêmes que dans la période initiale, mais où les prix sont ceux de la seconde période. Le rapport entre les valeurs agrégées hypothétiques des opérations de la seconde période et de la première période est ce que l’on appelle l’indice de prix de Laspeyres. Celui-ci mesure la variation relative du coût du panier initial fixe de quantités entre la première et la seconde période.

Cet indice est formulé mathématiquement par l’équation suivante :

où PL est l’indice de prix de Laspeyres, pi (0) et pi (t) sont les prix du produit i dans les périodes 0 et t, et qi (0) est la quantité du produit i dans la période 0. Les deux sommations portent sur tous les produits i pris en compte dans cet indice de prix. Les quantités qi (0) sont celles qui constituent le panier fixe. L’indice compare les prix de la période 0, où l’indice est à 1, aux prix de la période t, où il est à PL .

L’indice de prix de Paasche est le candidat évident au remplacement de l’indice de Laspeyres. Dans ce cas, on utilise non pas les quantités de la période initiale, qi (0), pour construire le panier fixe, mais plutôt celles de la seconde période, qi (t). L’indice de prix de Paasche peut se formuler mathématiquement par l’équation suivante

:

où PP est l’indice de prix de Paasche, pi (0) et pi (t), les prix du produit i dans les périodes 0 et t et qi (t), les prix du produit i dans les périodes 0 et t et  la quantité du produit i dans la période t. En un sens, cet indice est rétrospectif, puisqu’il compare la valeur réelle de l’agrégat des opérations de la seconde période à la valeur hypothétique de l’agrégat des opérations de la première période, les prix venant de la période initiale et les quantités, de la seconde.

De même, on peut définir les indices de volume de Laspeyres, Paasche et Fisher à l’aide des mêmes formules, mais dans une inversion des rôles des prix et des quantités. Ainsi, l’indice de volume de Laspeyres peut se formuler mathématiquement par l’équation suivante :

Cette formule compare les quantités de deux périodes, 0 et t, en les pondérant par un « panier fixe de prix » de la période initiale, pi (0)

L’évolution en volume aux prix de l’année précédente correspond à la somme des évolutions en quantité des biens élémentaires pondérées par le poids dans la valeur à la date précédente.

De même, l’indice de volume de Paasche peut se formuler mathématiquement par l’équation suivante :

L’indice d’évolution de volume est un indice dit de « Laspeyres » :

L’indice de volume de Fisher, de façon semblable à l’indice de prix correspondant, est la moyenne géométrique des indices de volume de Laspeyres et de Paasche.

 

 

 

c) Prix :

L’indice des prix se déduit de la construction de l’indice de volume; il prend la forme d’un indice dit « de Paasche » :

L’évolution du prix du panier fait intervenir les prix aux deux dates et la quantité uniquement à la date t. L’indice de prix se définit donc comme une mesure synthétique de l’évolution de prix de biens et services. Celui-ci n’évolue pas comme un prix moyen. En effet, un prix moyen est généralement obtenu en divisant la somme des prix de vente des biens vendus pendant une période donnée par le nombre de ces biens. Sa variation dans le temps peut dépendre non seulement de la variation du prix de chaque bien considéré individuellement mais également par exemple de la variation de la structure des biens vendus. À l’inverse, l’indice de prix mesure la variation du prix des biens d’un panier fixe de biens et services : il a donc pour objectif précis de refléter l’évolution du prix des biens indépendamment de la structure des biens vendus.

 

 

 

3/ Prix – quantité – qualité

Le partage volume/prix ci-dessus permet d’agréger différents biens entre eux mais suppose que les biens restent homogènes dans le temps, seuls leurs prix et leurs quantités consommées évoluent. Cette stabilité est rarement constatée, d’autant plus que la plage temporelle est grande ou que le panier est large. Dans ces cas-là, les indices de prix cherchent toujours à mesurer un effet prix « pur » c’est-à-dire à mesurer l’évolution des prix comme si les produits ne changeaient pas. Les indices de prix sont dits « à qualité constante ». En conséquence, l’indice de volume combine deux facteurs : un facteur quantité (parfois appelées « volumes physiques ») et un facteur « qualité ». Par exemple, dans la consommation de voitures, la quantité peut être appréciée par l’évolution du nombre de véhicule vendus, la qualité appréciée par la montée en gamme (ABS, radar de recul, etc.) et l’évolution du prix comme la dynamique des prix unitaires hors montée en gamme. La comptabilité nationale considère que la qualité peut être définie à partir des facteurs suivants :

– une amélioration ou une dégradation de la qualité intrinsèque des produits ou des services consommés ;

– un changement de la structure de consommation à prix inchangés ;

– une modification des circuits de distribution.

Le concept de qualité de la comptabilité nationale peut se voir comme une propension plus grande à payer, que cette propension soit ou non (à tort ou à raison) scientifiquement justifiée. La notion de volume au niveau agrégé est donc plus riche que la notion de quantité mise en avant au niveau microéconomique, car elle combine une dimension qualité et une dimension quantité. Si le partage de la valeur en volume et en prix est bien établi dans les comptes de la santé, le partage du volume en quantité et en qualité est un axe de développement méthodologique embryonnaire.

En pratique, l’indice de volume peut également se définir comme le rapport entre l’indice de valeur et l’indice de prix. L’effet qualité peut également s’interpréter comme la part de la dynamique des volumes inexpliquée par la dynamique des quantités.

 

 

II –  LE MANUEL D’EUROSTAT DU PARTAGE VOLUME-PRIX

Le partage volume-prix dans les comptes nationaux fait l’objet de préconisations par Eurostat à travers différents manuels :

• le SEC 2010, chapitre 10,

• Manuel de la mesure des prix et des volumes dans les comptes nationaux d’Eurostat de 2001, mis à jour en 2016, en cohérence avec le SEC 2010 [2].

• Eurostat Manual of Supply, Use and Input-Output Tables.

 

Dans le second document, les méthodes pour effectuer le partage volume-prix des équilibres-ressources-emplois sont classées en trois catégories  :

  • les méthodes A, les plus appropriées,
  • les méthodes B dites de remplacement, pouvant être utilisées si les méthodes les plus appropriées ne peuvent l’être,
  • les méthodes C qui ne doivent pas être employées.

 

Les méthodes de déflation et d’extrapolation utilisées pour la mesure de volume dans les comptes nationaux font appel à plusieurs indices à un niveau très détaillé, élaborés au sein du système statistique du pays.

Les indices de prix suivants sont les exigences minimum pour la déflation:

  1. Les indices de prix à la production (IPP), parfois appelés aussi indices de prix de ventes industriels qui couvrent les biens et les services. Les IPP sont des indices de prix de base selon la terminologie du SCN. L’indice le plus fréquemment établi et le plus répandu est l’indice des prix à la production industrielle. Les IPP pour les services sont plus difficiles à estimer. Les IPP sont calculés pour les produits agricoles en mesurant la variation dans le temps des prix reçus par les agriculteurs pour la vente de leurs produits.
  2. Les indices de prix à al consommation (IPC) le prix reflète les paiements réels effectués par les ménages. Il s’agit du prix d’acquisition du SCN et il peut également inclure des dépenses imputées, comme pour les logements occupés par leurs propriétaires. Dans de nombreux pays, seules les opérations dans les zones urbaines sont prises en compte dans le calcul des IPC, qui ne sont pas forcément représentatives des variations de prix dans les zones rurales. L’utilisation des IPC pour la déflation de la production repose sur la connaissance du poids de la consommation finale dans la production totale et des différences de variations du prix et de la structure de l’utilisation intermédiaire et finale de la production.
  3. L’indice des prix à la construction, qui mesure les variations de prix dans les entrées ou dans la production des activités de construction.
  4. Indices des prix à l’importation et à l’exportation : les indices des prix mesurent la variation dans le temps des prix des opérations (le prix de vente du marché) sur les biens et services exportés ou importés par un pays. Ces prix sont mesurés en CAD, incluant les droits de douane et les coûts de fret et d’assurance. Les prix à l’exportation sont mesurés en FAB, excluant les droits de douane et les coûts de fret et d’assurance.

En principe, les prix séparés des biens intermédiaires et la formation brute de capital aux prix d’acquisition peuvent aussi être collectés, mais le sont en fait très rarement parce que cela s’avère coûteux et que la mesure de volume du PIB peut être déterminée en utilisant les IPP à la place.

Parmi les autres indices de prix fréquemment établis, on peut citer les indices du coût de la rémunération des salariés, pour lesquels l’unité utilisée est l’heure de travail par type de profession/d’emploi et par branche d’activité.

Le tableau suivant reprend ces indices en sachant que les indices de valeur unitaire étaient souvent utilisés pour le commerce extérieur malgré leurs imperfections. Depuis on enquête des indices de prix des importations, voire des exportations.

 

Dans la plupart des équilibres-ressources-emplois (ERE on dispose de plus ou moins d’indice de prix et parfois d’indices de volume pour faire le partage volume prix.

Trois Méthodes A, B et C sont donc définis dans la manière dont on fait celui-ci dans les ERE encadré suivant). Par exemple :

  • méthode  A : on a un indice IPVI et un indice IPC,
  • méthode B : on a un juste indice IPC mais on n’a pas d’indice sur les CI qui représentent une part importante; en plus on connaît mal l’indice de prix des marges. On a un indice prix d’une autre activité proche
  • méthode  C : l’indice des prix est celui des coûts (R&D, administration).

 

 

 

Pour catégoriser un indicateur, quatre critères sont utilisés :

• l’indicateur doit couvrir l’ensemble des produits compris dans la classe considérée, ou seulement certains d’entre eux tels que ceux qui ne sont vendus qu’aux ménages.

• la valorisation de l’indicateur doit correspondre à l’emploi ou à la ressource considéré. Par exemple, pour la production l’indicateur doit de préférence être au prix de base alors que pour la consommation finale, il doit s’agir d’un prix d’acquisition.

• l’indicateur doit intégrer les variations de qualité, pour les enregistrer en volume. Il y a deux manières d’intégrer ces variations. Dans la méthode la plus classique, il s’agit de stratifier l’échantillon d’un produit en séparant les différentes qualités (par exemple une petite voiture et une grande voiture). Ce cas est assez bien géré.  Ce qui est compliqué c’est de comparer dans le temps les différentes qualités quand le produit évolue continûment  (par exemple une option GPS dans une voiture dont le prix diminue chaque année). Il s’agit d’évaluer en continu une amélioration de la qualité. Ce cas est plus complexe. Le partage de la valeur de l’investissement entre les deux composantes volume et prix est ainsi une question extrêmement difficile, dans la mesure où les techniques de production et les performances des biens d’investissements ne restent pas stables mais progressent en général. Sur le plan théorique, deux approches ont longtemps été envisageables : l’une aux « coûts des facteurs » se propose de tenir compte des progrès (hausse de la productivité du capital) dans la production des biens d’investissement; l’autre, celle des « services producteurs » cherche à prendre en compte des progrès dans leur performances productives.

Le statisticiens de prix ont ainsi développé une méthode dite  «  hédonique », c’est à dire à prendre en compte l’utilité du bien pour le consommateur : calcul des prix des caractéristiques par étude économétrique entre prix et caractéristiques de modèles différents. Le principe est d’évaluer la qualité des générations successives de matériels par quelques caractéristiques objectives (critères et qualités avec de très nombreuses strates qui ne sont pas nécessairement comparables de manière quantitative) pouvant être suivies dans le temps et dont on mesure comment elles sont valorisées par les consommateurs, en analysant les écarts de prix instantanés entre produits présentant des niveaux variables de ces caractéristiques. Pour un exemple fictif voirwww.comptanat.fr .

La méthode hédonique a été jadis appliquée aux ordinateurs. Les indices de prix correspondaient à des prix de FBCF importée, y compris marges commerciales; ils ne correspondaient pas à de véritables indices de prix de production. Cette méthode n’est plus appliquée.

Aujourd’hui, on essaie de stratifier les produits avec des qualités différentes. Quand il y a des produits nouveaux, on utilise la méthode appelée « matched models » (modèles appariés). On change ainsi systématiquement chaque année la base de mesure quand il y a des produits nouveaux, en ne retenant que les produits qui se retrouvent sur au moins deux années consécutives. On renouvelle ainsi continûment les séries de prix qu’on mesure pour ne prendre en compte que les évolutions de prix entre 2 produits strictement identiques.

• l’indicateur doit être cohérent avec les concepts des comptes nationaux.

Lorsqu’un indicateur répond aux quatre critères, il correspond à une méthode A. Dans le cas contraire, ce sont des indicateurs de type B ou C en fonction de l’écart qui les sépare de la méthode A. La méthode décrite est générale, l’attribution d’une méthode A, B ou C varie pour chaque type de produits. Le classement de ces méthodes a toutefois pu évoluer dans le temps, des méthodes théoriquement plus correctes ayant été écartées au vu de leurs implémentations assez instables.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

III – LES DIFFICULTÉS DU PARTAGE VOLUME-PRIX DES BIENS, DES SERVICES ET DES PRODUITS NUMÉRIQUES

En pratique, les statisticiens regroupent les produits présentant des caractéristiques proches en utilisant des nomenclatures de produits. Au sein de chaque classe de la nomenclature, ils sélectionnent un échantillon de produits homogènes définis par leurs caractéristiques et suivent l’évolution des prix. La méthode traditionnelle de calcul d’un indice de prix consiste à suivre dans le temps les prix d’un échantillon fixe de produits. On calcule la moyenne des variations de prix pour obtenir l’indice de prix à la consommation (IPC) pour le produit. La méthode de l’échantillon fixe sert à s’assurer que seules les simples variations de prix sont mesurées. La fiabilité de l’indice de prix dépend dans une large mesure de la représentativité de l’échantillon. Si ce dernier exclut une part significative de l’ensemble des produits et si la tendance des prix de la partie manquante diffère considérablement de la partie échantillonnée, l’indice de prix obtenu est faussé. De même, il faut veiller à ce que l’échantillon reste à jour en intégrant les nouveaux produits et en supprimant ceux qui ne sont plus disponibles en temps opportun.

 

 

 

1/  Les problèmes de mesure des prix des biens

Les indices des prix à la production (IPP) manufacturière mesurent les variations des prix « départ usine » des produits. Ils excluent toutes les taxes, marges de transport et marges commerciales que l’acheteur peut avoir à payer. Les IPP offrent une mesure des variations moyennes des prix pratiqués par les producteurs de diverses marchandises. De ce fait, ils sont souvent considérés comme des indicateurs avancés de l’évolution des prix dans l’ensemble de l’économie, y compris des variations de prix des biens et services de consommation. On entend par production manufacturière la fabrication des biens semi-transformés et autres biens intermédiaires, ainsi que des produits finis tels que les biens de consommation et biens d’équipement. Divers indices de prix peuvent être utilisés pour mesurer l’inflation dans une économie : indices des prix à la consommation (IPC), indices de prix relatifs à des biens et/ou services spécifiques, déflateurs du PIB et indices des prix à la production (IPP). Cet indicateur est présenté pour le marché total et le marché intérieur et est exprimé en taux de croissance annuel et sous forme d’indice.

 

a)  indice de prix et indice de valeur unitaire

Eurostat fait la distinction entre indice de prix et indice de valeur unitaire (IVU). Celui-ci est fondé sur l’observation généralement exhaustive de la valeur totale et de la quantité totale d’un groupe de produits. On obtient une «unité de valeur» en divisant la valeur totale par la quantité totale. En comparant cette valeur unitaire à deux périodes différentes, on obtient un indice de valeur unitaire qui peut servir de mesure de la tendance des prix. Si cette méthode garantit une couverture complète et par conséquent représentative, elle présente un problème d’hétérogénéité des produits susceptible d’entraîner une importante variabilité de l’indice. En outre, toute modification de la composition des produits peut avoir une influence sur l’indice de valeur unitaire et peut, de ce fait, entraîner des variations de prix, même si ces dernières devraient en fait, être incluses dans la composante de volume. Il n’est pas possible d’ajuster les indices de valeur unitaire en fonction des variations de la qualité dans les produits comme on peut le faire pour les indices des prix.

Cela est illustré dans l’exemple suivant pour lequel les prix et les quantités de deux produits (A et B) sont connus pour deux ans.

Les indices obtenus sont les suivants :

L’IVU = (16,67/13,33) *100 = 125 -> Indice de volume fondé sur l’IVU = 100 = indice de la quantité totale.

Mais l’indice de prix de Paasche, exprimé par la formule ci dessus, est de 100 (ce qui correspond à la stabilité des prix des 2 produits). C’est l’indice de volume de Laspeyres qui est de 125.

Dans l’exemple précédent, il n’y a pas de variation des prix ou des quantités totales. Toutefois, le passage du produit le moins cher (A) au produit le plus cher (B), qui devrait être un effet de volume, se trouve reflété par une valeur unitaire plus élevée. L’utilisation de l’indice de valeur unitaire (IVU) comme déflateur surestime donc la variation de prix (qui est nulle) et sous-estime la variation de volume. En revanche, les indices de prix de Paasche et de volume de Laspeyres reflètent correctement l’impact du changement sur les prix et les volumes.

On note qu’il n’y aurait pas de problème si A et B étaient déflatés séparément. Les IVU et les indices de prix conviendraient parfaitement pour les deux produits. Par conséquent, l’exemple montre également à quel point il est important de recueillir des informations et de déflater à un niveau de produit aussi détaillé que possible : en effet, à un niveau détaillé, les indices de valeur unitaire et les indices de prix convergent.

Mais la variation de l’effet-qualité a plusieurs dimensions.

 

 

 

b) la variation de la qualité

D’abord, la mesure des variations des prix de biens et services d’une année à l’autre est compliquée par le fait que ces biens et services peuvent changer entre temps. Les variations de prix observées peuvent être le reflet de changements de caractéristiques ou n’être que de simples variations de prix. Il faut alors estimer une valeur correspondant à la variation des caractéristiques de sorte que l’indice de prix reflète uniquement de pures variations de prix. C.est ce qu’on appelle communément le problème des variations de qualité.

La qualité d’un produit est définie par ses caractéristiques (physiques et non physiques). En principe, chaque fois qu’une caractéristique d’un produit change, il faut considérer que la qualité du produit est différente. Ces variations de caractéristiques doivent être enregistrées comme des variations de volume et non pas comme des variations de prix. L’évaluation de ces variations de qualité constitue l’un des problèmes les plus ardus dans la mesure des prix et des volumes.

Ce problème ne concerne pas que les services. Pour les biens le partage volume-prix (ou le calcul de l’IPC- – indice de prix à la consommation) n’est pas si simple. Dans son calcul, on ne tient pas vraiment compte de l’obsolescence (mode) et de la durée de vie des biens. Seuls sont pris en compte les « options » par exemple pour les voitures. Le passage d’un modèle à un autre entraîne un coût plus élevé pour le consommateur. De nouvelles options apparaissent dans le nouveau modèle. Mais ce surcoût est souvent pris en compte dans l’effet-qualité, et non dans l’indice de prix. Du coup, l’effet qualité est presque toujours positif alors que l’obsolescence et les durées de vie des biens raccourcissent de plus en plus. Ne surestime-t-on pas ainsi la croissance en volume  des biens ?

Un autre souci est apparu récemment qui n’est pas directement lié à l’effet qualité. Les Instituts statistiques mnationaux (INS) des différents pays laissent un éventail de quantité de certains produits : par exemple tel produit enquêté devra comprendre entre 180 et 200 unités de ce produit à l’intérieur le l’emballage vendu chez le commerçant. Si les unités passent de 200 à 180 entred eux périodes et que le prix reste le même, le produits ne subit pas de hausse de prix dans le calcul de l’IPC.

 

 

c/ la variation de la qualité, liée à la composition de l’échantillon

Elle provient aussi d’une modification de la composition en produits homogènes existants de l’échantillon qu’il est parfois difficile de traiter. En pratique, les biens et services répertoriés dans l’échantillon ne restent pas constants, leurs caractéristiques peuvent varier de manière continue. Par exemple, l’apparition d’une nouvelle option pour une voiture devrait correspondre à l’apparition d’un nouveau produit homogène puisque le prix de la voiture avec et sans cette option est différent. Mais, en calculant l’indice de volume à partir d’un indice de valeur et d’un indice de prix mesuré à partir d’un échantillon on considère que toute variation de valeur qui ne provient pas d’une variation de son indice de prix correspond soit à une variation des quantités, soit à une modification de structure qu’on qualifie d’effet qualité, et on ne cherche pas à séparer ces deux facteurs.

En procédant ainsi, on suppose que les prix des produits ne figurant pas dans l’échantillon de produits utilisé pour le calcul de l’indice des prix évoluent comme cet indice, c’est-à-dire qu’on impute implicitement aux nouveaux produits des prix à la période de base correspondant à une évolution identique à celle de l’indice de prix utilisé. Par exemple, si l’indice des prix de voitures a augmenté de 3% entre T-1 et T, on recalcule implicitement un prix de la voiture avec option pour la période de base en divisant le prix de la période courante par 1,03.

 

 

d/ l’apparition de nouveaux produits (biens et construction)

Il peut se produire des variations extérieures à l’échantillon, par exemple lors du lancement de nouveaux produits: un produit, par exemple le produit A, dans l’indice de prix d’une certaine catégorie de produits, disparaît du marché. Un nouveau produit,  le produit B, est choisi pour le remplacer. Comment mesurer la variation de prix dans le temps ? Dans bien des cas, les produits A et B se trouvent sur le marché pendant une ou plusieurs périodes (c’est-à-dire qu’ils se «chevauchent»). Dans cette situation, on dispose de prix pour A et pour B au moment t (par exemple), de sorte que la variation de prix jusqu’à t peut être basée sur le produit A et après t sur le produit B. On considère ensuite implicitement que la différence de prix entre A et B, dans la période t, est une mesure de la valeur de la différence de qualité.

Ainsi, des produits nouveaux comme les ordinateurs apparaissent chaque jour ou bien certains produits ne sont pas suffisamment homogènes, même si ils ont parfois des caractéristiques communes (logements). Ainsi lorsque de nouvelles variétés du produit sont lancées fréquemment et lorsque les prix changent rapidement, la méthode du chevauchement peut ne pas donner de bons résultats. Le principal problème tient à ce qu’on peut obtenir des résultats très différents en fonction du moment où les produits entrent dans l’échantillon de prix et de celui où ils en sortent. Par exemple, si de nouveaux modèles d’ordinateurs entrent dans l’échantillon de prix dès leur apparition sur le marché et s’ils y restent jusqu’à ce qu’ils soient vendus, il est probable que l’indice de prix diminuera rapidement en raison des importants rabais accordés pour un ancien modèle après le lancement d’un nouveau modèle. Par contre, on peut obtenir un indice de prix qui diminue peu (ou pas du tout) si les prix des anciens modèles sont retirés de l’échantillon dès le lancement du nouveau modèle.

Dans ces cas, les comptables nationaux utilisent plusieurs méthodes mais la plus appropriée serait celle des indices de prix hédoniques (voir ci_dessus). Par exemple, supposons que le prix d’un ordinateur (ou d’un logement) soit déterminé à partir de plusieurs facteurs. Les méthodes économétriques permettent de reconstituer le prix de tout ordinateur (logement) à la période de base à partir de ces caractéristiques et donc de calculer le prix qu’aurait eu à la période de base un ordinateur (logement) qui n’est apparu qu’à la période courante. Il est dès lors possible de calculer un indice de prix et de l’utiliser pour déterminer un indice de volume.

Toutefois, la solution retenue dans l’IPC consiste à imputer au nouveau produit, lors de son introduction, une évolution de prix estimée selon différentes méthodes. La plus utilisée est une méthode implicite qui utilise l’évolution moyenne observée sur l’ensemble des autres produits de la même famille. D’autres méthodes plus directes sont également employées, estimant explicitement la différence de qualité. La différence entre l’évolution de prix imputée et celle résultant de la comparaison directe entre le niveau des prix du nouveau produit (par exemple une imprimante HP3630) et de l’ancien produit (HP3620) correspond à l’effet qualité. Celui-ci est positif lorsque le modèle de remplacement est plus perfectionné et négatif lorsqu’il est plus simple. On postule ainsi que l’indice de prix n’augmente pas. Cette méthode est assez critiquée par Eurostat.

En rapportant la dépense des ménages pour le produit considéré à la quantité de pièces vendues, on obtient une valeur unitaire moyenne. Les fluctuations d’une valeur unitaire cumulent celle de l’indice de prix correspondant et celle de l’effet qualité. La baisse moyenne de prix des micro-ordinateurs est de près de 15 % par an depuis 25 ans. Sur la même période, la valeur unitaire moyenne de ces derniers n’a baissé que de 6 %. L’écart, dû à l’effet qualité, s’explique par la tendance longue du progrès technologique.

 

 

 

2/ Les problèmes de mesures des prix des services

Le partage volume prix des activités tertiaires posait problème dans les années 2000 dans 3 catégories de produits dont le poids est devenu très important (près de 50 % de la valeur ajoutée totale en France) : les services aux entreprises, les télécommunications, les services non marchands, le commerce.

Depuis de nombreux indices sont enquêtés. Parfois les indices de prix sont presque plus nombreux dans les services pour déflater les opérations d’un ERE. On dispose en effet d’indice de Prix des services à la production (autrefois appelés indice de prix des services aux entreprises). On dispose aussi d’indice prix des emplois, non seulement de la consommation finale (indice B to C), mais aussi d’indices de prix de la CI (indice B to B), et d’indice de prix des exportations. Alors que pour l’industrie, on ne dispose pas d’indice de prix sur la CI, ce qui supposerait en effet de maîtriser parfaitement le partage volume prix des marges commerciales. Notons aussi que pour l’industrie, les indices portent désormais sur la production au prix de base au lieu de celle au prix du producteur.

Mais les problèmes de mesure du partage volume-prix dans les services restent nombreux.

 

 

a) la mesure délicate de l’effet qualité dans les services

Il y a aussi la mesure de l’effet qualité dans les services. Par nature, le partage volume-prix est plus complexe dans les services que dans l’industrie où la qualité joue un rôle prédominant et se prête beaucoup plus difficilement à une mesure objective. Certes il existe de nombreux services pour lesquels la production est mesurée à partir des ventes (services aux ménages et aux entreprises, voire aux deux). Pour ceux-ci, le partage volume prix est plus ou moins bien fait parce qu’on dispose d’enquêtes sur les prix en définissant des produits homogènes (« actes élémentaires ») et en traitant aux mieux les produits nouveaux. Un effort a été fait pour les services aux entreprises dont les prix ont été enquêtés plus récemment que pour les services aux ménages, aussi appelés « traditionnels ». Toutefois les innovations sont nombreuses dans les services (sans d’ailleurs qu’elles profitent toujours au client). La mesure de l’effet-qualité y est particulièrement délicate (information, télécommunication,..).

 

 

b) De nombreux services n’ont pas de prix

Mais il reste surtout une masse énorme de services où les prix n’existent pas:

  • soit parce qu’il n’y pas d’enquêtes de prix (R&D, auxiliaires financiers, associations)
  • soit parce que la production n’est pas mesurée par les ventes mais par les marges. La production du commerce, des banques et des assurances  est mesurée par la différence entre leurs ventes et leurs achats.
  • soit parce que ces services sont non marchands ; les ventes représentent moins de la moitié des coûts de production. Les prix n’existent pas ou ne sont pas représentatifs si il existent. En réalité, dans la nomenclature, on parle de « services principalement non-marchands ». Les services de santé des professions libérales en font partie.

Le total de tous ces services atteint 48% de l’emploi en France en 2018, en incluant certes les services des professions libérales de santé , où il y a bien des prix, mais qui sont pour partie « remboursés » par les organismes de Sécurité Sociale, et aussi les services bancaires autres que le SIFIM (service d’intermédiation financière indirectement mesurée), qui sont tarifés . Ce sont pour ces services, sans indice de prix enquêtés, que l’effet-qualité est le plus complexe à mesurer.

La principale difficulté réside dans le fait que, la mesure de la production étant conventionnelle, il n’est pas possible de faire de parallèle entre la mesure de la valeur de ces services  et la mesure de leur volume.

Si on y ajoute les biens et services de l’économie numérique et d’autres produits comme les travaux publics et certains services aux entreprises, ce pourcentage de 48% est largement dépassé. Il ne serait pas loin de 60%.

Dans cet ensemble, on distingue deux grandes catégories de services : ceux dont la mesure de la production est calculée comme une marge; ceux dont la production est calculée par les coûts.

 

1/ La production du commerce, des banques, des assurances, des agences immobilières ou de voyages est mesurée par la différence entre leurs ventes et leurs achats (commerce, agences) ou par la différence dans le cas des banques pour leur service de prêt et dépôt (principale activité bancaire) entre les intérêts perçus sur le SIFIM et les intérêts versés. Il en va presque de même pour les assurances (production = primes brutes – indemnités + produits de placement). Il a fallu lisser la production pour éviter qu’elle soit négative par exemple au moment de la tempête de 1999.

Dans le cas du commerce de voitures par exemple, le partage volume prix se fait en France en considérant que l’évolution du taux de marge doit être pris dans le calcul du prix. Son évolution est donc calculée comme le produit de l’évolution du taux de marge des concessionnaires par l’évolution du prix des ventes. Tandis que dans d’autres pays, on déflate l’indice des ventes de marchandises (voitures) par l’indice des prix à la consommation des voitures et l’indice des achats de marchandises par l’indice de prix de la production de l’industrie automobile. On voit qu’on n’aboutit pas du tout au même partage volume-prix selon les deux méthodes (voir ci-dessous).

 

2/ L’autre ensemble est celui de la production non marchande mesurée par la somme des coûts de production (CI, rémunérations, consommation de capital fixe, autres impôts). Pour passer de la valeur au volume, on a longtemps utilisé la méthode « input » en prenant comme indice des prix les indices de coûts pondérés, ce qui interdisait tout gain de productivité. Tout au plus, on trouvait des gains de productivité dans l’administration assez proches des évolutions de la technicité et de la pyramide des âges. Au début des années 2000, pour pallier à ce problème, Eurostat a préconisé la méthode « output » : pour les services individualisables (santé, éducation,…), des unités de quantité furent définies pour les services d’éducation et de santé. Ces unités sont définies à un niveau fin de la nomenclature d’activités, les principaux étant le nombre d’heures de cours suivies par les élèves dans le domaine de l’éducation et le nombre des divers traitements dispensés aux patients dans le cas des services de santé.

Mais la mise en œuvre de cette méthode a posé des problèmes sur la prise en compte de l’effet-qualité et sur le choix des pondérations des soins ou des catégories d’enseignement. Ainsi, au Royaume Uni (R.U.) dans la santé ou en France dans l’éducation, l’augmentation des dépenses publiques ne s’accompagnait pas d’un accroissement aussi important du volume de la production tel qu’il était mesuré par la méthode « output », ce qui se traduisait par une dégradation de la productivité du service public de santé au R.U. ou d’éducation en France.

Dans le domaine des soins hospitaliers, par exemple, l’indicateur de quantité retenu est le nombre de traitements. Si le coût unitaire des traitements augmente ce n’est pas nécessairement parce que le service public de santé devient moins efficace, ce peut être simplement parce qu’un plus grand nombre de traitements coûteux sont dispensés. Si ces traitements coûteux sont également plus efficaces, c’est-à-dire de meilleure qualité, l’accroissement du coût moyen des traitements n’est pas nécessairement le signe d’une dégradation de la productivité du service de santé.

Dans l’éducation, l’indicateur de quantité (le nombre d’heures élèves) diminue en France et dans d’autres pays d’où il s‘en est suivi un tassement de la production. Pour autant, le volume de la production d’éducation a t-il baissé ? C’est ainsi que s’est posé le problème de la qualité : il ne suffit pas de définir des indicateurs de quantité pour les services publics, il faut aussi tenir compte de leur qualité pour calculer correctement l’évolution de la productivité.

On ne peut toutefois déduire de tout ceci que l’évolution en volume de la VA est minorée dans les services publics. Rien n’indique en effet que l’effet-qualité soit positif (comme d’ailleurs dans le cas des services privés). Pour ce faire, il faudrait regarder le résultat. L’idée de base de la méthode basée sur le résultat, qualifiée de méthode « outcome », est de définir la qualité des services non marchands à partir de leur résultat : deux unités de services publics seront considérées comme équivalentes si elles donnent le même résultat. Mais le niveau d’éducation et l’état de santé dépendent de nombreux facteurs et non seulement de l’action des services publics. Aussi, le résultat de la production des services publics est-il défini non par la variation du niveau d’éducation ou de l’état de santé de la population, mais par la partie de cette variation s’expliquant par la seule action des services publics. Mais cette méthode est très difficile à mettre en œuvre. Il faut pouvoir isoler la seule action des services publics sur le résultat. De plus, on ne peut juger d’un résultat que par rapport à un objectif. La nécessité de préciser les objectifs poursuivis par les services publics est le principal point faible de la méthode basée sur le résultat.

 

 

 

3/ le délicat partage volume-prix des produits de l’économie numérique 

Des interrogations sur la mesure de la croissance en volume s’appliquent enfin aux biens et services issus de l’économie numérique. Plusieurs travaux de l’Insee l’ont souligné à travers la question des produits nouveaux, notamment les services des technologies de l’information et de la communication, ou la numérisation. Il conviendrait de distinguer :

  • la question du partage volume-prix des activités numériques (voir page économie numérique),
  • la question du partage volume-prix dans les unités industrielles ou tertiaires qui utilisent le numérique,
  • et celle de la mesure des services quasi-gratuits de l’économie numérique dans le calcul du PIB, voire leur partage volume-prix. Leur prise en compte devrait avoir des conséquences sur la croissance du PIB en volume [3].

Le partage volume‑prix est difficile dans les technologies de l’information et de la communication (TIC), ce qui constitue le cœur de l’économie numérique : biens technologiques (ordinateurs, smartphones,,..) connaissent  des innovations fréquentes dont la qualité est difficile à mesurer. Dans les services de communication,, des offres commerciales sont sans cesse renouvelées. Le partage volume‑prix des  logiciels et applications serait tout aussi délicat.

On note par ailleurs que les indices de prix des biens et des services seront de plus en plus difficiles à calculer dans une économie « d’abonnements » : de nombreux opérateurs proposent un « package » combinant par exemple l’achat d’un smartphone et l’abonnement téléphonique. De même, l’achat d’une imprimante est d’un montant assez faible par rapport à celui des cartouches d’encre.

La méthode des prix hédoniques est inapplicable à des services de la nouvelle économie tels que les abonnements aux services de téléphonie mobile qui se laissent difficilement résumer par un petit nombre de caractéristiques. Il n’ a pas été facile de calculer les indices de prix lors de l’arrivée sur le marché d’un quatrième opérateur de téléphonie mobile, en 2012 2013. Cet opérateur a tout de suite pris une part de marché importante, baissant le prix effectivement acquitté en moyenne, au point de conduire à une réduction du chiffre d’affaires nominal du secteur, mais sans qu’il y ait eu baisse immédiate comparable des tarifs des opérateurs en place. Tant que le tarif des autres opérateurs ne s’était pas ajusté, diviser un chiffre d’affaires nominal en baisse par un indice de prix calculé sur les opérateurs en place conduisait à une baisse des volumes, à rebours de l’impact qui était attendu de l’ouverture du marché. Ceci a temporairement conduit les comptes nationaux à une approche directe des volumes, leur évaluation sur la base d’indicateurs de quantités comme les durées de communication et les nombres d’envois de SMS ».

L’autre question est celle de la gratuité ou pseudo-gratuité de certains services numériques. « L’économie connaît depuis plusieurs années une profonde transformation sous l’effet de la généralisation des technologies de l’information. Ces technologies modifient les comportements de consommation. En France, 88 % de la population, soit 57.3 millions d’individus, utilisaient Internet et 58 % étaient actifs sur les réseaux sociaux en 20181 . Le temps moyen passé sur Internet en France aurait atteint voire dépassé en 2019 celui passé devant la télévision, soit environ 3 h 20 par jour dont 1 h 22 sur les réseaux sociaux. Ces pratiques ont été permises par l’émergence de nouveaux acteurs et de nouveaux modèles économiques dans lesquels les prix semblent perdre une large part de leur signification habituelle. Certains services sont accessibles à des prix très réduits, d’autres le sont de manière totalement gratuite, tout au moins en apparence, car il existe en pratique plusieurs modèles de gratuit ou de pseudo gratuit qui peuvent se combiner : gratuit pur financé par le don ou de type open‑source, différents types de pseudo‑ gratuit financés par la publicité et/ou la collecte de données, ou encore mode freemium avec des options partiellement payantes. Les services de Wikipédia sont emblématiques du gratuit pur principalement financé par des donateurs. Les services de Facebook sont indirectement financés par la publicité et la collecte de données. YouTube se finance par la publicité et la collecte de données, mais offre la possibilité de payer une redevance pour supprimer les publicités et rémunère ponctuellement certains diffuseurs de contenus ».

« Ces phénomènes ne sont pas totalement inédits. Le renouvellement et la diversification des biens et des services ont toujours constitué l’un des principaux moteurs de la croissance, et des services gratuits ou pseudo‑gratuits existent depuis longtemps, comme la diffusion télévisuelle. Mais le développement d’Internet et la capacité des réseaux à échanger beaucoup d’informations à grande échelle a créé une rupture technologique qui leur donne une ampleur sans précédent et soulève la question de leur prise en compte par la comptabilité nationale. Faute de transactions monétaires directes entre le producteur et l’utilisateur final, ces services gratuits ou pseudo‑gratuits offerts par l’économie numérique apparaissent en effet comme les grands absents des statistiques de consommation des ménages, et semblent du même coup « manquer » dans le PIB ».

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IV- LA MÉTHODE DE LA DOUBLE DÉFLATION : LE VOLUME DE LA VALEUR AJOUTÉE

1/ Présentation de la méthode

On présente un exemples fictif. Si l’on dispose d’indices de volume de Laspeyres tant pour la production que pour la consommation intermédiaire (CI), le volume de la valeur brute ajoutée peut se calculer en soustrayant la CI en volume de la production en volume. C’est ce que l’on appelle la double déflation.

L’exemple suivant en donne un exemple avec deux branches des « biens » et des « services ». On y présente des données de valeur des opérations pour la production et la CI de ces branches dans deux périodes appelées 0 et 1. Des indices correspondants de prix et de volume sont également présentés pour ces deux mêmes branches. Dans la branche des « biens », la valeur brute ajoutée est de 250 millions dans la période 0 (en prix de la période 0) et de 400 millions dans la période 1 (en prix de la période 1); pour la valeur brute ajoutée de a branche des « services », les chiffres correspondants sont de 1 500 millions dans la période 0 et de 1 600 millions dans la période 1.

Le tableau suivant  montre les données correspondantes de l’« ensemble des branches». Les données sur la valeur nominale des opérations sont simplement additionnées pour les deux branches constitutives. Le calcul de l’indice de volume de Laspeyres de l’« ensemble des branches».  pour la production est le suivant :

 

Les indices de volume de la consommation intermédiaire se calculent de façon semblable à ceux pour la production. Voici les indices de volume de Laspeyres pour la production et la consommation intermédiaire de l’ensemble des deux branches de « biens » et de « services ». Le volume de la valeur brute ajoutée de l’« ensemble des branches» se calcule en double déflation (tableau suivant). L’indice de volume Laspeyres de la production est de 120,6 et celcui de la CI de 125,6. On calcule la production en volume de la période 1, soit 3000*1,206 = 3617. On calcule la CI en volume de la période 1, soit 1250*1,256 = 1570.  La valeur ajoutée en volume de la période 1 est la différence entre les 2 montants soit 2047.

 

Méthode de la double déflation (exemple fictif)

 

 

 

 

2/ La méthode en France

La mesure des volumes et des prix dans les comptes nationaux annuels français se fait par l’élaboration pour chaque année de tableaux entrées-sorties (TES) complets aux prix courants et aux prix de l’année précédente, à un niveau détaillé (138 branches et autant de produits, appelé « niveau G ») pour les comptes définitifs et semi-définitifs. Toutefois, pour certains produits (agriculture et services notamment), les travaux peuvent être menés par produit à un niveau plus détaillé encore, celui de 332 produits (niveau H).

La méthode de partage volume prix est souvent la suivante ; ce sont différents indices et leurs sous-composantes qui sont appliqués poste par poste d’un équilibre-ressources-emplois (ERE) : composantes de l’indice des prix à la consommation (IPC) pour la plupart des éléments de la demande finale des ménages, composantes de l’indice des prix de production industrielle (IPPI), autrefois appelés prix de vente industriels (IPVI) pour la production, l’investissement, les exportations et les importations, et estimation par solde pour le prix des consommations intermédiaires, éventuellement de la FBCF (sauf pour la construction où on dispose d’indice des prix tels l’ICC). Autrement dit, l’indice de prix de la CI est implicite, donc assez fragile. C’est pourtant lui qu’on applique pour calculer les CI d’un produit par une branche et donc la CI totale de la branche en volume, et par voie de conséquence la, valeur ajoutée en volume, méthode dite de la « double déflation » .

 

 

 

3/ Quelques résultats

Il reste que  la mesure de la valeur ajoutée en volume donne parfois des résultats surprenant. Les CI d’une branche sont la somme des CI de chaque produit par cette branche. Sont-elles bien estimées ? En général, on applique le même indice de prix à la CI d’un produit quelque soit la branche qui le consomme. La question revient donc à savoir si les indices de prix des CI des produits sont bien estimés? Or le volume de la CI d’un ERE est souvent calculé par solde (voir ci-dessus). Avant la fin des années 2000, ce solde résultait d’un nombre incalculable d’arbitrage et d’hypothèses : stabilité relative des coefficients techniques en volume, absence d’enquêtes sur les prix du commerce extérieur, (d’où le choix d’indice de valeur unitaire sur les produits non homogènes), calcul approximatif des prix des marges commerciales dans l’industrie, estimation très fragile des CI en volume des services du fait même de l’absence d’enquêtes sur les prix de production et les prix de ces CI. C’est ainsi qu’on observe une progression des prix des matériels électriques et informatiques consommés par la branche « matériels de transport » entre 1995 et 2007 alors que leurs prix de production, du commerce extérieur, et surtout de la consommation des ménages (« méthode hédonique ») baissent.

Les exemples ne manquent pas, aussi bien dans l’industrie que dans les services, d’évolution très surprenantes de production en valeur et volume et de VA en valeur et volume. Dans l’industrie, ce qui étonne c’est le différentiel de croissance entre la production en volume qui croît peu entre 2010 et 2017, voire décroît, et une VA en volume beaucoup plus dynamique. Cette divergence se retrouve toutefois dans quelques pays (voir page Partage Volume Prix). Elle ne concerne pas toutes les branches (comme les matériels de transport où la production en volume croît plus que la VA en volume).

On retrouve ainsi une quasi-stabilité des prix de VA entre 2000 et 2017 (industries alimentaires, chimie,..) voire une baisse (Fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques). Dans certains services (activités de soutien aux entreprises par exemple) et le génie civil, c’est le contraire : le prix de la VA augmente plus que celui de la production. Tandis que dans d’autres activités tertiaires (assurances, publicité), les divergences des courbes sont quasi inexplicables. Mais ce sont justement des branches où le partage volume-prix est délicat (voir ci-dessous).

Indices de volume de production et de valeur ajoutée base 100 en 2000 en % (Source : Insee)

 

 

4/ Un partage volume-prix fragile des services aux entreprises ne devrait pas trop modifier l’évolution du PIB en volume

De ce schéma, on peut tirer une conclusion : pour les services aux entreprises, une approximation des prix à la production ne devrait pas avoir d’effet sur le calcul du PIB en volume. L’exemple ci-dessous le montre en relevant de 1,05 à 1,07 l’indice du prix de la production des services qui est supposé ici être la seule CI de la branche industrie automobile. Du coup, la production de la branche services diminue de 57,1 à 56,1 de même que la VA en volume diminue de 23,8 à 22,7. Mais cette diminution est compensée par une hausse de la VA en volume de l’industrie automobile : 179,6 au lieu de 178,7 du fait que la CI de cette branche (production de la branche services) est passée de 57,1 à 56,1. La VA totale n’est ainsi pas modifiée : 202,5 dans les deux scénarios. En revanche, la répartition de la VA en volume par branche  n’est pas la même.

En revanche, le problème du partage volume-prix se pose pour les services aux particuliers, notamment ceux de la consommation individualisable des Administrations Publiques (éducation, santé, etc,.. ) : une variation de leurs indices de prix ou de volume modifie l’évolution du PIB en volume.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

V – LE PARTAGE VOLUME-PRIX DES SERVICES MARCHANDS

 

Les méthodes françaises sont présentées ici. Mais on se réfère aussi aux méthodes étrangères dans les cas difficiles. Et ils sont nombreux. On présente le partage volume-prix des services des télécommunications dans la page économie numérique.

 

Les indices des prix de production dans les services répondent à un impératif national et européen, voire international, en permettant :

– aux économistes, d’évaluer et d’analyser les tendances de la conjoncture. De nombreux organismes publics ou privés, français, européens ou mondiaux utilisent ces indices de prix comme indicateurs conjoncturels en tant que tels et comme indicateurs avancés de l’inflation (Banque centrale européenne, Commission européenne, Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), Fonds monétaire international (FMI), etc. ). Ces indices permettent un suivi mensuel des prix, sur différents marchés, aux différents stades du processus de production. L’agrégation des indices de prix des États membres permet d’établir l’indice de prix de production des services (vendus aux entreprises, ou à l’ensemble des marchés) pour l’ensemble de l’Union Européenne ;

– aux comptables nationaux de déflater la production issue des statistiques structurelles d’entreprises et d’effectuer ainsi le partage entre l’évolution de l’activité en volume et l’évolution des prix (« partage volume-prix »). In fine, ils peuvent ainsi déterminer l’évolution du volume du produit intérieur brut (PIB) ;

– aux entreprises d’indexer des contrats (à partir des  » prix de marché »).

 

 

1/ Services aux entreprises : généralités

Suivre les prix dans certains services est plus difficile que dans l’industrie ou l’agriculture, car les services produits peuvent être moins facilement identifiables que les biens physiques. Il est notamment difficile d’évaluer les variations de prix pour les types de services où chaque prestation est unique, est fonction de la demande du client, comme c’est souvent le cas dans l’ingénierie par exemple. De manière générale, quel que soit le secteur, il est difficile de faire la différence entre une variation pure de prix et une variation due au fait que le produit considéré n’est plus tout à fait le même d’un trimestre à l’autre (ce que les statisticiens appellent « l’effet qualité »)

Ainsi, toute la difficulté est de suivre des prix de prestation unique (d’un produit type de service ou d’un acte élémentaire). Or par nature, de nombreux services aux entreprises sont uniques (par exemple, le contrôle ou les services d’ingénierie d’une centrale EDF sur plusieurs années). D’autre part, certains services sont « liés » soit à un produit (exemple prestations informatiques liées à des fournitures de logiciels) ou autre exemple, une prestation forfaitaire qui contient plusieurs services (« TRIPLE PLAY ») téléphone, internet, télévision,… Comment les distinguer ? Il y aussi en permanence l’apparition de nouveaux services.

 

 

a) l’aspect théorique

Il existe plusieurs méthodes dans le manuel des indices de prix des services à la production d’EUROSTAT -OCDE qui ont été repris dans un manuel « Methodological guide for developping producer price indices for services » . Le fait qu’existent plusieurs méthodes montre la complexité du problème [6].

– Prix des composantes du service (« Component pricing ») : indices de prix dans les sondages (estimer chacun des prix des composantes) exemple :constitution de l’échantillon, phase d’enquête, restitution de l’étude,…on suit chaque trimestre les prix des prestations fictives d’un service à plusieurs prestations ;autre exemple : services de téléphone Méthode de facture type (« bill method ») à combien une facture comportant plusieurs composantes (appel local, appel international, SMS,…) évolue-t-elle tous les trimestres avec la même consommation (on le fait aux États-Unis mais pas en France).

– Prix des contrats (« Contract pricing ») : elle concerne des contrats répétés de longue durée ayant la possibilité être négocié (ristournes, remises,…) (exemple : nettoyage de bureaux, sécurité, locations mais aussi contrôle technique d’une centrale EDF).

– Prix observés : pas d’hypothèses,

– Prix observés sur des transactions réelles (Direct Use of prices of repeated services )

– Prix issus de modèle (« Model pricing ») (méthode hédonique : téléphonie mobile) On décompose le prix d’une transaction type « fictive » en divers éléments (appelés «sections»). Elle se rapproche de la méthode « component pricing » mais en tenant compte d’une marge : c’est le prix indiqué pour ces diverses sections qui est suivi, pour reconstituer le prix de la transaction témoin à une autre date en ajoutant un pourcentage d’honoraires ou de la commission (exemple travaux d’architectes), ce qui est très subjectif (prix fictif).

– Pourcentage d’honoraires (« Percentage fees ») : Indice de commission * indice du produit (bien souvent). Par exemple pour les promoteurs immobiliers, on multiplierait l’ICC par le taux de marges des promoteurs. Pour les notaires, ce serait un pourcentage de leur rémunération sur leur transaction  multiplié par l’ indice INSEE d’évolution du prix de l’immobilier. Autre exemple, dans la publicité, on multiplierait le taux de commission d’achat aux régies d’espace publicitaire par les agences publicitaires par l’évolution du prix des espaces.

– Prix de ventes horaires des prestations de services : tels que le prix moyen de vente journalier d’ingénieurs en tenant compte de leur qualification : combien coûte en moyenne une journée de prestations de X ingénieurs informaticiens ?(ce n’est pas un indice du coût horaire car les ingénieurs ne travaillent pas que pour telle entreprise, de plus on ne prend pas en compte le temps de travail de tous les salariés de l’entreprise, par exemple les secrétaires,…). On trouve cet exemple chez les ingénieurs mais aussi les avocats (combien vaut l’heure d’un avocat sachant qu’il traite X dossier dans une heure) mais là aussi en tenant compte de leur qualification (avocat débutant, associé,…).

– Prix fondés sur le temps de travail – Indices de valeurs unitaires pondéré par la structure de la production : par exemple, chiffre d’affaires des entreprises d’intérim divisé par le nombre d’intérimaires en tenant compte de la structure des différentes qualifications : cadres, ouvriers,… prix unitaire de chaque prestation de télécommunication : SMS, appel téléphonique.

 

 

b) la situation en France jusqu’au milieu des années 2000

Jusqu’à la base 2005, on utilisait les principes suivants.

• des indices spécifiquement conçus pour un secteur de services et des indices approchés utilisés par défaut (méthode « B »).

• Dans les services aux particuliers, l’indice des prix à la consommation constituait souvent un bon indice spécifique.

• Dans les services aux entreprises, des indices de prix spécifiques avaient été mis en place progressivement. Il s’agissait d’indices de prix de vente construits à partir de prix collectés auprès d’un échantillon d’entreprises prestataires de services. La diffusion de ces indices couvrait un pourcentage non négligeable du champ des services aux entreprises, hors recherche et développement.

• En attendant la généralisation de ces nouveaux indices, l’indice des prix à la consommation était également utilisé comme indice de prix approché dans certains secteurs pour des activités consommées aussi par les entreprises (à des prix sûrement différents de ceux des ménages) : assainissement, location sans intermédiaires, intermédiation financière, assurance, etc.

• Le partage volume-prix de la R&D n’était pas satisfaisant. Une piste possible pourrait consister à prendre en compte des informations spécifiques sur le volume de brevets, une autre à travailler à la mise en place de méthodes économétriques prenant en compte un champ d’informations plus large.

 

c) Les progrès de la base 2010

En base 2010, Les indices des prix de production des services (IPPS) vendus à l’ensemble des marchés (« BtoAll » pour « Business to All ») constituent les principaux déflateurs des ventes. Les indices des prix de production des services vendus aux entreprises françaises (« BtoB » pour « Business to Business ») peuvent être utilisés pour déflater les consommations intermédiaires. Les indices des prix des exportations de services (« BtoE » pour « Business to Exports ») peuvent de même être utilisés pour déflater le commerce extérieur.

En base 2014, ne subsisteraient ainsi que quelques services dont la méthode de partage volume-prix est de type « c » : les services des activités auxiliaires de services financiers et d’assurance, la R&D marchande,certains services de l’action sociale,  les services des associations. Cette conclusion nous semble toutefois discutable. Elle se place du seul point de vue des producteurs, non des usagers, pour qui la notion de qualité (c’est à dire le « résultat »), n’a pas le même sens que pour les producteurs dont les prix sont enquêtés par les organismes statistiques.

 

En pratique, les indices des prix de production dans les services mesurent l’évolution des prix de transaction hors TVA (à prix de base et à prix de marché) des prestations de services vendues par les entreprises françaises. Ils relèvent également du règlement européen sur les statistiques de court-terme (règlement CE dit « STS » n°1165/98 du conseil du 19 mai 1998) en ce qui concerne le marché « BtoB » et du projet « STS package 2017 » en ce qui concerne l’ensemble des marchés (dits « BtoAll »). Quatre catégories d’indices ont en effet été définies, dont trois forment une partition du premier [7] :

Un indice BtoAll (Business to All) correspond à un indice de prix de production des services vendus à l’ensemble des marchés. Cet indice est obtenu par une agrégation « horizontale », (c’est-à-dire à chaque niveau de nomenclature) des trois indices qui suivent. Ils sont établis aux prix de base.

Un indice BtoB (Business to Business) correspond à un indice des prix de production des services vendus aux entreprises françaises, c’est-à-dire les personnes morales établies en France y compris les administrations publiques et les filiales françaises des groupes étrangers. Ces indices de prix sont établis aux prix de base ainsi qu’aux prix de marché pour permettre les indexations de contrats.

Un indice BtoC (Business to Consumer) correspond à un indice des prix de production des services vendus aux ménages en France, c’est-à-dire les personnes physiques résidentes en France ou non (les touristes). Les indices de prix à la consommation (IPC) sont la source principale pour le calcul de ces indices (les services étant peu importés). Cependant, des écarts subsistent entre ces deux indices du fait de concepts (en particulier l’IPC est établi aux prix de marché tandis que les indices BtoC le sont aux prix de base) et de nomenclatures divergents.

Un indice BtoE (Business to Exports) correspond à un indice des prix des exportations de services. Ces indices mesurent l’évolution des prix de transaction, incluant les effets de change, des services français vendus à des clientèles établies à l’étranger. Cet indice ne comprend pas les transports internationaux de marchandises qui suivent les concepts des comptes nationaux, notamment le retraitement CAF-FAB des échanges internationaux de marchandises. Ils sont établis aux prix de base et incluent les transactions intra groupes.

 

 

 

2/ le problème posé par la publicité

Pour le moment, le partage volume prix de la publicité se fait comme pour les autre services. Le partage volume-prix de la production est obtenu en déflatant la valeur par un IPSE. Mais les nouveaux services liés à la digitalisation de l’économie obligent à rouvrir le débat. (publicité gratuite). Le traitement de la publicité en comptabilité nationale est critiqué depuis longtemps par certains. Les agences s’adressent à des régies publicitaires pour faire passer leurs publicités. En dernier ressort, les chaînes de télévision les leurs font payer. En comptabilité nationale, ce ne sont pas les ménages qui paient les dépenses de publicité mais les entreprises.

On est dans le cas de ce que l’on appelle un marché biface adressant sur une face des annonceurs, et sur l’autre face les téléspectateurs bénéficiant gratuitement de la diffusion de programmes récréatifs financés par les dépenses publicitaires de ces annonceurs. Si cette forme de loisir récréatif se substitue au fait d’acheter des places de spectacles, faut‑il trouver une façon d’éviter que cette substitution soit vue par les comptes nationaux comme une baisse à la fois de la consommation et de la production ?

Jusqu’à présent, la position prédominante a été que cette correction n’avait pas lieu d’être, du moins en termes nominaux, considérant que le consommateur payait déjà indirectement ce service à travers les prix rehaussés des produits « sponsorisés » par la publicité qui incorporent ces coûts. On reconnaissait que la nullité de la dépense des consommateurs en radiodiffusion télévisuelle constitue la « conséquence la plus déroutante » de la règle du traitement des dépenses intermédiaires des entreprises. On admettait que ces services font partie de la consommation, mais la position était que, puisque les services ne sont pas payés sur le marché, ils ne peuvent être évalués et ne devraient donc pas être ajoutés au PIB. On considérait que « tant que les émissions de radio et de télévision sont des biens gratuits pour le consommateur, il est aussi insignifiant d’attribuer un prix à ce qui passe sur les ondes qu’à l’air lui‑même ».

Mais certains comptables nationaux ont proposé de rompre avec cette vision, distinguant dans les recettes de publicité le coût effectif des programmes publicitaires de celui des programmes de divertissement : I. Cremeans insiste sur la nature particulière de ce type d’échange qui est « en nature », donc non observé au sein des flux économiques marchands. Dans son schéma, qui nécessite la création d’une nouvelle sous‑catégorie de services (l’écoute de la publicité), les entreprises annonceuses achètent à la télévision les services de divertissements afin de rémunérer en nature le service d’écoute des messages publicitaires fourni par les ménages [4] . Les annonceurs achètent ainsi ce service d’écoute aux ménages et le paient en nature par le bénéfice des émissions de divertissement.

Ce schéma conduit à considérer les ménages qui regardent la télévision comme une entreprise de spectacle qui vend du temps et de l’espace de spectacle aux entreprises de télévision.  A. Vanoli en propose une variante [5]. Partant du constat que les dépenses de publicité couvrent à la fois le coût effectif des programmes publicitaires et celui des programmes de divertissement, il propose un schéma tripartite qui correspond implicitement à un marché biface :

  • Les annonceurs consomment un service (imputé) d’écoute de leurs messages publicitaires produit par les ménages, et un service (non imputé) de diffusion de ces messages produit par la société de télévision.
  • La société de télévision fournit un service de diffusion de programmes publicitaires aux annonceurs, et un service (imputé) de diffusion de programme de divertissement aux ménages.
  • Les ménages consomment le service de programmes de divertissement produit par la société de télévision en échange de la production du service d’écoute des messages publicitaires auprès des annonceurs.

 

 

a) Un exemple fictif

Le schéma suivant tente de présenter les deux traitements de la publicité. Le sens des flèches correspond aux flux physiques. Pour simplifier, on a supposé qu’ils n y avaient pas d’autre CI que celle de publicité. On a cherché à calculer la variation du PIB due à des dépenses de publicité.

On a repris :

1) les ERE des agences, régies et sociétés de télévision dans les 3 ERE correspondants (HJ60Z2, HM73Z1, HM73Z2).

2) la solution proposée  par les comptables nationaux déjà cités.

3) Il apparaît que le PIB augmente quand on traite la publicité en consommation des ménages, pour ce même  montant, par rapport à celui où on la traite en CI, et en supposant que l’annonceur reporte les coûts de publicité sur ses ventes. Cette hausse serait due à l’apparition de la production du services d’écoute des messages publicitaires par les ménages (400 dans l’exemple).

 

 

La complexité vient du fait que la publicité ne modifie pas le produit mais sa vente. Mais le commerce traité en marge commerciale peut aussi influencer les ventes.

S’agissant du calcul du PIB et du partage volume-prix du PIB, deux positions prédominent ainsi en liaison avec le traitement actuel de la publicité et celui préconisé par certains :

  • la première considère qu’il est nécessaire d’imputer une nouvelle valeur pour les services d’attention des ménages qui seraient la contrepartie de l’offre gratuite (sponsorisée) dont ils bénéficient et que d’une certaine manière ils consomment.
  • La seconde considère que la publicité est déjà prise en compte car répercutée in fine sur les prix des biens et services consommés par les ménages (voir dessus).

 

 

 

b) Comment prendre en compte la publicité gratuite ?

Plusieurs solutions sont proposées :

1/ l’évaluation des recettes publicitaires par les coûts. Elle pourrait s’interpréter comme une relation de troc entre ménages et diffuseurs de contenus sponsorisés où un service d’attention des ménages aux publicités est offert en échange d’un service de diffusion de contenus récréatifs.

2/ La valorisation du temps qu’une personne consacre pour accéder aux contenus, sous forme de coût d’opportunité. en s’appuyant sur un équivalent en termes de salaire comme prix fictif du service de divertissement, à la façon de la valorisation des services domestiques.

3/ Quantifier le « bien-être » retiré du gratuit par les consommateurs à travers une évaluation de l’acceptation à payer pour accéder à un service, ou de l’acceptation à être payé en échange de la suppression de l’accès à un service

Des méthodes ont été testées afin d’éviter que le PIB soit affecté par des effets de bascule entre médias payants et médias financés par la publicité. Elle ont été mises en œuvre mais elles débouchent sur des effets très limités : 0,019 % de croissance annuelle mondiale supplémentaire, ce qui reflète le fait que ces dépenses de publicité ne représentent qu’une part faible et relativement stable du PIB.

 

 

 

 

 

VI – LE PARTAGE VOLUME-PRIX DU COMMERCE

Pour décomposer l’évolution de la production de marge commerciale en une évolution en volume et une évolution en prix, on se heurte à une double difficulté : ni le volume, ni le prix du service commercial, c’est-à-dire la marge, ne sont observables directement (voir Marges de commerce).

 

a) Le manuel d’Eurostat sur « les prix et les volumes ».

Le manuel d’Eurostat sur « les prix et les volumes » a tenté de clarifier la méthode du partage volume prix des marges commerciales. Une approche susceptible – en théorie – de tenir compte des variations de la qualité des services de commerce consiste à appliquer le mode de calcul de la production à prix courants (sous forme de marge) au calcul à prix constants, c’est-à-dire à déterminer la marge à prix constants sous forme de différence entre les ventes et les achats à prix constants. Prenons l’exemple suivant d’un détaillant dans le tableau suivant..

Le rapport de la marge aux ventes à prix courants est passé de 15 % (15 /130)  en (N-1) à 15,4 % (20 /130) en N. La question est de savoir comment décomposer cette augmentation en une variation de volume et en une variation de prix. Supposons que nous disposons d’un indice de prix pour les ventes (un indice des prix de détail, soit 110 dans l’exemple) et d’un indice distinct pour les achats (un indice des prix de gros, soit 108,0 dans l’exemple). L’indice de prix pour les ventes concerne le produit composite « bien + service de commerce ». Cet indice de prix tient compte des variations de la qualité du bien ainsi que de celles du service de commerce. La marge en volume peut alors s’obtenir en déflatant les ventes et les achats au moyen des indices de prix correspondants. La valeur de la marge aux prix de l’année précédente est égale à la différence entre la valeur des ventes (118,2) et celle des achats aux prix de l’année précédente (101,9). Dans l’exemple, l’indice de prix obtenu pour la marge est de 122,5.

 

En ce qui concerne les indices de volume, s’il n’y a pas de variations des stocks, la variation de la quantité de biens achetés est égale à la variation de la quantité de biens vendus. Toutefois, la variation de volume des achats ne doit pas nécessairement être égale à la variation de volume des ventes dans la mesure où la qualité du service de commerce peut avoir changé. C’est le cas : les ventes progressent de 6,1 % alors que les achats enregistrent une hausse de 5,0 % : ceci traduit une amélioration des volumes des services commerciaux de 11,5 %.

 

Cette méthode préconisée par Eurostat est de type « A ». Elle suppose que l’on distingue les ventes et les achats et implique donc que l’on dispose d’indices de prix appropriés. Eurostat fait référence à un indice de prix de gros, par exemple un IPP pour les achats, à un indice de prix de détail (IPC) pour les ventes.

 

b) La méthode française

Le partage volume / prix s’élabore en postulant que pour chaque activité sectorielle élémentaire), le volume de la marge commerciale évolue comme le volume des ventes de marchandises (valeurs exprimées aux prix de l’année n-1).

Au niveau de chaque activité élémentaire, l’évolution en valeur de la production de service commercial est mesurée par définition par :

où ri est le taux de marge de la période i (ici 0 ou 1) et CAi le chiffre d’affaires sur les ventes de marchandises.  On cherche à décomposer cette évolution en une évolution en prix et une évolution en volume :

s désigne le prix du service commercial et Q le volume de la production de ce service commercial. Or l’évolution du chiffre d’affaires s’analyse elle-même comme le produit d’une évolution en volume par une évolution en prix.

P désigne le prix de vente des marchandises , V le volume du chiffre d’affaires en vente de marchandises. En reportant (b) dans (a), on obtient

L’hypothèse cruciale de la méthode « française » (au sens où elle est le plus souvent utilisée pour la détermination des marges dans les ERE) est que pour chaque activité élémentaire, le volume de la production de la marge commerciale Q évolue comme le volume du chiffre d’affaires des ventes de marchandises V. On peut transformer (c) en :

d’où l’indice du prix de la marge commerciale :

C’est-à-dire que l’indice du prix de la marge commerciale se traduit par le produit de l’évolution du taux de marge commerciale et de l’indice du prix du chiffre d’affaires sur les ventes de marchandises.

Voici le résultat de la méthode française avec les mêmes montants que dans l’exemple précédent en valeur en N-1 et N.

 

La méthode « française » correspond à une méthode de type B, puisqu’elle ne prend en compte qu’une faible partie des variations de la qualité qui reflètent l’évolution en volume du service de commerce : avec cette méthode toute amélioration de service commercial n’est en effet pas distinguée en tant que telle, donc ne se trouve imputée sur la marge en volume qu’à due proportion de cette marge dans le prix de vente au lieu de l’être totalement.

 

c) Comparaison des résultats des 2 méthodes

Cette méthode peut dans certains cas aboutir à des partages volumes-prix très différents de celle préconisée par Eurostat

En pratique, dans les ERE au niveau H, le partage volume-prix des marges se fait selon chaque emploi. En effet, la nature de l’emploi est un des facteurs de disparité des taux de marge car il conditionne la longueur du circuit de distribution (les détaillants interviennent pour la consommation finale mais généralement pas pour les consommations intermédiaires). L’indice de volume de la marge est pris égal à celui de l’emploi, d’où l’on déduit l’indice de prix. La méthode « française » conduit alors à ce que le volume global de la marge figurant en ressource est obtenu par addition des volumes des marges sur les différents emplois (hors les variations de stocks sur lesquelles il n’y a pas de marge). Son indice de volume intègre donc bien les variations dans la structure des emplois. Les volumes de marges aux niveaux plus agrégés sont obtenus par agrégation des volumes au niveau H et intègrent donc bien les variations de structures entre les différents produits et les différents emplois (pour le total des marges).

En appliquant cette méthode au niveau le plus fin possible, cette façon de procéder pour opérer le partage volume-prix des marges est admissible. En effet, si le SEC privilégie la méthode d’Eurostat, il décrit la méthode française comme applicable à condition de « tenir compte du fait que les marges commerciales varient parmi les différents produits et emplois ».

 

d) Appréciation et comparaison des deux méthodes (Eurostat et méthode française)

Si l’application de la méthode d’Eurostat (marge à prix constants sous forme de différence entre les ventes et les achats à prix constants) permet une meilleure prise en compte de l’amélioration des services commerciaux en volume, elle a toutefois l’inconvénient de conduire à des résultats parfois peu intuitifs et volatils. C’est notamment le cas lorsque la part des marges dans le total des ventes est relativement faible (cf. tableau ci-dessous) : construit comme le rapport entre ventes et achats en valeurs d’une part, ventes et achats en volume d’autre part, le prix résultant peut être très divergent des prix de l’IPC et de l’IPPI utilisés. Dans cet exemple, un indice des prix des ventes au détail (IPC) à 4 % et un indice de prix d’achat (IPP) à 3 % conduisent à une hausse des prix des marges de 28 %, une baisse des volumes de 22 %, le taux de marge en valeur étant inchangé.

Or, la précision des estimations des indicateurs de prix utilisés n’est souvent pas suffisante pour s’assurer que la différence entre l’IPC et l’IPPI sur un même produit est significativement différente : la méthode d’Eurostat conduit à reporter tout l’écart sur un agrégat relativement faible, la marge commerciale dans l’ERE, si bien que de petites divergences initiales entre prix d’achat et de vente se trouvent interprétées au final comme des variations fortes sur le volume du service du commerce. La méthode française conduit à des résultats plus lisses et plus compréhensibles de prime abord. On peut notamment expliquer la croissance du volume par la contribution des marges en volume relatives à chacun des emplois.

Par ailleurs, les données disponibles en France ne permettent pas d’appliquer correctement la méthode d’Eurostat : en effet, des hypothèses fortes devraient être formulées, sans pouvoir être vérifiées avec les données. En particulier, il n’est pas aisé de disposer d’indices de ventes de prix de gros, qui correspondraient aux indices de prix d’achat par les détaillants: à défaut d’indices spécifiques, les indices de prix industriels et agricoles, voire des IPC, sont utilisés aujourd’hui pour déflater les ventes de gros. En outre, il faudrait pouvoir réaliser, en miroir du partage volume prix des ventes au détail, un partage volume prix des achats par les détaillants à un niveau très précis – qui n’est connu que par enquête (Esa) et dont les résultats à un niveau fin sont assez peu robustes.

Pour ces raisons, et parce que le partage volume prix des marges est fait par emploi, et à un niveau détaillé, la méthode française doit conduire à des résultats pertinents. Le travail est réalisé pour chaque produit, selon qu’il s’agisse de commerce de gros ou de commerce de détail, en tenant compte des différenciations de taux de marge entre les sous-classes.

Toutefois, la méthode française présente deux faiblesses principales :

– d’une part, elle néglige l’impact des variations de stocks dans le partage volume prix des marges. Toutefois, les variations de stocks pèsent très peu dans la marge, quand bien même elles sont volatiles .

– d’autre part, elle ne permet pas d’intégrer dans le volume l’évolution de la qualité du service commercial, même si le travail à un niveau fin permet de tenir compte d’une partie des évolutions de la qualité correspondant à l’évolution de la structure de l’économie.

Pour autant, il n’est pas certain que l’application de la méthode d’Eurostat en France permettrait de corriger correctement les indices de prix des marges des effets qualité, compte-tenu des données disponibles à ce jour.

 

e) L’apparition d’une nouvelle forme de vente (le commerce en ligne) remet elle en cause ces méthodes ?

La diffusion d’Internet a permis l’émergence d’une nouvelle forme de vente, le commerce en ligne. Or la qualité d’un bien et son prix ne dépendent pas uniquement de sa qualité intrin­sèque, mais également du service commercial qui est associé à sa vente. Ce service est mesurée par la marge commerciale. Un même produit peut ainsi être vendu plus cher par un commerce de proximité que dans un hypermarché parce que le service commercial associé (dans ce cas, la proximité) est jugé supérieur. On vient de voir que la mesure de la qualité du service commercial (moins obser­vable) est probablement encore plus complexe celle de la qualité du produit vendu.

S’agissant de l’indice des prix à la production industrielle, les prix mesurés sont des prix « sortie d’usine » déclarés par les producteurs, et indépendants du circuit de distribution choisi par les produc­teurs : la modification du mode de vente d’un des produits d’un producteur est donc ainsi neutre sur l’indice mesuré. À l’inverse, IPC relève des prix dans des points de vente donnés et fixés dans son échantillon ; le type de formes de vente fait partie intégrante de la qualité du produit. Dès lors, l’apparition d’une nouvelle forme de vente est prise en compte par l’IPC comme l’appari­tion d’un produit entièrement nouveau et cette nouvelle forme de vente n’est intégrée que par chaînage avec la mise à jour annuelle du panier de biens et services suivi par l’IPC. Le fait que les prix soient moins élevés sur Internet (constat qui reste à discuter) ne se traduirait alors pas par une baisse des prix dans l’IPC mais par une baisse de la qualité.

Le postulat que la différence de prix reflète une différence de qualité est bien sûr discutable mais, comme pour d’autres problématiques autour de la qualité, il est difficile d’établir un jugement objectif sur une différence de qualité au‑delà de la mesure synthétique des préférences que doivent refléter les prix. La vente en ligne ouvre la possibilité d’acheter 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, sans coût de déplacement mais à l’inverse, on ne voit pas le produit, on ne béné­ficie pas des conseils du vendeur, la livraison du produit n’est pas immédiate, etc. Si la différence de prix entre e-commerce et points de vente physiques, reflète, au‑delà d’une différence de qualité, une amélioration de la concurrence via l’arrivée de nouveaux acteurs, on peut espérer que l’apparition de ces nouveaux acteurs joue également à la baisse sur les prix pratiqués par les points de vente physiques. Dès lors, l’arrivée du e‑commerce sera bien mesurée dans l’IPC mais de manière indirecte via la baisse des prix mesurée dans les points de vente traditionnels.

L’arrivée du commerce en ligne peut ainsi modifier le partage volume-prix des 2 méthodes, soit en  faisant baisser l’IPC (méthode Eurostat), soit en faisant varier le taux de marge (méthode française).

 

 

 

 

 

 

VI – LE PARTAGE VOLUME-PRIX DES SERVICES FINANCIERS ET D’ASSURANCE

Les indice de prix base 100 en 2000 de quelques pays d’Europe ne varient pas de la même manière entre 2000 et 2019  pour l’ensemble des 3 branches qui composent les « activités financières et d’assurance » (KZ). Base 100 en 2000, si on met la Belgique à part (indice de prix de 164 en 2019), les indice de prix en 2019 varient de 131 pour la Finlande à autour de 100 pour la Suède (93 en 2018) e passant par un indice très bas en France (108) bien en dessous du groupe des autres pays (127 par exemple en Allemagne). Aussi quels est celui des 3 produits qui expliquent cette évolution faible en France ? Quelles sont les méthodes de partage volume prix en France de ces activités ?

Tableau 18 indice prix activités financières Eurostat

Indices de prix de la production de la branche activités financières et d’assurance base 100 en 2000 en %

 

 

 

 

a) La production des services indirectement mesurés (SIFIM)

La production du SIFIM se mesure en valeur par la marge prélevée par les intermédiaires financiers sur leurs opérations d’intermédiation (dépôts et crédit).

Les intermédiaires financiers prêtent à un taux plus élevé que le taux auquel ils se refinancent et rémunèrent leurs dépôts à un taux inférieur au taux de refinancement. Cette marge se calcule par rapport au prix moyen du refinancement des intermédiaires financiers, c’est à dire par le taux d’intérêt moyen des opérations interbancaires. Le calcul de la production en valeur est fait en distinguant les encours, les dépôts et crédits et les secteurs institutionnels.

L’évolution du volume des SIFIM est déterminée par l’évolution des encours moyens de dépôts et de crédits mesurés en prix constants. Ils sont déflatés par le déflateur du PIB. Par comparaison avec l’évolution des SIFIM en valeur, on en déduit l’indice de prix des SIFIM (très fluctuant car dépendant du taux d’intérêt interbancaire moyen).

La valeur des échanges extérieurs de SIFIM est estimée à partir des données de la Banque de France, leur volume est calculé à partir de l’évolution des encours des crédits et des dépôts par secteur institutionnel déflatés par l’indice de prix du PIB.

La consommation des ménages (10 % des emplois correspond au SIFIM pour le secteur institutionnel des ménages, hors crédit logement. Elle est calculée en volume à partir des encours des crédits et dépôts des ménages déflatés par le déflateur du PIB, en valeur à partir de données de la Banque de France.

La consommation intermédiaire (80 % des emplois) constitue le solde de l’ERE et comprend de tous les secteurs institutionnels résidents ainsi que le crédit logement des ménages.

Cette méthode est dite de type B.

 

Les données d’Eurostat montrent que l’indice des prix base 100 en 2000 est à 91 en 2018 en France contre 118 en Allemagne et  des évolutions encore plus fortes dans d’autres pays comme aux Pays-Bas, au Danemark et en Belgique. Il n’y a qu’en Suède où l’indice de prix baisse plus qu’en France (81 en 2018).

 

 

Indices de prix de la production de la branche activités des services financiers, hors assurance et caisses de retraite base 100 en 2000 en %

 

 

Depuis 2008, les marges sur les dépôts diminuent fortement. Ainsi, la baisse des taux d’intérêt s’est répercutée en baisse des prix (diminution de la marge d’intermédiation notamment), accompagnée d’une hausse des volumes (hausse du nombre de prêts accordés ou des dépôts).

En France, un taux de référence correspondant au coût d’opportunité des fonds représentatifs des conditions de refinancement des banques est calculé à partir des opérations de prêt et de dépôt entre banques, en rapportant les intérêts des crédits et des dépôts aux encours correspondants.

En 2019, ce taux de référence se situe à 0,81 %, son plus bas niveau depuis 1980. Depuis 2012, en raison des taux bas et du plancher de rémunération à zéro sur les dépôts, la marge sur les dépôts est quasi nulle ; le taux apparent des dépôts diminue, pour se situer à 0,69 % en 2019. Le taux apparent des crédits, bien qu’en baisse, s’établit à 2,06 % en 2019, assurant ainsi des marges positives sur les crédits La baisse des taux d’intérêt depuis 2015 comprime les marges, mais est partiellement compensée par l’évolution en sens inverse des volumes de crédits. Le dynamisme du volume de prêts entre 2010 et 2019 atténue donc l’érosion des marges et ralentit le recul des Sifim.

L’analyse de la capacité de financement montre que les banques desserrent la contrainte des taux bas grâce à leurs marges sur les crédits, et elles tirent aussi profit de la valorisation de leurs actifs, comme le traduit le RNC. Ainsi, l’analyse de la capacité de financement, d’une part, et du RNC, d’autre part, porte deux éclairages complémentaires sur le fonctionnement des institutions financières.

Contributions des volumes et des prix à la croissance des Sifim en France

 

 

b) Les services d’assurance

La production de services d’assurance (le service) se mesure de la façon suivante :

+ total des primes effectives acquises
+ total des suppléments de primes (qui correspondent au produit du placement des provisions techniques d’assurance)
– total des indemnités dues
– variation des réserves actuarielles et des provisions pour participation des assurés aux bénéfices.

Dans le cas d’une année de « sinistralité normale », les comptes de l’assurance et du ménage se présentent de la façon suivante.

 

En comptabilité nationale , on retient l’identité suivante :

total des primes nettes (D71) = total des indemnités (D72)

Les revenus du placement des provisions et des primes (D44) n’appartiennent pas aux sociétés d’assurance mais aux assurés.

Du coup, en cas de tempêtes comme en 1999, les indemnités augmentant fortement, la production de services d’assurance devient négative.

Dans l’exemple fictif précédent, en supposant les primes brutes inchangées, la production P1 devient négative : -5 car les indemnités passent de 95 à 115.

 

Dans ce cas on estime une marge permettant de couvrir les frais de gestion et de dégager un profit. On ne prend pas en compte les indemnités versées mais les primes nettes qui sont les indemnités « attendues ».

  • La valeur de la production n’est plus affectée par la variabilité des indemnités,
  • La volatilité constatée auparavant sur la production est transférée dans le compte de revenu,
  • La relation primes nettes (D71) = indemnités (D72) n’est alors plus vérifiée dans le compte des sociétés d’assurance.
  • mais l’épargne des secteurs institutionnels n’est pas modifiée par rapport au traitement « spontané ».

 

 

Les données d’Eurostat montrent que l’indice des prix en 2018 base 100 en 2000 est à 127 en France contre 136 en Allemagne mais 128 au au Danemark et finalement presque dans la moyenne des autres pays. En Suède, l’indice de prix est à 119 et au Pays-Bas, il est à 122.

Indices de prix de la production de la branche assurance base 100 en 2000 en %

 

Comme le montre la définition donnée par convention, une mesure directe du prix de production du service fourni est impossible compte tenu de la nature des composantes de la production. La déflation par un indice de primes brutes d’un concept utilisé dans les statistiques des prix à la consommation n’ est pas une méthode conceptuellement inacceptable pour les comptes nationaux. Cela tient à ce que la variation des primes brutes dans le temps a peu de chance de bien refléter la variation de la rémunération du service.

Eurostat rappelle qu’on dispose d’IPC pour certains types d’assurance, mais on ne peut les utiliser dans les comptes nationaux dans la mesure où ils ne sont pas conformes aux concepts et définitions exigés. Les IPC mesurant les variations des primes brutes dans le temps, il est peu probable qu’ils reflètent correctement la variation de rémunération effective du service d’assurance.

Même d’un point de vue purement théorique, il semble impossible de mettre en ouvre un concept de déflation de la production du service sur la base des statistiques des prix à la production. Cela s’explique essentiellement par le fait qu’il n’existe pas de prix ou de quantité directement observable qui soit réellement représentatif de la production. Aucune méthode A ne peut donc être définie.

L’utilisation d’un indicateur de volume reposant sur des indicateurs détaillés, tels que l’acquisition et la gestion de polices ou la gestion de sinistres, est une méthode B. Cette méthode (parfois qualifiée de méthode du service direct) nécessite des indicateurs à un niveau très détaillé qui tiennent compte des variations de la gamme de produits. Bien qu’on dispose d’un grand nombre de données financières sur l’assurance, cette méthode exige des détails sur le niveau inactivité des différents services ainsi que des informations détaillées sur les dépenses pour calculer les pondérations. La collecte de ces informations peut nécessiter d’importantes ressources. Par ailleurs, il peut être difficile de tenir compte de la qualité.

L’utilisation de provisions corrigées du montant des indemnisations déflatées au moyen d’un indice de prix qui mesure la variation du pouvoir d’achat intrinsèque de la monnaie (comme les méthodes applicables aux SIFIM) est également une méthode B, car elle vise à approximer le transfert ou la mise en commun du risque.

En France, l’indice de volume de la production en assurance-vie et de capitalisation est estimé comme l’évolution des provisions techniques, correspondant à l’évolution en volume de l’encours en assurance vie (obtenue en déflatant l’évolution en valeur des encours déflatée par l’IPC global). La production en volume est obtenue en multipliant la production en valeur par cet indice de volume.

Pour l’assurance-dommages, le partage volume-prix de la production est déterminé en déflatant la valeur par un indice de prix : l’IPC global annuel assurance. Puis on utilise les indices de prix des primes brutes par type de risque pour déflater la consommation des ménages  les indices de prix des primes brutes par type de risque pour déflater la consommation des ménages ; IPC santé pour la consommation des ménages maladie ; IPC habitation pour la consommation des ménages incendie ; IPC automobile pour la consommation des ménages en automobile ; IPC assurance pour la consommation des ménages en responsabilité civile ; les indices de volume et de prix des ressources s’en déduisent.

Pour la réassurance, le partage volume-prix de la production de réassurance est obtenu en déflatant la valeur de la production issue des comptes de secteurs, par l’IPC global annuel d’assurance.

Que ce soient les volumes calculés en premier pour l’assurance-vie ou les valeurs de la production et la consommation déflatées par des IPC pour l’assurance dommage, ces méthodes sont considérées de type « B ». Il reste que l’évolution de la productivité horaire du travail de la branche « assurances » n’a guère de sens dans les comptes nationaux (graphique suivant) du fait des fortes variations de la valeur ajoutée d’une année à l’autre (voir ci-dessus).

 

 

 

 

 

c) Les activités auxiliaires de services financiers et d’assurance

Cette section comporte un équilibre élémentaire en France (niveau G) : -GK66Z (Activités auxiliaires de services financiers et d’assurance). La production de la branche des activités auxiliaires de services financiers et d’assurance est estimée directement en valeur à partir des ventes branches issues de la statistique d’Esane, pour la partie concernant les entreprises non financières, et à partir des données portant sur la production des institutions financières pour la partie relevant des entreprises financières. Le partage volume-prix de la production est obtenu en déflatant les valeurs des ventes branches par un IPC sur les services financiers. Les impôts suivent l’indice de volume de la production. La consommation intermédiaire, seul emploi pour ce produit permet d’équilibrer l’ERE.

La méthode de calcul de la production en volume et la qualité des estimations des activités auxiliaires de services financiers et d’assurance sont considérées par l’Insee comme de mauvaise qualité  C, selon les critères d’Eurostat.

Les comparaisons européennes ne montrent toutefois pas une évolution anormale en France, avec un lissage parfait contrairement aux autres pays.

 

Indices de prix de la production de la branche auxiliaires de services financiers et d’assurance base 100 en 2000 en %

La décomposition de la croissance en euros courants de la valeur ajoutée en une croissance du prix de cette valeur ajoutée et une croissance de son volume, puis la décomposition de cette progression en volume en variations de l’emploi, de la durée et de la productivité du travail sont au cœur de l’analyse économique, au niveau des branches d’activités ou de l’ensemble de l’économie (le PIB étant à peu près égal à la somme des valeurs ajoutées des branches).

Si cette décomposition pose des problèmes méthodologiques dans les branches marchandes, surtout dans les services, elle y est néanmoins pertinente. En revanche, compte tenu des modes d’estimation de leur production dans les comptes nationaux, les branches non marchandes, qui peuvent être assimilées en simplifiant aux services publics administratifs, se prêtent mal à cette décomposition, ce qui nuit à l’analyse des activités concernées.

De nouvelles méthodes d’estimation de la production non marchande en volume, en cours de développement dans d’autres pays, pourraient toutefois permettre des analyses plus pertinentes. Il reste que seuls des indices de prix conventionnels peuvent être utilisés pour mesurer la croissance en volume de l’ensemble des dépenses publiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

VIII – LE PARTAGE VOLUME-PRIX DES SERVICES NON MARCHANDS COLLECTIFS (MÉTHODE « INPUT »)

 La production à prix courants des branches non-marchandes dans les comptes nationaux est évaluée par la somme des coûts.  Si cette méthode permet d’évaluer la production à prix courants, elle ne permet pas de décomposer l’évolution de cette grandeur en un élément de prix et un élément de volume. Là encore, en l’absence de transactions sur le marché, il n’est pas possible d’observer des prix, donc de calculer un déflateur adéquat pour cette production. Pour un calcul de comptes à prix constants, les comptables nationaux ont proposé jusqu’à la base 95 une méthode « basée sur l’input » : déflation des coûts par un indice de prix des facteurs. Ces coûts comprennent surtout les consommations intermédiaires, les rémunérations (y compris impôts sur les salaires et cotisations des employeurs) et une estimation de l’amortissement des actifs non financiers appelée « consommation de capital fixe ». La production en volume dans les services collectifs marchands est obtenue en déflatant chaque composante pat l’indice du coût.

 

 

 

1/ La  méthode « basée sur l’input »:

Dans cette approche, on calcule un indice de prix des divers facteurs qui interviennent dans la formation du coût : indice de coût salarial, indice de prix de la consommation intermédiaire, indice de prix du capital fixe, et on considère que l’évolution de ce coût correspond à celle du prix qu’on veut mesurer. Mais utiliser l’évolution du coût comme indicateur d’évolution des prix suppose qu’il n’y a pas de gain de productivité des facteurs dont on mesure l’évolution des coûts [8]. Certains ont proposé de corriger cette estimation en introduisant un terme de gains de productivité. Mais, puisqu’on ne peut pas mesurer directement la production, il n’est pas non plus possible d’estimer l’évolution de la productivité, et donc les corrections qu’on pourrait faire reposent sur des hypothèses plus ou moins arbitraires. Pour ces raisons, on suppose en général qu’il n’y a pas d’évolution de productivité dans ces branches. Cette méthode reste largement employée pour une large part des branches non-marchande, en particulier tout ce qui concerne l’administration générale.

Ainsi, la valeur ajoutée étant pour l’essentiel égale à la somme des rémunérations et de la consommation de capital fixe, l’évolution du prix de la valeur ajoutée est ensuite estimée en faisant une moyenne des taux de croissance du prix du travail (en première approche, le salaire par tête) et du prix du capital (le prix des biens et services sur lesquels portent les dépenses d’investissement).

Si on considère pour simplifier que la valeur ajourée est seulement composée de salaires (ils sont beaucoup plus importants que la consommation de capital fixe dans les administrations), la croissance en volume de la valeur ajoutée est ainsi obtenue en faisant la différence entre les taux de croissance de la masse salariale et du salaire moyen par tête, qui est égale à celle des effectifs.

La croissance de la valeur ajoutée en volume étant égale à celle des effectifs, la productivité du travail ne varie pas. Cette méthode, très conventionnelle mais appliquée jusqu’à récemment par les comptables nationaux de tous les pays, conduit à ne quasiment pas faire apparaître, par construction, de gain ou perte de productivité dans les services publics.

En réalité, elle est un peu plus sophistiquée et fait apparaître quelques gains de productivité, mais dont la nature reste conventionnelle. Pour estimer l’évolution du prix du travail, par exemple, sont prises en compte les mesures générales (hausse de la valeur du point…) mais pas l’impact du « glissement vieillesse technicité » (GVT), c’est-à-dire l’effet des évolutions de carrière. En conséquence, apparaissent des gains de productivité qui traduisent la déformation de la structure par qualification des emplois publics.

La croissance en volume de leur valeur ajoutée peut toutefois être mesurée directement en utilisant des indicateurs d’activité. Si, par exemple, le nombre de jugements rendus est considéré comme représentatif de l’activité des tribunaux, la croissance en volume de leur valeur ajoutée peut être mesurée directement en retenant son évolution d’une année à l’autre.

Les gains de productivité sont alors égaux à l’écart entre les taux de croissance du nombre de jugements et du nombre d’emplois dans les services judiciaires, ce qui est plus conforme à la représentation habituelle de la productivité.

Une telle mesure du volume de production des administrations est toutefois beaucoup trop simple. Il n’est ainsi pas pertinent d’additionner des jugements en flagrant délit de petits larcins et des jugements d’assise qui sont rendus après des semaines d’audiences et des années d’instruction. Pour mesurer l’évolution de la production globale d’un ensemble de « produits » de ce type, les produits élémentaires (jugements par catégorie : instance, appel, assises…) sont généralement pondérés par leur « coût de production unitaire », mais encore faut-il qu’une comptabilité analytique fiable le permette.

La mesure du volume de production pose les mêmes difficultés que la mise en place d’une comptabilité analytique : identifier les « produits » et les moyens qui leur sont affectés alors que produits et moyens sont souvent inextricablement mêlés.

Il est en outre parfois très difficile dans les administrations publiques de définir des produits dont on peut mesurer le nombre. C’est notamment le cas des « services collectifs », ceux dont on ne peut pas individualiser l’utilisation, comme la défense nationale.

Même lorsque des produits sont identifiables et dénombrables, comme des jugements, il faudrait tenir compte de leur qualité. Sinon, l’interprétation des évolutions du volume de production et de la productivité risque d’être faussée. Si le nombre de jugements augmente plus vite que le nombre de magistrats, l’interprétation immédiate est qu’ils sont plus productifs alors que la réalité peut être celle d’une dégradation de la qualité des jugements.

Or la mesure de la qualité des services publics est souvent très difficile (voir page Partage Volume Prix).. Des enquêtes de satisfaction auprès des usagers permettent certes d’en donner une indication mais souvent très partielle et la satisfaction des usagers du service public n’est pas le seul critère de qualité. Les décisions de justice ont aussi pour objet d’informer et éventuellement de dissuader ceux qui n’en sont pas encore les usagers.

 

 

2/ Les comparaisons internationales du partage volume prix de services administratifs

Il convient de les faire en prenant plusieurs indices : prix à la production et éventuellement prix de caleur ajoutée (VA), évolution absolu et évolution des prix relatifs. On regarde aussi la hausse du prix relatif de la valeur ajoutée. La santé et d’éducation agrègent les services marchands et non marchands, la distinction n’étant pas faite dans les bases de données Eurostat et OCDE. On ne dispose pas des prix à la production de tous les pays de l’UE dans la base Eurostat mais on dispose des prix de valeur ajoutée de tous les pays, notamment l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Italie.

De manière assez surprenante, on observe une croissance plus faible des prix relatif en France de la production et de la VA dans les administrations (méthode « input »). En revanche, pour la santé et l’éducation (méthode « output »), les prix relatifs évolueraient à peu près comme la moyenne des autres pays. On note aussi que les prix relatifs de production et de VA de la santé n’évoluent pas au même rythme en France, phénomène qu’on retrouve dans d’autres pays (Allemagne).

tableau 72 prix administration santé éducation eurostat

Le partage volume-prix de la production (100 % des ressources) est déterminé à partir d’une méthode « basée sur l’input » dans laquelle on applique le partage volume prix aux facteurs de production (ou coûts)et non à la production elle-même (produits). La France ne se caractérise pas par des hausses de prix de la production plus élevés que dans les autres pays, que ce soient en prix absolus ou en prix relatifs. On note une évolution du prix relatif de la VA en France plus faible que dans l’UE des 27 pays : +5,5% en 2020 base 100 en 2000 contre +9,9%.

Évolution des prix de production des administrations base 100 en 2000 en %

Évolution des prix relatifs (à l’ensemble) de production des administrations base 100 en 2000 en %

Évolution des prix relatifs (à l’ensemble) de la valeur ajoutée des administrations base 100 en 2000 en %

 

 

3/ le partage volume prix des services non marchands collectifs avec la crise du Covid 19

Le partage volume-prix dans les branches non marchandes peut aussi poser problème en temps normal, mais surtout avec la crise du Covid 19. Le volume de la production des services collectifs ne peut être appréhendé directement ; la convention retenue est de considérer que la production en volume évolue approximativement comme la valeur de la composante déflatée par un indice de prix (CI) ou un indice de rémunérations moyennes corrigé d’un effet-qualité ; le volume de la masse salariale évolue approximativement comme les heures travaillées par les agents publics participant à ces activités, corrigées d’un effet qualité liée à la structure de qualification. Pour les services, individuels (santé, éducation,..) il est possible d’approcher directement le volume d’activité à partir de la consommation effective des ménages : nombre d’heures de cours par filière d’enseignement, nombre de séjours à l’hôpital par type de maladie et de prise en charge [10].

Or, le confinement, contrairement aux crises passées, a introduit une hétérogénéité de situation pour les employés des APU Pour ceux travaillant sur site ou en télétravail, leur production peut être considérée comme ayant été maintenue. Mais pour les employés des administrations publiques qui ne sont ni en situation de télétravail, ni sur site, leurs salaires ne correspondent plus à une production et leur situation peut s’assimiler au dispositif d’activité partielle du secteur privé. Toutefois, la part des agents publics qui ne sont ni en situation de télétravail ni sur site est difficile à estimer parce que les indicateurs d’activité dans le secteur non marchand font défaut. L’estimation conventionnelle retenue a été qu’un quart des agents publics, hors services de santé, n’était pas en situation de travail pendant la durée du confinement.

 

 

 

 

 

 

IX – LE PARTAGE VOLUME-PRIX DES SERVICES NON MARCHANDS INDIVIDUALISABLES (MÉTHODE « OUTPUT »)

1/ La méthode « output »

Une autre méthode a été proposée pour certains services non-marchands ; il s’agit d’une méthode « basée sur l’output »: utilisation d’indicateurs directs (en quantités physiques) qui estiment l’évolution réelle de la production au niveau le plus fin. Cette méthode suppose que de tels indicateurs puissent être définis. Dans ce cas on peut alors estimer un indice de volume de la production de la branche de la manière suivante :

– recueil d’indicateurs directs du volume de la production au niveau le plus fin possible déterminant des indices élémentaires ; – pondération de ces indices élémentaires par les coûts estimés à ce niveau ;

– correction éventuelle pour tenir compte d’un « effet qualité ».

En pratique c’est surtout pour les services non-marchands « individualisables », tels que l’enseignement, les hôpitaux, l’action sociale, que de tels indicateurs existent, en termes de nombre de bénéficiaires, ou de nombre de prestations fournies par catégorie. Dans le cas de la France, les travaux sur ce sujet se sont limités à ces services individualisables.

Cette méthode et ses résult&ats sont présentés dans la page Compte de la santé.

 

 

 

2/ La mesure délicate de l’effet-qualité

Comme les autres instituts statistiques européens, l’Insee ne mesure directement le volume de production que pour certains services, ceux de santé (hôpitaux publics) et d’éducation, en utilisant des indicateurs de leur activité : nombre de séjours dans les hôpitaux, nombre d’élèves (modulé par le taux de succès aux examens) dans le système éducatif, par catégories pondérées par leurs coûts unitaires. S’agissant des autres services publics, les méthodes traditionnelles restent appliquées.

Les méthodes appliquées au Royaume-Uni ont fait l’objet en 2005 d’un rapport de T. Atkinson qui montre qu’elles reposaient déjà souvent sur une estimation directe de la production des administrations mais qui met également en évidence les nombreuses difficultés rencontrées.

C’est pourquoi les méthodes « output » sont utilisées depuis la base 2000 pour les services d’éducation et de santé. Les coûts unitaires des services non marchands sont considérés comme des prix. Le volume de la production non marchande est obtenu en pondérant les quantités produites de chaque service par leurs coûts. Par exemple, l’évolution en volume de l’activité des établissements publics d’enseignement suit l’évolution des effectifs dans les différents niveaux d’enseignement pondérés par le coût moyen de l’élève/étudiant dans les différents niveaux d’enseignement. L’évolution en volume de l’activité des hôpitaux publics suit l’évolution du nombre de patients pris en charge par groupe homogène, pondéré par le coût moyen de traitement dans chaque groupe homogène.

Pour calculer cet indice de volume, il faut donc disposer de l’évolution des quantités au sein de chaque poste élémentaire, ainsi que de la structure en valeur de ces postes l’année de base. C’est la principale difficulté d’application des méthodes output, dont la mise en œuvre est subordonnée à la disponibilité de données à un niveau fin.

Mais le principal problème de la méthode « output » est d’introduire un effet qualité. Les indicateurs de volume à l’étude (nombre d’élèves ou d’heures d’enseignement pour le secteur de l’éducation, nombre de traitements pour le secteur de la santé) ne permettent généralement pas de capter l’évolution de la qualité du service. Si aucune correction n’est apportée, les augmentations de coûts visant à améliorer la qualité passent intégralement dans l’indice de prix et la productivité ralentit, voire décroît.

On peut distinguer deux types d’effet qualité. Le premier concerne la qualité du produit final, proche de la notion de « résultat » (par exemple, niveau des diplômes délivrés par le système éducatif, ou bien taux de survie après une opération dans le secteur de la santé). Le second prend en compte la qualité du processus de production, à résultat donné. Dans le domaine de l’éducation, il s’agit par exemple de mesurer la valeur ajoutée de l’école, en contrôlant toutes les variables socio-démographiques qui peuvent avoir une influence sur la réussite des élèves. Dans sa présentation de l’enquête PISA, l’OCDE a d’ailleurs distingué les scores moyens obtenus par les différents pays et les scores obtenus après contrôle des caractéristiques socio-démographiques des élèves (par exemple : niveau de formation des parents, nombre de livres disponibles à la maison,…).

Un autre débat concerne l’étendue des services rendus par l’éducation et la santé. Le choix d’un indicateur plutôt qu’un autre pour la production finale des deux secteurs peut se justifier suivant que l’on considère, ou non, le PIB comme un indicateur de bien être. Concernant le système éducatif, la production doit-elle être appréciée en fonction du nombre de diplômes délivrés ou bien en fonction du taux d’emploi des sortants après X années ? Dans le 1er cas, il s’agit plutôt d’un output  (« production ») et dans le second d’un outcome (« résultat »). Au-delà de l’indicateur retenu, le fait de considérer le PIB comme un indicateur de bien être peut influer sur le choix des pondérations (coût du service ou bien utilité sociale).

Pour ces services non marchands (santé et éducation), s’agissant de services individuels, la méthode employée respecte les préconisations d’Eurostat mais doit être classée comme méthode « B », car le volume ne prend pas en compte l’effet qualité.

 

 

 

IX – LE PARTAGE VOLUME-PRIX DE L’ÉDUCATION NON MARCHANDE

La production de l’enseignement non marchand (100 % des ressources) comprend de la production des administrations publiques (APU) et des institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM). On présente des travaux du début des années 2000. La situation n’a en effet pas beaucoup évolué aussi bien en France que dans les autres pays. La méthode « output » est utilisée depuis la base 2000. La première question est donc celle du choix des indicateurs de quantités. Puis se pose celle de l’effet-qualité.

 

 

1/ Quels indicateurs de production ?

Un groupe de travail d’Eurostat au début des années 2000 a défini ainsi la production et les indicateurs correspondants à employer :

  • La production d’éducation est la quantité d’enseignement reçue par les étudiants, ajustée pour tenir compte des qualités du service donné, pour chaque type d’éducation. Les quantités devraient être pondérées en utilisant des données sur les coûts (ou les prix de) de l’éducation fournie.
  • La mesure préférentielle de production d’éducation, aussi bien pour les services d’éducation marchande et non-marchande, est le nombre d’heures passées en cours par les étudiants.

 

Le manuel d’Eurostat recommandait dans un premier temps d’utiliser un volume d’heures d’éducation par type d’enseignement mais admettait que le nombre d’élèves lui-même constitue un bon indicateur lorsque le nombre d’heures x élèves n’est pas disponible.. Pour de nombreux pays toutefois, la durée moyenne par étudiant est une durée théorique et non réelle. Eurostat souhaitait également mesurer la qualité à partir des enquêtes PISA (Program for International Student Assesment) en utilisant les résultats aux examens ou la taille des classes : par exemple nombre d’élèves qui sont sortis chaque année avec succès des différentes classes de l’enseignement élémentaire et de l’enseignement secondaire. Dans cet indice, le succès correspond à l’accès à une classe de niveau supérieure ou l’obtention du diplôme (baccalauréat).

Selon les principes de la méthode « output », plusieurs indicateurs sont susceptibles d’être utilisés pour appréhender le volume d’enseignement non marchand :

• le nombre de reçus aux examens,

• le nombre d’élèves sortant avec succès d’une année d’enseignement,

• le nombre d’heures x d’élèves par niveau et par matière,

• les effectifs d’élèves par niveau et par filière,

 

Mais les données en heures*élèves, ventilés selon le sujet ou le niveau de l’éducation ne sont pas facilement disponibles dans chaque pays, mais il est probable que les évolutions des nombres d’élèves se rapprocheront très étroitement des évolutions des heures*élèves. Par conséquent les nombres d’élèves eux-mêmes devraient être de bons indicateurs dans la pratique dans la plupart des circonstances Dans le cas de la France, on dispose de données très complètes sur les effectifs, mais en revanche les données existantes sur les heures d’enseignement sont d’une utilisation plus délicate : les informations disponibles concernent l’enseignement secondaire ; elles portent sur les volumes hebdomadaires d’heures des enseignants ; il faut donc les convertir en heures reçues par les élèves, en tenant compte des effectifs des classes. Mais le résultat obtenu n’est qu’une mesure minimale, car il peut y avoir des matières en option. En outre il faudrait tenir compte de la durée de l’année scolaire, qui est susceptible de varier du fait du calendrier des congés, des jours fériés, des examens, ainsi que des absences des élèves et des professeurs pour raisons diverses (maladie, grèves…).

Il a paru préférable de s’en tenir aux effectifs comme indicateur de base pour une première estimation, la question d’une éventuelle prise en compte de variations des horaires d’enseignement étant considérée comme un correctif, dont l’opportunité ne peut être examinée qu’en relation avec la « qualité » de l’enseignement.

 

La première étape du travail a consisté à calculer une série d’indices de volume de la production de services d’enseignement non marchand, selon la méthode préconisée par Eurostat. Les résultats présentés dans les tableaux sont donc des indices synthétiques des effectifs d’élèves et d’étudiants, pondérés par les coûts des différentes sections d’enseignement auxquels ils appartiennent.

Le tableau suivant indique les indices de volume par type d’enseignement et le résultat des calculs de l’indice synthétique des effectifs pondérés par les coûts.

Indices de volume par type d’enseignement et résultat des calculs

On peut comparer la série d’indices de volume ainsi calculée à celle qui figure dans les comptes (base 1995) qui utilisait ka méthode « input ». Les écarts d’évolution sur la production du produit sont calculés en %, mais on évalue aussi le niveau correspondant à cet écart (en millions d’€ aux prix de l’année précédente) ; Or il apparaît que ce mode de calcul donne des évolutions de volume plus lisses que celle des comptes actuels, et, en général nettement plus faibles, surtout après 1996. L’écart annuel avec la base 95 est de l’ordre de 0,1 point de PIB. En effet les évolutions de volume qu’on calcule à partir des effectifs deviennent négatives à partir de 1996 : c’est la conséquence de l’évolution démographique et de l’arrêt de la tendance à la prolongation des études.

Comparaison avec les séries actuelles ( base 1995)

 

En base 2000, les effectifs d’élèves par niveau et par filière, (publiés régulièrement par le ministère de l’Éducation), ont été finalement été retenus  comme indicateurs de volume, donc sans prise en compte de  la qualité de l’enseignement reçu. Les évaluations en base 2000 conduisaient ainsi à réviser à la baisse l’évolution du volume de la production d’éducation non marchande entre 1995 et 2005, calculée en base 95 selon la méthode « input » (graphique quivant).

En effet, l’évolution positive du volume en base 1995 traduisait l’augmentation des moyens mis en oeuvre, notamment l’amélioration de la qualification des enseignants et leur nombre. En base 2000, la stagnation du volume constatée depuis 1996 était liée à l’évolution démographique (baisse des effectifs scolarisés dans certaines filières), non compensée par une augmentation de la fréquence de réussite aux examens ou un accès plus fréquent dans une classe de niveau supérieur (voir graphique ci dessous). Le résultat garde un caractère conventionnel, lié au principe encore fruste dont est appréhendé le volume d’éducation, en particulier l’effet qualité.

 

 

 

 

2/ La question de la qualité

L’exercice précédent a ainsi permis de calculer des indices quantitatifs d’évolution du service d’enseignement reçu par les élèves – en fait des indices de nombres d’élèves valorisés par les coûts. Cependant ce service a aussi une dimension qualitative qu’on ne peut négliger.

Parmi les pistes examinées pour définir des ajustements de qualité deux idées principales se dégagent : l’utilisation d’indicateurs relatifs aux moyens mis en œuvre (inputs) et aux conditions d’enseignement d’une part, et la prise en considération d’indicateurs relatifs aux résultats du système éducatif d’autre part.

Évaluer la qualité de l’enseignement à partir des moyens mis en œuvre ne peut se faire sans un certain arbitraire quant à la définition de ce qu’on entend par qualité : l’idéal serait de disposer d’études mettant en évidence l’impact des moyens mis en œuvre sur les résultats ; ceci voudrait dire qu’en fait ce qui détermine la qualité c’est finalement le résultat, et que l’estimation de celle-ci par les moyens mis en œuvre est justifié par l’impact supposé de ceux-ci sur les résultats, estimé par les études. Malheureusement on ne dispose pas le plus souvent de telles estimations, et on doit se contenter de présumer un impact des moyens

 

  • Premier essai de caractérisation de la qualité : le nombre d’élèves par classe. Parmi les indicateurs de moyens, ce sont ceux relatifs à la taille des classes, et plus généralement au niveau d’encadrement des élèves par les personnels (enseignants ou autres) qui paraissent le mieux susceptibles de fournir des indications quantitatives utilisables pour définir un terme correcteur. A défaut de pouvoir se fonder sur une évaluation précise des effets de la réduction des tailles des classes, on peut essayer d’estimer quelles sont les conséquences des variations d’effectifs dans le cas où on suppose que ces variations n’ont d’impact que pour les classes les plus chargées. C’est ce qui avait été fait à l’aide d’un modèle simplifié (modèle de « surcharge ») qui considère que la production totale d’une classe n’est pas proportionnelle au nombre d’élèves, mais varie selon une fonction concave de celui-ci. Celui-ci permet de mettre en évidence un« effet-qualité » de l’ordre de 0,2 point par an, pour le seul enseignement secondaire. L’impact global pour l’ensemble de l’enseignement est donc probablement encore plus faible, de l’ordre de 0,1 point au maximum.
  • Seconde méthode : caractérisation de la qualité par les résultats. La première idée qui vient à l’esprit pour caractériser la qualité de l’enseignement par ses résultats consiste à prendre en considération les taux de réussite aux examens comme indicateur de qualité. En régime permanent le nombre d’élèves reçus aux examens de fin d’un cycle serait alors un bon indicateur de la production de ce cycle, puisqu’il correspondrait au produit des effectifs par le taux de réussite.Une autre idée a pu être avancée : il s’agit de l’utilisation des niveaux de formation des sortants du système éducatif comme indicateur de l’efficacité du système éducatif. Sa mise en application est toutefois délicate dans la mesure où les évolutions de ces niveaux combinent à la fois des éléments quantitatifs (par exemple les taux de scolarisation par âge), qui interviennent déjà dans l’évolution des effectifs, et une appréciation plus qualitative.Néanmoins l’examen des travaux menés dans d’autres pays sur ces questions, ont conduit à tester l’application d’une démarche qui réalise en quelque sorte une synthèse des deux pistes précédentes : il s’agit de chercher à construire un indicateur de « production » d’une classe fondée non plus sur les effectifs scolarisés dans la classe ( que l’on peut considérer comme des « stocks » d’élèves) mais sur les flux de sortie de cette classe, c’est à dire les élèves ayant passé avec succès cette année scolaire. La notion de succès en l’occurrence signifie le passage à une classe supérieure ou la réussite à un examen de sortie, à l’exclusion des redoublements et des abandons de scolarité.Schématiquement dans cette optique, un élève qui réussit son année scolaire, en obtenant de passer dans la classe supérieure compte pour une production de 1 ; sinon la production correspondante sera de 0. Un élève qui redouble comptera pour 0 cette année là, mais pour 1 l’année suivante, du moins si cette fois il réussit : la production est alors décalée d’un an. Un élève qui abandonne la scolarité dans une certaine classe comptera pour 0, mais les années d’enseignement antérieures qui lui ont permis d’atteindre cette classe ont été prises en compte.

On peut formaliser les divers indicateurs de volume élémentaire en considérant que chacun résulte d’une valorisation particulière de chaque année d’enseignement reçue par un élève ; la valeur d’une année est ainsi une certaine fonction des caractéristiques de cette année de scolarité. Ces valeurs sont ensuite agrégées en utilisant des pondérations proportionnelles au coût unitaire du type d’éducation auquel elles se rattachent pour calculer l’indicateur agrégé de production. Voici quelle est la correspondance entre les indicateurs et la valorisation :

 

 

 

 

 

 

3/ Les indicateurs de flux

Pour cette autre estimation d’indices de volume, il a donc fallu essayer d’estimer des flux d’élèves sortant des différents cycles d’éducation ; cependant il a fallu considérer que pour certaines activités, la notion de flux n’avait pas grand sens ou bien paraissait en définitive moins pertinente que celle de stocks d’élèves comme indicateur de volume : c’est le cas pour l’enseignement pré-élémentaire et pour l’enseignement spécial du 1er et du 2nd degré ( mais dans ce cas les effectifs sont peu importants).

C’est essentiellement pour les classes « normales » du premier et du second degré qu’on a pu tenter une évaluation. Mais même là des difficultés de mesure se posent : il peut s’agir de problèmes de disponibilité des données, mais aussi de définition de ce qu’est une année scolaire réussie, surtout lorsqu’on arrive à des niveaux de scolarité où la variété des orientations possibles, et donc des modes de sortie est grande ; ainsi en fin de troisième il y a deux modes de sortie « réussie » : le passage en seconde ou l’obtention du brevet des collèges, mais un grand nombre d’élèves réussissent simultanément dans deux voies.

Mais on ne dispose en général pas d’un indicateur simple et unique de flux pour chacun des niveaux d’enseignement de la nomenclature d’enseignement; on est ainsi amené à combiner plusieurs indicateurs élémentaires pour construire un indicateur synthétique de chaque poste ; il s’agit généralement d’informations sur les diplômes obtenus et sur des flux d’accès dans certaines classes, avec parfois un lissage sur plusieurs années. Ainsi la définition précise des indicateurs reste souvent assez conventionnelle

La méthode par les flux donne des résultats un peu plus élevés que celle par les effectifs, de l’ordre de 0,2 point en moyenne, mais les différences se concentrent sur quelques années, en début de période, et en 1998.

Évolution des indicateurs de flux par type d’enseignement et résultat des calculs

 

En conclusion, la prise en compte de l’effet qualité, par la méthode basée sur les flux, permet d’introduire un correctif à l’évolution défavorable des effectifs de l’éducation, mais ces effets paraissent toutefois  limités : 0,2 à 0,3 % selon les années (mais ceci ne représente qu’environ 0,01% du PIB). Cette méthode présente cependant des inconvénients : elle n’est pas dépourvue d’un certain arbitraire,  notamment dans le choix des indicateurs utilisés ; en outre elle ne peut pas s’appliquer pour toutes les  activités d’éducation. En fait elle ne convient bien que pour les classes où les élèves suivent dans leur  grande majorité un cursus linéaire ; dès que les débouchés et les bifurcations possibles sont  nombreuses, on se heurte à la difficulté de définir un indicateur de réussite de l’année scolaire qui  prenne en considération, et sans double compte, toutes les issues possibles: c’est le cas dans le second cycle du secondaire (notamment professionnel), et plus encore dans le supérieur.  La méthode par les flux suppose de plus le traitement d’un grand nombre d’informations, et peut  s’avérer difficile à mettre en œuvre chaque année. A défaut de pouvoir mener un tel calcul, on pouvait considérer que les estimations de l’écart avec la méthode par les effectifs qu’on a obtenues  sur la période 1991-2001 constituent un trend et que l’on peut en tirer un terme correcteur qu’on peut  prolonger les années suivantes.

 

En base 2014, les choses n’ont guère changé. Les effectifs par niveau d’enseignement et par filière, publiés par le ministère de l’Éducation, ont été retenus comme indicateurs de volume.

Les effectifs par niveau d’enseignement et filière sont pondérés par les coûts moyens (coût de l’heure d’enseignement selon le niveau et la filière). L’évolution du coût total entre deux périodes successives se décompose comme le produit d’un indice de l’évolution de la quantité (assimilé à un indice de volume) par un indice de l’évolution des coûts de production (à volume fixé).

Cependant, ces indicateurs ne donnent pas d’information sur la qualité de l’enseignement reçu.

Le manuel d’Eurostat recommande d’utiliser un volume d’heures d’éducation par type d’enseignement. Pour de nombreux pays toutefois, la durée moyenne par étudiant est une durée théorique et non réelle. Un travail d’harmonisation sur ce sujet est sans aucun doute nécessaire, sans lequel les comparaisons internationales, au sein de l’Union européenne elle même, risquent d’être biaisées.

 

 

 

4/ Comparaisons internationales

Sur la période 2000-2021, le prix relatif de la production de l’éducation augmente assez fortement en France (20,9%) mais moins qu’en Allemagne (+37%) et dans d’autres pays comme la Belgique et les Pays-Bas. Mais les évolutions sont plus faibles au Danemark (stabilité) et surtout en Grèce (diminution). En fait cette croissance relative en France se situe durant la période 2000-2010 (+16,2% en 2010) comme si la prise en compte de l’effet-qualité s’améliorait ?

On peut quand même s’interroger sur une croissance forte du prix relatif des services d’éducation en France, fondé sur la méthode « output », où le volume évolue comme le nombre d ‘heures élèves qui lui évolue très faiblement, voire diminue.

On constate la même évolution du prix relatif de la VA en France et dans l’UE en 2020 base 100 en 2000 : autour de + 27,5%

Évolution des prix de production de l’éducation base 100 en 2000 en %

Évolution des prix relatifs (à l’ensemble) de production de l’éducation base 100 en 2000 en %
Évolution des prix relatifs (à l’ensemble) de la valeur ajoutée de l’éducation base 100 en 2000 en %

 

 

 

 

 

X – LE RETOUR DE L’INFLATION

On étudie l’inflation dans le monde dans la page Reprise économique fragile. En moyenne sur l’année 2022, les prix à la consommation ont augmenté de 5,2 % (graphique suivant) Mais les moyennes cachent presque toujours des situations très hétérogènes [10]  : les prix de l’énergie ont progressé de 23 % par rapport à 2021, et ceux de l’alimentation de 7 %. Cette flambée des prix commence à la fin des confinements.

 Évolutions annuelles des prix à la consommation de 1950 à 2022 en moyenne annuelle en %

Les déséquilibres sont apparus lors de la réouverture des économies : la demande a rebondi dans les pays occidentaux du fait d’un phénomène de désépargne en 2021, tandis que la production restait parfois grippée, notamment en Asie. La demande de biens a été notoirement forte aux États-Unis, où le soutien aux ménages a été massif, plus encore qu’en Europe. Les cours mondiaux de l’énergie et des matières premières, industrielles comme alimentaires, ont alors fortement grimpé, de même que les prix du fret maritime.

Puis, début 2022, la guerre en Ukraine a accentué les tensions, en particulier sur les denrées alimentaires et le gaz, surtout en Europe. Du point de vue de la France et même de l’Europe, la poussée de prix a donc à l’origine des causes extérieures (certes elles-mêmes reflétant nos ‘dépendances’). Mais la base de l’inflation s’est élargie au cours de l’année 2022…

 

 

 

1/ Les évolutions des prix

Sur longue période, parmi les composantes de l’indice des prix à la consommation en France, les prix de l’énergie sont tout à la fois les plus volatils et les plus dynamiques (graphique suivant). À cet égard, la période récente ne fait bien sûr pas exception. Mais elle se distingue par l’ampleur de l’envolée des prix et par le fait que l’électricité et le gaz y ont nettement contribué aux côtés de ceux des produits pétroliers (voir page Comptes de l’énergie).

Prix à la consommation base 100 en janvier 1990

 

De la mi-2021 à la mi-2022, l’énergie, dont le poids dans le panier de consommation ne dépasse pourtant pas 9 %, a été ainsi le premier poste à contribuer à l’inflation d’ensemble en France. Puis, à partir de l’été 2022, c’est l’alimentation (un peu plus de 16 % du panier) qui a pris le relais (graphique suivant) : la forte poussée des cours mondiaux des matières premières alimentaires s’est en partie répercutée dans les prix à la consommation, avec quelques trimestres de décalage.

Glissement annuel de l’indice des prix à la consommation en France(en %, contributions en points)

 

 

 

 

2/ Les prix des biens augmentent plus que ceux des services

Davantage exposés aux contraintes d’offre et notamment d’approvisionnement, les prix des biens manufacturés ont par ailleurs augmenté plus rapidement que ceux des services au cours de la période récente contrairement aux évolutions sur les dernières décennies où les prix des services ont toujours augmenté plus que ceux des biens manufacturés. Depuis longtemps, les produits manufacturés faisaient baisser l’IPC en contribuant de manière négative car ces derniers sont d’ordinaire contenus par les gains de productivité et le commerce mondial. Mais depuis fin 2021 ceci n’est plus vrai, les prix des produits manufacturés sont en augmentation. Ils contribuent maintenant à près de 1% de l’IPC.

La hausse, inédite depuis les années 1980, du prix à la production des biens industriels traduit clairement que les hausses de coûts importés des intrants (gaz, matériaux,…) se sont diffusées vers les prix de la plupart des biens de consommation. En parallèle, les salaires nominaux ont aussi accéléré progressivement, le SMIC étantindexé sur l’inflation. Pour autant, le salaire moyen exprimé en termes réels (après prise en compte de l’inflation) a baissé en 2022 : la spirale prix-salaires et là, mais on ne voit pas d’emballement. Et le net durcissement des politiques monétaires (hausse des taux d’intérêt de la BCE) vise bien à se prémunir du risque d’une dérive trop marquée des anticipations de prix.

Au total, la poussée inflationniste récente est frappante. Il y a eu conjonction de tensions sur les conditions de production, alors que la demande restait soutenue. L’inflation a été plus élevée en 2021-2022 que ce qui avait été prédit, et moins éphémère. Il y a bien eu transmission des chocs de/sur les coûts aux prix de vente, et l’on n’est bien loin encore au bout de ce processus. Est on entré dans une dynamique auto-entretenue, du type de celle des années 1970 ?

Le risque d’une telle dynamique ne peut être exclu, ce qui explique la réaction vigoureuse des banques centrales. Au cours des prochains mois – sauf nouvelle surprise – deux effets devraient se juxtaposer : d’un côté, la poursuite de la propagation des chocs passés, de l’autre, les facteurs de modération comme la normalisation observée depuis quelques mois sur les approvisionnements mondiaux.

L’alimentation baisse de -0.3% sur un mois, elle a augmenté de 9.6% sur un an. Elle contribue à 1/3 de l’inflation globale. Cette phase haussière ne semble pas encore devoir se terminer, les matières premières sont en baisse depuis maintenant plusieurs mois mais ceci n’est pas encore pris en compte dans l’élaboration des prix des fournisseurs et des distributeurs.

Les Services baissent de -1.6% sur un mois, sur 12 mois ils ont augmentés de 2.8%. Les services contribuent à 30% de l’inflation globale. Les augmentations salariales finnissent par se répercuter sur ce poste.

L’énergie augmente de 1.7% sur un mois, sur 12 mois elle a augmenté de 11.5%. Elle contribue à 20% de l’inflation globale. Depuis début août 2023, le pétrole est reparti à la hausse, il pourrait prochainement dépasser les 100$, induisant des augmentations sur l’énergie par contrecoup.

Évolutions des prix par grands postes en septembre 2023 en %

 

 

Le recul de l’inflation est assez faible en France en 2023 contrairement à certains pays comme l’Espagne ou la Belgique (graphique suivant) du fait de la fin du bouclier tarifaire sur l’énergie (hausse des prix de l’électricité de 10% en août 1923 par exemple) ou de la forte hausse du prix des carburants durant ce même été. En septembre 2023, les prix à la consommation augmentaient de 4,9 % sur un an soit à peine moins qu’en 2022 en moyenne annuelle. Alors que dans la zone euro, la hausse des prix a nettement plus reflué.

Glissement annuel de l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) en %

 

 

 

 

 

 

3/ l’évolution des causes de l’inflation

On peut tirer quelques enseignements de ces évolutions. Il se peut aussi que de nombreux facteurs contribuent à l’inflation dans le futur :

  • la transition écologique coûtera chère (voitures électriques, fin des passoires thermiques,…. ),
  • la « démondialisation », si elle a lieu,  entraînera une hausse des prix à la consommation car les produits importés à bas prix augmenteront moins qu’avant,
  • la crise du logement devrait entraîner une hausse des loyers,… .

 

 

a) Une inflation conjoncturelle déjà constatée avant le déclenchement de la guerre

Si la guerre en Ukraine a joué le rôle d’accélérateur de l’inflation, elle était déjà constatée dès fin 2021. En effet, le prix de l’énergie avait augmenté de 45% sur 2 ans en décembre 2021 pendant que le prix des denrées alimentaires avait augmenté de 40%.

Cette inflation semblait provenir d’effets purement conjoncturels. Tout d’abord une forte demande alimentée par de multiples plans de relance plus la désépargne des méanges. Parmi eux, on peut citer les deux plans américains : celui de fin 2020 qui a injecté 900 Milliards de dollars dans l’économie et celui de mars 2021 dont le montant a atteint les 1700 Milliards de dollars.

Ensuite, une faible offre. Elle provenait notamment des multiples dysfonctionnements des chaînes de valeur, des confinements, des accumulations de stocks en tant de crise (la Chine détenait 50% des réserves mondiales de blé en 2022).

La combinaison de tous ces éléments ont débouché sur une hausse générale du niveau des prix.

 

 

b) Une inflation structurelle révélée par la guerre

Toutefois, ce phénomène d’inflation persiste et semble s’installer sur le long terme pour devenir un phénomène structurel.

On observe en effet plusieurs nouveaux facteurs pour cette inflation renaissante. Tout d’abord, le ralentissement de la mondialisation, freinée par des tensions géopolitiques (avec la guerre en Ukraine notamment) en explique une grande partie. La mondialisation exerce de fait une pression à la baisse sur les prix. Toutefois, cette pression est de moins en moins forte, générant ainsi de l’inflation.

D’autre part, le réchauffement climatique et la transition écologique pourraient amener à faire augmenter le niveau général des prix sur une période assez longue.

Enfin, les tensions croissantes autour des demandes de hausse des salaires constituent elles aussi un accélérateur de l’inflation. L’indexation automatique de la hausse des salaires sur l’inflation pourrait être la source d’une boucle prix-salaire. Cette boucle alimente alors un cycle de forte inflation.

 

 

 

c) Un retour de la stagflation ?

En parallèle de cette inflation, la croissance mondiale ralentit de plus en plus.Les tentatives de relance par les États donnent des résultats moins importants que ce qui était escompté comme en France et en Allemagne  où le PIB ne progresse plus beaucoup. Sur l’ensemble de l’année, la croissance du PIB s’élèverait à 0,9 % en 2023 (selo la Banque de France). Ainsi, avec une inflation structurelle et un ralentissement de la croissance, l’économie mondiale plongerait dans une période de stagflation.

La stagflation décrit une situation dans laquelle l’économie souffre simultanément d’une forte inflation et d’une croissance faible, voire nulle. La stagflation est un phénomène rare. Stricto sensu, elle s’est produite seulement une fois, dans l’histoire économique récente, durant les années 1970, à la suite du premier choc pétrolier.

 

 

 

Michel Braibant


BIBLIOGRAPHIE

[1] note du partage volume prix en base 2014 de L. Aeberhardt et C. Bidault, Insee, 2018, Insee, https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/fichier/Tome_1_partage_volume_prix_base_2014_20181022.pdf, voir aussi Guide de l’utilisateur : Système canadien des comptes macroéconomiques, Chapitre 7 Mesures des prix et des volumes, https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/13-606-g/2016001/article/14622-fra.htm

[2] Manuel de la mesure des prix et des volumes dans les comptes nationaux, https://ec.europa.eu/eurostat/documents/3859598/5827325/KS-41-01-543-FR.PDF/29b8bda6-d9a2-4648-990e-40a2c8b65b82

[3] A. Bourgeois, Les services gratuits issus de l’économie numérique : faut-il, et comment, les valoriser ? https://www.insee.fr/fr/statistiques/4770254, voir aussi : L’économie numérique fausse-t-elle le partage volume-prix du PIB? L’expérience française, Insee https://www.insee.fr/fr/statistiques/4770134?sommaire=4770254

[4] J. Cremeans Consumer Services Provided by Business through Advertising‑Supported Media in the United States. Review of Income and Wealth, 26, 151–174 https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1475-4991.1980.tb00151.x

[5] A. Vanoli, une histoire de la comptabilité nationale, https://www.editionsladecouverte.fr/une_histoire_de_la_comptabilite_nationale-9782707137029,

[6] Eurostat-OECD Methodological Guide for Developing Producer Price Indices for services, OCDE, 2006, https://ec.europa.eu/eurostat/documents/3859598/6485893/KS-04-14-661-EN-N.pdf/f8f5d9d6-50c4-4fa1-9322-c9c00a6377fd

[7] https://www.fipeco.fr/fiche/La-valeur-ajout%C3%A9e-et-la-productivit%C3%A9-des-services-publics

[8] Le partage volume-prix à l’hôpital dans les Comptes nationaux de la santé, Malik Koubi, Annie Fenina, n° 118 – mars 2012, DREES, https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/serieetud118.pdf, voir aussi

[9] Santé, éducation, services administratifs :la difficile mesure des activités non marchandes en temps de crise sanitaire https://blog.insee.fr/sante-education-services-administratifs-la-difficile-mesure-des-activites-non-marchandes-en-temps-de-crise-sanitaire/

[10] https://blog.insee.fr/un-retour-sur-l-evolution-recente-de-l-inflation/

 

Tableau entrées-sorties mondial (T.E.S.)