Calcul du PIB dans plusieurs pays

Calcul du PIB dans plusieurs pays

 

Pour la mesure du produit intérieur brut (PIB) aux prix du marché, on peut adopter trois approches de base: selon l’optique de la production, selon l’optique des dépenses et selon l’optique des revenus. Ces trois approches différentes sont utilisées pour dresser les tableaux des ressources et des emplois et les comptes économiques intégrés comme suit:

a) selon l’optique de la production, le PIB aux prix du marché est égal à la production aux prix de base moins la consommation intermédiaire aux prix d’acquisition plus les impôts (moins les subventions) sur les produits;

b) selon l’optique des dépenses, le PIB aux prix du marché est égal à la somme des catégories d’emplois finals moins les importations: dépense de consommation finale + formation brute de capital + exportations – importations;

c) selon l’optique des revenus, le PIB aux prix du marché est égal à la somme des composantes suivantes: rémunération des salariés + consommation de capital fixe + autres impôts – subventions sur la production et excédent net d’exploitation/revenu mixte, + impôts – subventions sur les produits.

Selon le SEC 2010, pour obtenir la meilleure estimation du PIB, il est de bonne pratique d’introduire les éléments de ces trois approches dans un cadre ressources-emplois, ce qui permet de rapprocher les estimations de la valeur ajoutée et du revenu par branche d’activité et d’équilibrer l’offre et la demande de produits. Cette approche intégrée assure la cohérence entre les composantes du PIB et permet d’obtenir une meilleure estimation du niveau du PIB que dans le cas où l’on utilise une seule des trois approches. En déduisant la consommation de capital fixe du PIB, on obtient le produit intérieur net (PIN) aux prix du marché.

Le calcul du PIB de l’approche «revenus» n’est pas prioritaire dans plusieurs pays  sauf en France. C’est le cas de l’Allemagne ou de la Suède qui évaluent le PIB de « l’approche production » et le PIB de «l’approche demande » et arbitrent entre les deux, sans se soucier dans un premier temps du PIB de l’approche «revenus» qui serait peu fiable car l’excédent brut d’exploitation (EBE)/revenu mixte est mal connu. Ces deux approches permettent de calculer le PIB en volume : méthode de la « double déflation » pour l’approche « production », méthode du partage volume prix des équilibres-ressources-emplois (E.R.E) pour l’approche « demande ». Beaucoup de pays arbitrent simultanément le PIB en en valeur et en volume. C’est même justement parce que les approches « demande » et « production » permettent de calculer le PIB en volume (ce que ne fait pas l’approche « revenus »), que plusieurs pays privilégient ces 2 approches.

 

In measuring Gross domestic product (GDP) at market prices, three basic approaches can be adopted: the production approach, the expenditure approach and the income approach. These three different approaches are used in the compilation of the supply and use tables and the integrated economic accounts as follows:

(a) according to the production approach, GDP at market prices is equal to output at basic prices minus intermediate consumption at purchasers’ prices, plus taxes (less subsidies) on products;

(b) according to the expenditure approach, GDP at market prices is equal to the sum of final use categories minus imports: final consumption expenditure + gross capital formation + exports – imports;

(c) according to the income approach, GDP at market prices is equal to the sum of compensation of employees, consumption of fixed capital, other taxes less subsidies on production and net operating surplus/mixed income, plus taxes less subsidies on products.

According ESA 2010, in order to achieve the best estimate of GDP,it is good practice to feed the elements of these  three approaches into a supply and use framework. This enables value added and income estimates by industry to be reconciled, and supply and demand for products to be balanced. This integrated approach ensures consistency between the components of GDP, and a better estimate ofthe level of GDP than from only one  f the three approaches. By deducting consumption of fixed  capital from GDP, net domestic product at market prices (NDP) is obtained.

Calculation  of GDP from the ‘income’ approach is not a priority in several countries except France. This is the case in Germany and Sweden, which evaluate the GDP of the ‘production approach’ and the GDP of the ‘expenditure approach’ and balance between the two, without initially worrying about the GDP of the ‘income’ approach, which would be unreliable because the gross operating surplus (GOS)/mixed income is poorly known. These two approaches make it possible to calculate GDP in volume: the « double deflation » method for the « production » approach, the volume-price sharing method of the commodity flow methods for the « expenditure » approach. Many countries arbitrate GDP simultaneously in value and volume terms. It is precisely because the ‘exspenditure’ and ‘production’ approaches make it possible to calculate GDP in volume terms (which the ‘income’ approach does not) that several countries prefer these both approaches.

 

«Le PIB est un agrégat clé de la comptabilité nationale. Il prend en compte le résultat final de l’activité de production des unités productrices résidentes. Il a pour objectif de mesurer la richesse créée par tous les agents, privés et publics, sur un territoire national pendant une période donnée». Business Cool

« En 2023, le développement économique global de l’Allemagne a faibli dans un environnement qui continue d’être marqué par de multiples crises. Malgré la récente baisse des prix, les prix sont restés élevés à toutes les étapes du processus économique et ont freiné la croissance économique. Les conditions de financement défavorables dues à la hausse des taux d’intérêt et à la faiblesse de la demande intérieure et étrangère ont également eu des conséquences néfastes pour poursuivre sa reprise après la forte récession économique connue au cours de l’année pandémique de 2020».  Ruth Brand, présidente de l’INS Allemand, janvier 2024, 

 

 

Sommaire

I – L’ALLEMAGNE

II – LES PAYS-BAS

III – LA BELGIQUE

IV – LA SUÈDE

V – L’AUTRICHE

VI – LE DANEMARK

VII – L’ITALIE

VIII – LE ROYAUME-UNI

IX – LES ÉTATS-UNIS

X – LE CANADA

 

Introduction

° En se référant aux 3 approches du calcul du PIB, lcelui de l’approche «revenus» est à peine estimé dans certains pays, (voir PIB mondial pays). C’est le cas de l’Allemagne ou de la Suède qui évaluent le PIB de « l’approche production » et le PIB de «l’approche demande » et arbitrent entre les deux, sans se soucier dans un premier temps du PIB de l’approche «revenus» qui serait peu fiable car l’EBE (excédent brut d’exploitation)/revenu mixte est mal connu. Mais dans d’autres pays (Pays-Bas, Royaume-Uni-Autriche,..), le PIB de l’approche « revenus » est estimée de manière précise. Et puis il y a le cas unique de la France où le PIB de cette approche, estimé dans le TEE (tableau économique d’ensemble) sert de « cible » aux PIB des deux autres approches du TES (tableau-entrées-sorties).

 ° Ainsi une typologie pourrait se dessiner entre des pays où les deux approches « production » et « revenus » sont égales « ex ante » , du fait de l’articulation entre le TRE (tableau-ressources-emplois) et les CEI (comptes économiques intégrés), moyennant un tableau de liaison (exemple suivant), et ceux où elles ne le sont pas soit parce que ces deux approches sont établies à partir d’unités différentes  (unités de production homogène du TES en France et unités légales du TEE), soit parce que l’approche « revenu » est estimée par solde sur l’excédent brut d’exploitation (cas de nombreux pays).Bien entendu en France, l’approche « production » issue du TEE est égale à l’approche « revenu » du TEE. Mais l’approche « production » issu du TES ne l’est pas « ex ante ».

° Dans le premier groupe de pays, le PIB selon l’approche production issu du TRE (en colonne) est égal au PIB de l’approche revenu des comptes économiques intégrés (ligne total des secteurs institutionnels) soit 4277, somme des valeurs ajoutées des branches d’activités principales (secteurs d’activités) ou bien des secteurs institutionnels. Il y a aussi parfois la volonté de résoudre l’autre équilibre important de la comptabilité nationale, à savoir l’égalité du solde des comptes financiers et non-financiers (Danemark, Norvège).

Lien entre TRE et TEE (CEI) : exemple fictif des comptes nationaux de certains pays

 

 

 

1 –  Les questions

  • comment est calculé le PIB dans chaque pays ?
  • quelle approche est privilégiée ?
  • le calcul de l’approche « revenus » du PIB se fait-il de manière autonome à partir des revenus des agents ?
  • comment se font les arbitrages (sur quels agrégats et produits portent-ils) ?
  • quel est le rôle des TRE, (TES en France) et des ERE dans la calcul du PIB ?
  • quelle est l’unité de base des TRE ?
  • ces tableaux sont-ils faits au compte provisoire ou bien seulement pour un compte définitif, voire semi-définitif ?
  • l’arbitrage du PIB se fait-il seulement en valeur ou bien simultanément en valeur et en volume ?
  • le calcul du TES symétrique influence-t-il l’arbitrage du PIB ?
  • qu’appelle-t-on « valeur cible » et « valeur exogène » dans les différents pays ?

 

 

2 – Les méthodes de calcul du PIB  et les arbitrages varient selon les pays

  • L’équilibrage du PIB est spécifique à chaque les pays en terme d’approches et aboutit ainsi en base 2010 à des niveaux différents selon les pays, toutes choses égales par ailleurs.
  • En base 2010, il n’y aurait qu’en France que la cible du PIB serait celle de l’approche « revenu ». Mais les inventaires RNB du Royaume-Uni et de l’Irlande indiquent que le PIB « revenu » sert aussi de calage (voir ci -dessous)
  • La plupart des pays  trouvent un niveau moyen du PIB entre deux approches, en général « production » et « demande »
  • Ils commencent souvent par élaborer des comptes de production et d’exploitation par branche d’activité principale  (ou secteurs d’activité). Ils « basculent » ensuite vers l’élaboration des ERE par produits en lignePuis, par un mécanisme d’équilibrage, ils reviennent aux colonnes. Ces pays arbitrent en général le PIB entre les deux approches « production » et « demande ».
  • la France accorde la priorité à l’approche « revenu »du PIB alors qu’elle élabore un TES en branche « pure ». Mais une méthode estimant le PIB dans l’intervalle des PIB « demande » et « revenus », certes plus proche de ce dernier, ne serait-elle pas plus probante du fait de la fragilité des comptes des ISBLSM  (institutions sans but lucratif au service des ménages) et surtout des ménages ?
  • Le choix des pays a été fait en fonction de leur participation dans les rédactions des manuels input-output dEurostat de 2007 et de l’ONU de 2019. On parle de pays pilotes en matière de TES voire des autres tableaux de la comptabilité nationale. Or le Danemark est plus qu’un pays pilote non seulement sur ce plan rédactionnel mais surtout sur les pratiques comptables (TRE élaboré à un niveau le plus détaillé au monde, calcul du PIB selon les 3 approches de manière indépendante, pas d’arbitrage sur l’excédent brut d’exploitation calculé directement, pas d’ajustement statistique entre comptes financiers et non financiers, etc...). De plus c’est le seul pays à publier un tableau détaillé des arbitrages de la consommation finale des ménages et de la FBCF par produit. Ce tableau est essentiel car non seulement il indique quels grands agrégats et dans quelle proportion sont arbitrés mais aussi à l’intérieur d’un agrégat sur quel produit porte l’arbitrage ? Les pays  « pilotes »  sont ainsi la France, les États-Unis, le Canada, bref les pays anglo-saxons, qui calculent le PIB selon les 3 approches ou bien ceux les plus pointus en matière d’élaboration des TRE (Danemark, Autriche, Allemagne, Pays-Bas,..).
  • En revanche, la plupart des autres pays élaborent un TRE par secteur d’activité ou branche d’établissement. Et ils donnent autant d’importance au calcul du PIB selon l’approche « demande »que selon l’approche « production ».
  • Dans certains pays, le calage se fait au prorata soit au début de l’équilibrage (procédure automatique) soit à la fin par une méthode d’ajustement « RAS » sur des matrices (TEI, FBCF,..). En France, on arbitre les ERE de quelques produits, souvent les mêmes. Cette méthode peut être justifiée pour éviter de trop nombreux ajustements.
  • Les méthodes sont aussi différentes s’agissant des agrégats qui sont arbitrés en priorité: FBCF d’abord voire consommation finale des ménages (quelques services) et variations de stock en France; FBCF et variations de stock en Autriche; consommation finale des ménages et variations de stock en Allemagne; consommation finale des ménages et importations aux Pays Bas, CI en Suède, excédent brut d’exploitation dans de nombreux pays, etc,….
  • Ces méthodes le sont aussi s’agissant des ERE des produits arbitrés: arbitrage automatique dans plusieurs pays du Nord, arbitrage de certains ERE en France : construction (FBCF), logiciels et quelques produits de l’industrie (FBCF), voire les hôtels et restaurants (consommation finale des ménages), méthode d’autant plus discutable qu’on dispose parfois de nombreuses sources (construction).
  • La plupart des pays calculent le PIB d’un compte définitif, voire parfois semi-définitif, à partir du TRE.Ce  tableau est établi avec un décalage de deux ans par rapport aux premières estimations du PIB au compte provisoire. Quelques pays accordent toutefois une importance croissante aux comptes économiques intégrés. Mais comme les TRE sont établis par secteur d’activité, ces tableaux sont le point d’ancrage du calcul du PIB.

Quelle est l’approche dominante pour le calcul du PIB nominal dans les pays de l’UE et autres ?

 

 

 

 

 

3 – Des méthodes de travail différentes

° Les inventaires RNB des pays transmis à Eurostat sont faits à partir du même modèle. Les schémas ou tableaux des chapitres suivants sont issus de l’inventaire RNB correspondant. Les chapitres 1 et 6 des inventaires précisent les arbitrages du PIB. La question du passage des données source (ou statistiques de base) aux comptes nationaux (Passage aux comptes – PAC, ventes du commerce de détail en biens, etc…) est un point important à travers les « process tables ».

° La procédure d’équilibrage et de validation peut être souvent subdivisée en deux composantes (comme en Allemagne) :

(1) l’équilibrage macroéconomique

(2) L’équilibrage détaillé

° La procédure d’équilibrage macroéconomique suivante permet de vérifier les résultats des approches de la production et des dépenses et de les combiner dans un système macroéconomique. Cette procédure est exécutée séparément dans chaque calcul du PIB, en commençant par les premiers calculs trimestriels provisoires du PIB (t+30 jours après la fin du trimestre) et/ou le premier calcul annuel provisoire en janvier de l’année suivante, en passant par les calculs annuels réguliers plus approfondis (pour la première fois après t+18 mois) jusqu’aux révisions et rétropolations majeures des comptes nationaux qui sont effectuées à des intervalles de cinq ans. Au cours de ces cycles, des données statistiques supplémentaires et plus détaillées deviennent disponibles, ce qui améliore progressivement la précision des estimations des comptes nationaux.

° L’équilibrage détaillé est une autre approche qui implique l’intégration du PIB et du calcul des entrées-sorties. Sur la base des TRE, un rapprochement est effectué à un niveau détaillé de l’offre de produits (production intérieure et importations) et de l’utilisation des produits (demande finale et consommation intermédiaire). Si l’équilibrage détaillé révèle que les corrections nécessaires dans des groupes spécifiques de produits ou de branches d’activités ne peuvent être effectuées dans le cadre des sommes de données par colonnes et lignes, qui sont les résultats du macro-équilibrage précédent, ces résultats peuvent être modifiés lors d’un autre cycle de la procédure de macro-équilibrage. Grâce à l’accélération de la compilation des TRE, qui a eu lieu ces dernières années, il est désormais possible d’intégrer partiellement les comptes d’entrées-sorties dans les calculs annuels finaux du PIB. Néanmoins, il existe actuellement un décalage d’environ 2 à 3 ans pour cette intégration. Une intégration complète sans décalage n’est pas possible en raison de la situation des données et des calculs complexes impliqués dans le processus de compilation des entrées-sorties.

° On a le sentiment que l’approche de l’équilibrage a été plutôt stable au fil des ans en termes d’approches utilisées pour l’équilibrage et de dominance de l’approche de la production ou des dépenses dans un pays donné. Ceci étant dit, certains pays ont intensifié l’utilisation des tableaux des ressources et des emplois pour équilibrer le PIB, alors qu’auparavant ils utilisaient l’équilibrage macroéconomique au niveau des composantes du PIB, et non par produit.

° Certains pays font dès le début des ERE en ligne. Ainsi, l’Allemagne  établit des ERE à un niveau très détaillé de nomenclature,  construisant une matrice de production avec 64 secteurs d’activités et 2600 produits. On élabore des ERE aux prix de base (hors marges et hors impôts sur les produits) à ce niveau de nomenclature en soldant sur la CI. Pour de nombreux produits, par leur nature, il est ainsi possible d’identifier si ils sont utilisés comme consommation finale, comme FBCF,  ou comme CI et souvent même par quelles branches ils sont utilisés. Par exemple, les tracteurs sont des biens d’équipement qui sont utilisés par l’agriculture; le pétrole brut est consommé par le secteur du pétrole raffiné, etc… .

° D’autres pays comme le Danemark ou les Pays-Bas élaborent aussi les ERE de manière plus détaillée qu’en France même si ils commencent par calculer des comptes de production, ceux-ci étant considérés comme plus fiables. Aux Pays-Bas, la « priorité » est ainsi donnée au remplissage des colonnes (production, CI, rémunérations,…). L’approche « production » et l’approche « revenu » du PIB y sont cohérentes « ex ante » (voir ci-dessous).

° Autre spécificité des pays nordiques, les TES symétriques, au prix de base, sont faits juste après les TRE pour détecter les erreurs dans les TRE (voir page TES Symétrique).

 

 

 

4 – Un exemple fictif d’arbitrage du PIB dans les principaux pays

° Il s’agit certes d’un exemple fictif mais qui s’appuie sur les données des inventaires RNB (chapitre 1 et 6) des pays. Bien que ce soit un peu plus compliqué, le tableau suivant montre comment sont faits les arbitrages du PIB dans différents pays en supposant un même niveau de départ des données sauf en France où le PIB « spontané » de l’approche « revenu » (995) n’est pas égal à celui de l’approche « production » (990) et de l’approche « demande » (1010).  Les arbitrages ont été faits plus ou moins ainsi en base 2010. Les méthodes pourront ainsi évoluer dans les prochaines bases en accordant un peu plus d’importance aux comptes de secteurs institutionnels dans l’arbitrage du PIB. Mais en base 2010, c’est le TRE qui est le pivot du calcul et de l’arbitrage du PIB sauf en France.

° En France, on peut calculer le PIB de l’approche « production » à partir du TEE. Le calcul du PIB de l’approche « productions »  à partir du TES dérive alors directement de la précédente. Il suffit d’utiliser la décomposition de la valeur ajoutée provenant du compte d’exploitation. C’est le PIB de l’approche « demande » qui est arbitré même si il ne doit pas être strictement égal au PIB de l’approche « revenu ». Un ajustement d’équilibrage résiduel limité (2 dans l’exemple fictif ci dessous) est appliqué aux approches « production » et  « revenu » afin d’assurer la stricte égalité du PIB de ces trois approches. Cet ajustement d’équilibre est suffisamment faible (0,015 % du PIB français) pour que l’on puisse considérer que le PIB est déterminé par l’approche »revenu ».

° En Autriche ou aux Pays Bas, il y égalité parfaite entre PIB de l’approche « revenu » et le PIB de l’approche « production » dès le début (« ex ante »).

 

.

 

° La production et la FBCF n’ont quasiment pas été modifiées (arbitrées) dans plusieurs pays. En Autriche comme en France, la FBCF a été toutefois arbitrée, dans une moindre mesure en Norvège (arbitrage important sur les stocks) et au Danemark. En Suède, seule la CI est arbitrée dans l’approche « production ». Au Canada, on ajuste le PIB entre les deux approches « revenu » et « demande ». Aux Pays-Bas et en Autriche, les exportations et importations ont été arbitrées en base  2010. Aux États-Unis, l’ajustement  du PIB de l’approche « revenu » se fait sur le PIB de l’approche « demande » qui est la cible.

° Les pratiques varient ainsi selon les pays quant à la manière d’arbitrer tel ou tel agrégat. Dans le tableau suivant les approches production et revenu sont cohérentes pour simplifier alors qu’elles ne le sont pas toujours dans plusieurs pays.

 

Arbitrages (en jaune) du PIB entre les approches, en simplifiant, en base 2010

 

 

 

 

5 – Dans la plupart des pays, un arbitrage du PIB entre les approches « production » et « demande »

° La méthode des manuels input-output d’Eurostat de 2008 et de l’ONU de 2018 expliquée dans la page Le Tableau ressources-emplois reprend en partie la méthode danoise. On se limite ici aux montants d’ajustements d’équilibrage. L’équilibre entre le PIB du côté de la production, PIB(P), et le PIB du côté des dépenses, PIB(E), s’inscrit dans le cadre intégré du TRE. Une fois que les totaux cibles initiaux sont connus et que l’équilibrage a eut lieu, on peut en principe distinguer les ajustements purs d’équilibrage du PIB (« balancing adjustements »). Toutefois, il est nécessaire de faire la différence entre les étapes de l’élaboration du TRE afin de délimiter ce qui relève uniquement des purs ajustements d’équilibrage du PIB. Cela s’explique par le fait que l’élaboration du TRE  est un processus en nombreuses étapes, et il est parfois nécessaire d’apporter des corrections qui se rapportent aux étapes pendant la procédure d’équilibrage si des erreurs sont détectées à ce stade.

° Le tableau suivant est un outil qui vise à distinguer les différents éléments de l’élaboration du TRE du processus d’équilibrage lui même. En particulier, lors de l’élaboration du TRE, tous les ajustements doivent être attribués à une catégorie appropriée. Cela implique que toute erreur trouvée dans les données sous-jacentes au cours du processus d’équilibrage manuel doivent être affectées à la validation des données et non à l’ajustement d’équilibrage du PIB. Par conséquent, les ajustements d’équilibrage dans le tableau des processus montrent en principe un équilibrage pur,  c’est-à-dire les différences pures entre le PIB(P) et le PIB(E).

Le tableau du processus montre que l’équilibrage représente -0,5% du PIB(P) et +0,9% du PIB(E) en 2012.

 

 

 

 

 

6 – Le calcul du PIB dans les pays anglo-saxons

° Ces pays ont des méthodes différentes des principaux pays de l’UE sauf la France dont on a vu qu’elle privilégie l’approche revenu. La première différence concerne seulement la manière de rapprocher les trois approches annuelles du PIB :

  • États-Unis, Canada, Irlande : les trois approches sont construites indépendamment et un écart statistique est affiché pour expliquer les différences.
  • Royaume-Uni : les comptes annuels font l’objet d’un processus d’équilibrage pour parvenir à une estimation cohérente du PIB ; cela peut entraîner des ajustements statistiques, mais les bénéfices ne deviennent pas un simple résidu.
  • En Auestralie, l’Australian Bureau of Statistics (ABS) dispose de sources. Les déclarations fiscales des entreprises, les comptes financiers audités, les enquêtes annuelles sur les entreprises et d’autres données administratives sont alors disponibles.
    • L’approche par la production est généralement considérée comme la plus robuste, car elle s’appuie sur des données détaillées par branche.
    • L’approche par les revenus est également de très haute qualité, car les bénéfices des entreprises sont largement observés à partir des comptes et des données fiscales.
    • L’approche par les dépenses est aussi estimée indépendamment, mais certaines composantes (comme les variations de stocks) restent plus difficiles à mesurer.

° Second point, aucun des quatre pays ne privilégie l’approche par les revenus. Mais dans les cinq pays, les bénéfices (excédent brut d’exploitation) des entreprises ne sont pas calculés par solde. Ils sont estimés comme une composante des comptes de revenus, puis les comptes nationaux sont réconciliés entre les différentes approches. En Australie l‘EBE  est construit à partir des comptes des sociétés, des déclarations fiscales,des enquêtes annuelles auprès des entreprises. Ainsi, il n’est pas un simple « poste résiduel ». Il est d’abord estimé à partir de données propres, puis peut être légèrement ajusté lors du processus d’équilibrage annuel puis ajusté pour satisfaire aux concepts des comptes nationaux.

° Enfin, au Royaume-Uni et en Irlande, le PIB annuel est principalement construit à partir de l’approche production, somme de la valeur ajoutée créée par les secteurs économiques (services, industrie, construction, agriculture). Les approches par les dépenses et les revenus servent à vérifier et équilibrer les comptes. En Australie, l’approche par la production est généralement considérée comme la plus robuste, car elle s’appuie sur des données détaillées par branche. Mais l’approche par les revenus est également de très haute qualité, car les bénéfices des entreprises sont largement observés à partir des comptes et des données fiscales.

° Aux États-Unis et au Canada : le PIB annuel est principalement présenté selon l’approche par les dépenses (consommation + investissement + dépenses publiques + exportations nettes). L’approche par les revenus est une estimation indépendante, rapprochée du PIB par une divergence statistique. Le BEA ‘(INS américain) publie aussi le GDI (gross domestic income – revenus) comme estimation indépendante, mais la référence médiatique est le GDP par les dépenses. Le CSO (INS irlandais) ne ne force pas non plus l’égalité en modifiant les bénéfices. Il publie un poste séparé représentant l’écart entre les approches.

° Trimestriellement, les INS (ONS, CSO, BEA, ABS, Statistics Canada)  utilisent un ensemble de sources et d’indicateurs plus récents, moins exhaustifs que les sources annuelles, ainsi qu’un éventail d’hypothèses (par exemple, au Royaume-Uni la consommation intermédiaire évolue en fonction de la production pour chaque trimestre, puis est réévaluée lorsque les estimations annuelles sont disponibles).  Là encore, ces estimations ne sont pas équilibrées. L’ONS ajuste l’approche par la production aux fluctuations trimestrielles à court terme. Les quatre pays se répartissent en deux groupes :

  • Royaume-Uni, Irlande et Australie : le PIB trimestriel est principalement fondé sur l’approche par la production. Les approches par les dépenses et les revenus servent ensuite à l’équilibrage des comptes.
  • États-Unis et Canada : le PIB trimestriel est principalement fondé sur l’approche par les dépenses. L’approche par les revenus est calculée indépendamment et rapprochée du PIB au moyen d’une divergence statistique explicite.

 

 

 

 

 

7 – Valeur et volume

° Plusieurs pays (Pays-Bas, Danemark, Norvège,..) équilibrent simultanément le PIB en valeur et en volume à tel point que cet aspect est essentiel dans les arbitrages. Autrement dit, les PIB en valeur et en volume sont arbitrés en parallèle. On ne dira jamais assez qu’un ERE doit être élaboré autant en volume qu’en valeur parce que beaucoup de données sont en volume (nombre de logements construits, immatriculations de voitures, production agricole, etc…). Or il est clair que le calcul du PIB calé sur l’approche « revenu », comme en France, ne permet pas vraiment d’utiliser cette méthode pourtant si utile quand on sait que de nombreuses sources statistiques portent sur des indicateurs de volume (logements construits, immatriculations de voitures, etc,..

° Il est nécessaire de disposer de valeurs à prix courants de l’année précédente afin de pouvoir calculer des indices. Pour chaque entrée dans le TRE, trois valeurs doivent être disponibles: une valeur pour l’année t aux prix de t-1, et une valeur à prix courants pour les années t-1 et t. Cet ensemble de données permet au comptable national de mener un double contrôle de la cohérence des données; même si les résultats à prix courants semblent plausibles, l’analyse des données de volume et de prix peut révéler de sérieux problèmes. Lorsque les prix changent rapidement, il est évident que l’analyse en termes de volume est la plus indiquée.

° Lorsque l’étape d’équilibrage est terminée, les utilisateurs ont à leur disposition un système de tableaux contenant des données cohérentes et détaillées sur les valeurs, les variations de volume et de prix des biens et des services. De plus, ce système inclut des informations détaillées sur les niveaux et les tendances des revenus primaires et sur la demande finale en termes nominaux et de volume. Les liens entre ces tableaux sont présentés dans le schéma suivant.

Le lien entre les tableaux des ressources et des emplois à prix courants et constants,

Source : Eurostat Manual of Supply, Use and Input-Output Tables, 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I – L’ALLEMAGNE

Dans le cadre du contrôle de l’exhaustivité des comptes nationaux, en vertu du règlement sur les statistiques structurelles des entreprises, un rapprochement complet des données du registre des entreprises avec les statistiques de la TVA et des services a été effectué pour la première fois pour l’année de déclaration 2000 [1] (les nombres entre crochet renvoient à la bibliographie en bas de page). Réalisée une fois dans le passé, la «réconciliation de l’emploi» a également permis d’intégrer indirectement les statistiques de l’emploi dans le processus d’élaboration des comptes nationaux; par la suite, cette intégration a été poussée un peu plus par le rapprochement des chiffres des comptes nationaux avec les données d’emploi contenues dans les statistiques démographiques. Bien que rien n’indiquait que le chiffre global du PIB était sous-estimé, cette étude a fourni des conclusions intéressantes en ce qui concerne les entreprises individuelles. Ces corrections ont été prises en compte dans la révision des comptes nationaux de 1999. Le lien entre les tendances de l’emploi et le PIB continue d’être observé, par exemple dans le cadre des contrôles internes réguliers de cohérence des comptes nationaux et des données sources du répertoire d’entreprises; les conclusions qui en découlent seront prises en compte dans les révisions futures.

 

 

 

1/ Procédure d’équilibrage du PIB

Le PIB est calculé en Allemagne de deux manières distinctes « approche production » et «  approche demande », Dans les deux approches, les calculs sont effectués de manière largement autonome et sont associés à un processus d’équilibrage macroéconomique. Il n’est pas vraiment possible de calculer le PIB d’une troisième manière du côté des comptes des secteurs institutionnels (approche « revenu ») en raison des grandes lacunes dans les informations sur les revenus des entreprises. Cependant, les résultats de l’approche ‘revenu’ sont utilisés pour valider le PIB, par exemple en calculant des indicateurs macro-économiques spécifiques.

L’équilibrage et la validation des calculs du PIB peuvent généralement être subdivisés en trois grands blocs:

(1) Équilibrage macroéconomique,

(2) Équilibrage détaillé,

(3) Assurance qualité pendant le processus.

Ces approches sont illustrées dans la figure ci-dessous. Un rapprochement partiel des composantes précédant l’équilibrage macroéconomique réel est inclus dans le processus de calcul. Les agrégats qui sont étroitement liés les uns aux autres font l’objet d’un contrôle de cohérence avant l’équilibrage du PIB. Quelques exemples sont :

  • le rapprochement du calcul de la FBCF sur les bâtiments et le génie civil avec la production du secteur d’activité de la construction,
  • la comparaison des données source du commerce de détail utilisées pour calculer la dépense de consommation finale des ménages avec les données source du commerce de détail utilisées pour calculer la production du secteur du commerce de détail dans l’approche « production ».

 

La procédure suivante d’équilibrage macroéconomique sert à vérifier les résultats du PIB calculé de manière largement indépendante dans les approches « production » et « demande » et à les combiner dans un système macroéconomique. Cette procédure est effectuée séparément dans chaque calcul du PIB, en commençant par les premiers calculs trimestriels provisoires du PIB (t + 45 jours après la fin du trimestre) et / ou le compte annuel provisoire qui commence en janvier de l’année suivante et se termine en août. Lors de la quatrième et la cinquième révision des comptes annuels pour l’année de référence (t), normalement effectuée en août de t + 2 et t + 3, toutes les statistiques de sources annuelles sont intégrées.

 

L’équilibrage détaillé (phase 2) est une autre approche qui implique l’intégration du PIB et du TRE. Un rapprochement est effectué sur un niveau détaillé des ressources en produits (production intérieure et importations) et de l’utilisation des produits (demande finale et consommation intermédiaire). Si l’équilibrage détaillé révèle que les corrections nécessaires dans des groupes spécifiques de produits ou de secteurs d’activité ne peuvent pas être effectuées dans les sommes de données par colonnes et lignes, qui sont les résultats du macro-équilibrage précédent, ces résultats peuvent être modifiés dans un autre cycle de procédure de macro-équilibrage. L’intégration complète de l’élaboration des TRE n’était auparavant possible que dans le cadre de révisions des comptes nationaux à des intervalles de plusieurs années, car les TRE n’étaient disponibles qu’avec un décalage important. Grâce à une élaboration accélérée des TRE, il est désormais possible de les intégrer partiellement  dans les calculs annuels finaux du PIB. Néanmoins pour cette intégration, il y a actuellement un décalage dans le temps d’environ 3 à 4 ans. Une intégration complète sans délai n’est pas possible en raison de l’indisponibilité des données et des calculs complexes impliqués dans le TRE.

En plus de ces deux approches d’équilibrage du PIB, il existe toute une gamme de mesures supplémentaires conçues pour fournir une meilleure qualité pour les calculs (phase 3),

L’équilibrage macroéconomique du PIB est une procédure systématique, itérative et en plusieurs étapes, au cours de laquelle des experts en analyse numérique issus de différents domaines établissent un résultat optimisé en tenant compte d’une série de contraintes, dans le cadre d’un processus interactif. Il ne s’agit donc pas d’un processus automatique ni d’une séquence prédéterminée d’étapes mathématiques. Le processus d’équilibrage se décompose en plusieurs étapes :

 

(1) Son point de départ est constitué des résultats des calculs effectués selon l’approche par la production et les dépenses (résultats annuels et trimestriels, aux prix courants et corrigés des variations de prix).

(2) Identification et vérification des écarts existants

(3) Analyse des résultats sur plusieurs années (séries chronologiques)

(4) Comparaison des résultats « nouveaux » et « anciens » (du calcul précédent)

(5) Comparaison des résultats provisoires et définitifs (des années précédentes)

(6) Première boucle de rétroaction/vérification des agrégats « faibles » et moins fiables

(7) Contrôle de la plausibilité des variations de stocks (après le premier cycle d’équilibrage)

(8) Contrôle de la plausibilité des déflateurs implicites (après le premier cycle d’équilibrage, pour le PIB, les agrégats de l’approche par les dépenses et de l’approche par la production)

(9) Boucle de rétroaction avec les résultats (provisoires) corrigés des variations saisonnières et calendaires

(10) Boucle de rétroaction avec les résultats de l’approche par les revenus (par exemple, excédent d’exploitation, part du travail dans le revenu national, taux d’épargne)

(11) Analyse d’autres indicateurs macroéconomiques (productivité, coûts unitaires du travail)

(12) Boucle de rétroaction avec les résultats des comptes sectoriels (en particulier la cohérence)

(13) Analyse des différences d’équilibrage dans le temps séries

(14) Ventilation des écarts d’équilibrage (valeurs publiées) principalement par des méthodes arithmétiques (avec vérifications de plausibilité ultérieures, notamment pour les séries chronologiques)

(15) Comparaison avec les résultats d’autres institutions externes

(16) Discussion et commentaires d’experts externes en comptabilité nationale. Des experts de la Deutsche Bundesbank sont notamment consultés pour les résultats corrigés des variations saisonnières et calendaires.

Le PIB final équilibré se situe dans l’intervalle entre les résultats calculés selon l’approche par la production et ceux calculés selon l’approche par les dépenses, tant en valeur absolue qu’en taux de variation. Dans le compte des dépenses, l’écriture d’équilibrage résultante est imputée aux seules variations des stocks. Dans l’approche par la production, elle est répartie proportionnellement aux secteurs économiques selon la nomenclature NACE, en fonction de leur valeur ajoutée brute. Ainsi, la structure économique demeure inchangée par l’équilibrage. La production reste inchangée (grâce à une meilleure base statistique) et l’écriture d’équilibrage est enregistrée dans la consommation intermédiaire. Dans cette procédure, certaines catégories comptables sont exclues du processus d’équilibrage (secteurs S.13 Administrations publiques et S.15 Établissements sans but lucratif, ainsi que l’agriculture), soit parce que les résultats correspondants sont considérés comme particulièrement robustes, soit parce qu’ils sont déjà traités dans d’autres sous-systèmes.

 

Les points de référence pour l’ajustement à la baisse des résultats calculés dans l’approche «demande» proviennent principalement de l‘analyse des asymétries du commerce extérieur. En remplaçant les données sur les importations allemandes par les exportations des pays partenaires, ce qui est l’idée de base de la procédure d’entrée dans le commerce intra-UE, toutes choses étant égales par ailleurs, le PIB serait plus faible, ce qui permettrait de se rapprocher de l’approche «production» du PIB. Cependant, comme la pratique courante dans les comptes nationaux est de s’en tenir aux résultats officiels des statistiques du commerce extérieur et des statistiques de la balance des paiements, l’ajustement d’équilibrage à la baisse est réparti sur d’autres agrégats de dépenses. D’abord, les variations des stocks sont prises en compte, car la base statistique de cet élément est considérée comme comparativement faible. La dépense de consommation finale des ménages est également incluse dans la procédure d’équilibrage, bien que dans une mesure comparativement moindre. Cependant, la dépense de consommation finale des administrations publiques est exclue de la procédure d’équilibrage (pour éviter d’affecter l’indicateur sensible de capacité de financement/ besoin de financement des APU) ainsi que la FBCF (ce qui est très différent de l’arbitrage français). Les comptables Allemands consacrent une soixantaine de page à l’estimation de la FBCF par produits dans l’inventaire RNB. Ils privilégient les 2 approches « production » et « demande » du calcul du PIB.

En décomposant les ajustements  par secteur d’activité dans l’approche « production », la structure initiale de la valeur ajoutée brute (par secteur d’activité) reste inchangée. C’est donc la valeur ajoutée brute des secteurs d’activité qui est ajustée. Ce faisant, la production reste normalement inchangée (en raison de la meilleure base statistique) et l’arbitrage se fait sur la CI. Comme déjà dit, quelques-uns des secteurs institutionnels sont exclus du processus d’équilibrage (par exemple les secteurs S.13 Administrations publiques, S.15 Institutions à but non lucratif, car les résultats respectifs sont considérés comme étant particulièrement robustes ou déjà en cours de traitement ailleurs dans d’autres sous-systèmes (comptes sectoriels). Un contrôle final de ces écritures d’équilibrage est effectué lors de la prochaine révision (un an plus tard), sur la base des TRE détaillés.

 

 

2/ Équilibrage détaillé dans les TRE

En Allemagne, en termes d’organisation et de ressources allouées, le calcul trimestriel et annuel du PIB selon les approches par la production et par la demande est effectué séparément de l’établissement des tableaux annuels des ressources et des emplois (TRE). En principe, les calculs par produit dans les TRE sont réalisés a posteriori. Les enseignements tirés de l’établissement de ces tableaux sont intégrés, avec un certain décalage, aux approches par la production et par les dépenses pour le calcul du PIB.

Par conséquent, pour élaborer les TRE, on part du calcul du PIB équilibré selon les deux approches « production  » et « demande » pour un compte d’une année N. Toutes les incohérences révélées dans les ERE par produits des TRE sont ensuite corrigées lors de la prochaine révision du PIB selon les deux approches. Il s’agit donc d’une intégration avec décalage dans le temps.

Le tableau des ressources et le tableau des emplois au prix de base sont actuellement calculés jusqu’à 2643  produits et 64 secteurs d’activité (schéma suivant). Le passage du tableau des emplois aux prix de base au tableau des emplois aux prix d’achat se fait via une ventilation par 85 groupes de produits et 64 secteurs d’activité, qui est également le niveau d’agrégation dans lequel les tableaux sont équilibrés et publiés au niveau national.

Pour le calcul d’un nouvel exercice comptable, les structures d’utilisation de l’exercice précédent (avant rapprochement) par 2 643 groupes de produits et 64 secteurs d’activité servent donc de point de départ. Les ajustements d’équilibrage non récurrents sont traités comme des problèmes statistiques particuliers, tandis que les ajustements récurrents ou similaires sur plusieurs années entraînent des révisions approfondies des structures de produits lors des grands examens. Ces conclusions peuvent ensuite être prises en compte dans d’autres parties des calculs des comptes nationaux et peuvent également avoir une incidence sur le produit intérieur brut.

 

 

Les étapes essentielles du calcul de la production par produits sont :

  • prendre en compte les différences entre les concepts des sources de données et les harmoniser pour les adapter aux données générales,
  • ajuster les données pour se conformer aux concepts du système de comptabilité nationale et les rapprocher des données de la comptabilité nationale – par exemple, réduire le chiffre d’affaires des échanges par la valeur des biens destinés à la revente ou faire le passage de l’évaluation aux prix du producteur à l’évaluation à prix de base,
  • passer des secteurs d’activité aux branches homogènes. L’unité statistique sous-jacente aux calculs susmentionnés est l’entreprise (au sens de la plus petite unité légale), qui est affectée à un secteur d’activité en fonction de son activité principale. Pour obtenir la production par branches homogènes de ces données, les activités secondaires doivent être identifiées et affectées aux branches qui les caractérisent.

Pour calculer l’offre de produits, il est nécessaire de faire la distinction entre l’offre intérieure et les importations. Le but du calcul est de se rapprocher de la nomenclature SH  des données douanières.

Le calcul de l’emploi de chaque produit est effectué ligne par ligne dans la ventilation détaillée (environ 2 600 produits). Les résultats sont ensuite agrégés pour présenter les ressources et les emplois dans un tableau de 64 secteurs d’activité et 85 groupes de produits.

Le rapprochement des lignes est généralement prioritaire sur le rapprochement des colonnes. Dans la plupart des cas, une analyse et des ajustements spécifiques sont effectués jusqu’à ce que la différence entre la CI en ligne résultant des CI des secteurs d’activité et la CI des ERE soit inférieure à 10% et inférieure à 1 milliard d’euros. Au delà, les différences restantes sont réparties à l’aide d’une procédure automatique.

Pour chaque année concernée, les fichiers Excel contenant les données avant et après l’équilibrage sont sauvegardés séparément. Lors du calcul d’une nouvelle année, les structures d’emploi de la dernière année (avant rapprochement) par 2600 groupes de produits et 64 industries sont utilisées comme point de départ. Les ajustements d’équilibrage non récurrents sont considérés comme des problèmes statistiques particuliers, tandis que des ajustements récurrents ou similaires sur plusieurs années conduisent à des révisions approfondies des structures des produits. Ces résultats peuvent alors également être pris en compte dans d’autres parties des calculs des comptes nationaux et peuvent également affecter le PIB.

 

 

 

 

 

 

II – LES PAYS-BAS

Aux Pays-Bas, l’ élaboration de TES symétrique «  branche d’activité principale » (« industry » en anglais) ou par secteur d’activité dans le cadre des données régulières des comptes nationaux remonte aux années 50 (voir page TES Symétrique). Au début des années quatre-vingt, il a été décidé de mettre en place un nouveau système d’équilibrage,  sur la base des TRE en prix courants et en volume [2]. Contrairement aux TES symétriques, les TRE permettent une utilisation optimale des sources disponibles. Les statistiques d’entreprises, celles du commerce extérieur et celles des investissements contiennent toutes des informations sur les produits.

L’introduction des TRE a amélioré la qualité des comptes nationaux, notamment en établissant un lien plus étroit entre les données macroéconomiques (TRE), les données d’entreprise et celles sur les prix.

Afin d’obtenir un chiffre unique du PIB pour les trois approches de calcul, une procédure d’équilibrage est nécessaire. Aux Pays-Bas, ce processus d’équilibrage s’effectue dans le cadre des TRE. Afin d’obtenir les meilleurs résultats, tant en termes de niveaux que de croissance, les TRE sont (sauf lors des révisions de référence) équilibrés simultanément aux prix courants et aux prix des années précédentes. Le niveau de détail des TRE néerlandais est largement suffisant pour répondre aux exigences des tableaux pertinents du programme de transmission du SEC 2010.

 

 

1/ L’arbitrage final du PIB

Les trois méthodes d’estimation du PIB (revenu, production, dépenses) sont simultanément appliquées dans le processus d’élaboration et d’équilibrage du TRE. Cependant, seuls deux des trois approches sont indépendantes. L’approche « production » et celle du « revenu » sont cohérentes par définition. Le TRE par branche d’établissement aboutit aux mêmes résultats que les comptes des secteurs institutionnels. Pour les producteurs marchands, les deux approches reposent sur la même source de données, le registre des entreprises. Néanmoins quand l’excédent brut d’exploitation / le revenu mixte est considéré comme non plausible, on ajuste la production, la CI ou certaines composantes de la valeur ajoutée afin d’obtenir des résultats plausibles.

Pour les producteurs non marchands, une approche fondée sur le « revenu » est suivie par convention car la production est égale à la somme des coûts avec un excédent net d’exploitation égal à zéro.

Il convient de préciser que l’approche par les revenus n’est pas utilisée pour déterminer le PIB, faute d’estimation indépendante de l’excédent brut d’exploitation. Des estimations indépendantes de la rémunération des salariés, des impôts moins les subventions et du revenu mixte sont réalisées à partir de données administratives et statistiques. Techniquement, l’approche par les revenus est automatiquement équilibrée avec l’approche par la production, puisque l’excédent d’exploitation est déterminé comme un élément d’équilibrage dans les unités de traitement des données.

Dans le processus d’équilibrage, aucune des autres approches « production » et « demande »  n’est donnée prédominante. Cependant, les données sur la production sont souvent considérées comme plus fiables que les données sur la CI et les dépenses finales. Il y a plusieurs raisons à cela, parmi lesquelles:

  • Alignés sur les données administratives de TVA. les chiffres d’affaires sont considérés comme plus fiables que d’autres données basées sur des échantillons.
  • La production des branches d’établissements se décompose selon un ensemble limité de produits, alors que les CI se composent d’un large éventail de produits. Il est donc plus facile d’obtenir des données détaillées sur la production via des enquêtes (qui ne nécessitent que quelques questions) que sur les CI (qui nécessitent de nombreuses questions). Les données détaillées sur les CI sont donc souvent dérivée de catégories de coûts plus génériques, comme le «coût de ventes» ou «coût des services» en utilisant des hypothèses et sont donc de moindre qualité.
  • En ce qui concerne la FBCF en bâtiments et logements, les données obtenues du secteur immobilier ne sont souvent pas exhaustives. Les données sur la production de la construction sont donc prioritaires.
  • Pour l’année de base 2010, les statistiques du commerce international des services étaient encore basées sur le manuel BPM5. Compte tenu des ajustements parfois substantiels par rapport au principe de transfert de propriété dans la définition du commerce extérieur, cela a créé des incertitudes importantes.

Tous ces arguments et d’autres impliquent essentiellement que les estimations de la production sont généralement jugées plus fiables que les données sur les dépenses. Cela ne signifie pas qu’aucun ajustement ne soit effectué sur la production. Simplement ils sont moins fréquents et de moindre importance. Dans le processus d’équilibrage, aucune des catégories de dépenses (CI et finale) est choisie en priorité. Mais la FBCF a été peu modifiée en 2010.

 

2/ Résultats du processus d’équilibrage

Au début du processus d’équilibrage au niveau macro, il y avait un excédent des emplois des biens et des services sur les ressources. Le surplus de demande était concentré dans les services et le bâtiment. Comme la production est généralement considérée comme plus fiable que la CI, les ajustements d’équilibrage sont effectués principalement du côté des emplois et de la CI. 

Il est impossible de présenter des chiffres exacts sur l’impact du processus d’équilibrage sur le PIB, car il est impossible de séparer les ajustements d’erreurs d’un véritable équilibrage. Une approche simple consiste à prendre les valeurs au début du processus d’équilibrage comme les données avant l’équilibrage et enregistrer tous les ajustements dans le processus. Cela conduit cependant à une surestimation des ajustements d’équilibrage. Il y a plusieurs raisons à cela:

  • Au cours du processus d’équilibrage, des sources de données nouvelles ou améliorées peuvent devenir disponibles. De nouvelles informations peuvent conduire à des ajustements des chiffres.
  • Pendant le processus d’équilibrage, des erreurs dans le traitement des données sources peuvent être détectées. Ces erreurs sont corrigées.
  • Pendant le processus d’équilibrage, des erreurs peuvent être trouvées dans les sources de données.

Enregistrer les corrections mentionnées ci-dessus comme des ajustements d’équilibrage revient à surestimer ces derniers.

En ce qui concerne les « process table », les deux premiers types de corrections mentionnées ne sont pas vraiment des ajustements d’équilibrage mais plutôt des données à enregistrer comme s’il n’y avait pas eu de nouvelles données  disponibles ou qu’aucune erreur n’a été commise. Sinon les « process table » afficheraient une incohérence dans le traitement de la source de données, associée à un équilibrage compensatoire.  Bien que cette description soit correcte lors de l’observation factuelle du processus étape par étape, cela ne sert pas  pour expliquer la relation entre les sources de données et les estimations finales.

En cas d’erreurs dans les sources de données, il est préférable de ne pas enregistrer ces corrections comme des ajustements. Elles doivent être ainsi enregistrées comme une validation des données afin de distinguer ce type de correction des ajustements d’équilibrage réels.

En conséquence, les ajustements d’équilibrage présentés dans les « process table » doivent contenir des éléments d’ajustement d’une autre rubrique.

Dans ces « process table », le facteur décisif pour l’enregistrement des ajustements est de savoir si  compte tenu de l’état des sources de données après équilibrage, on serait conduit (sans utiliser toute l’information provenant d’autres sources de données) à une estimation initiale différente des branches d’établissement ou des catégorie de dépenses. Si tel est le cas, l’ajustement est enregistré lors de la validation des données. Sinon il est enregistré dans les ajustements d’équilibrage.

Les résultats des tableaux suivants sont basés sur ce critère. Ceux-ci montrent les ajustements des approches «production» et «demande». Ils confirment ce qui vient d’être dit, à savoir que:

  • la production et la FBCF ont été peu arbitrées, (en proportion),
  • La CI a été arbitrée pour permettre de se rapprocher de l’approche « demande »,
  • La dépense de consommation finale des ménages a été peu arbitrée,
  • Celle des APU n’a pas été arbitrée,
  • les variations de stock ont été arbitrées,
  • les importations ont été arbitrées, en particulier celles des services,
  • Les exportations ont été fortement arbitrées bien plus que les importations,
  • l’arbitrage de la valeur ajoutée a concerné d’abord la construction, les services de l’information et de communication et dans une moindre mesure l’industrie. La VA de l’agriculture a été aussi arbitrée mais pas celle des services d’administration. Bref toutes les branches sauf cette dernière ont fait l’objet d’un arbitrage de leur VA.

 

L’impact des ajustements d’équilibrage pour l’année de référence 2021 sur la production, la consommation intermédiaire et la valeur ajoutée (approche par la production) est présenté ci-dessous. On trouve ensuite les ajustements sur l’approche demande puis sur l’approche revenu.

 

Ajustements d’équilibrage selon l’approche par la production, en millions d’euros

Ajustements d’équilibrage selon l’approche par les dépenses, en millions d’euros, 2021

Ajustements d’équilibrage selon l’approche par les revenus, en millions d’euros, 2021

 

 

 

 

 

3/ Sources et unités

Les données sources pour les estimations TRE sont principalement ce que l’on appelle les «statistiques institutionnelles» telles que les données sur la production et la CI de biens et services. Elles sont strictement liées aux unités d’observation telles que définies dans le registre statistique des entreprises (SBR).

Les unités d’observation sont des unités d’activité économique (KAU) ou aussi proches que possible de l’établissement. Les grandes entreprises sont divisées en KAU. Cela implique que  du point de vue de la production, les unités d’observation soient aussi homogènes que possible. Cependant, il existe encore un nombre considérable de productions secondaires à côté de la production de l’activité principale, comme le montrent les chiffres «hors diagonale» dans la matrice de production (« make matrix »).

Les classifications par branche d’établissement et des produits actuellement appliquées dans les TRE néerlandais sont un compromis entre détail et vue d’ensemble. En base 2020, le découpage du TRE néerlandais pour l’estimation annuelle finale s’élève à 634 lignes (602 produits et 32 composantes de la valeur ajoutée)  et 209 colonnes (143 branches d’activité, 34 catégories de dépenses, 26 types d’impôts et de subventions sur les produits et 6 types de marges commerciales et de transport).

Le nombre de produits est basé sur les critères suivants:

  • un lien avec les classifications internationales des produits (HN pour les données du commerce international et CPA pour la diffusion européenne des données);
  • l’homogénéité des taux de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes et subventions sur les produits;
  • disponibilité de données suffisamment fiables;
  • «magnitude» suffisante;
  • l’homogénéité des variations de prix;
  • l’homogénéité d’un emploi particulier (consommation intermédiaire ou dépense finale).

L’Union européenne est un utilisateur important des comptes nationaux. Les données doivent être transmises conformément au programme de transmission basé sur les classifications normalisées de l’Union européenne. En outre, les données comptables sont utilisées pour déterminer les contributions des États membres aux ressources propres de l’Union européenne. Cela explique par exemple la pertinence de produits assez détaillés par rapport à la TVA.

Le besoin de données de bonne qualité et de détails suffisants sur les produits va de soi. Cependant, la question des besoins et des exigences en matière de données est en fait plus «subtile». Comme dans la plupart des pays, le niveau de détail des sources de données varie lorsque l’on examine les diverses composantes des ressources et des emplois. Par exemple, les informations sur la production et le commerce extérieur dans les biens sont disponibles à un niveau de détail beaucoup plus élevé que la plupart des données sur les emplois. Les «autres coûts» dans les comptes de résultats et les enquêtes d’entreprise sont un autre exemple typique de niveau de détail insuffisant pour estimer la ventilation de la CI par produit requise dans le TRE (où on ne dispose pas d’informations à un niveau détaillé). Or un niveau de détail plus élevé dans le TRE est nécessaire pour faciliter le processus d’équilibrage afin d’obtenir des estimations du PIB de haute qualité.

Le nombre total de branches d’établissement est basé sur les critères suivants:

  • lien vers les classifications internationales (NACE.rev.2);
  • une structure homogène de production et d’input ;
  • disponibilité de données suffisamment fiables;

 

 

 

4/Les procédures de travail

Les procédures de travail pour l’établissement des TRE peuvent être résumées chronologiquement dans un processus colonne – ligne – colonne. Les estimations sont approuvées lors d’un contrôle final au cours duquel les résultats sont discutés dans une réunion d’experts.

 

a) étape A : Colonnes; contribution des spécialistes

Les données statistiques sources sont rendues complètes et cohérentes avec le niveau de détail requis dans le TRE. Ce travail est effectué par des experts dans des domaines spécifiques (dans le département des comptes nationaux  connus sous le nom de Responsables de branche et des dépenses). Chaque spécialiste est responsable des estimations d’un groupe particulier de branches d’établissement ou d’un ensemble  spécifique de dépenses finales. Il doit faire des ajustements afin que les estimations soient conformes aux définitions des comptes nationaux et ajouter des estimations sur l’exhaustivité. Ces spécialistes sont également responsables  d’estimations supplémentaires des dépenses dans les cas où les statistiques sources ne sont pas disponibles aux niveaux de détail requis. Un exemple en est la ventilation des éléments tels que «Autres produits» et «Autres coûts» dans les enquêtes auprès des entreprises.

La principale source d’estimation de la production de l’industrie, de l’énergie, de la construction, du commerce et des transports, des services aux entreprises et une partie des services à la personne sont des statistiques annuelles sur les entreprises (voir ci dessus). En combinaison avec les statistiques Prodcom (données sur la production de produits manufacturés réalisée par les entreprises sur le territoire national des pays déclarants), des informations détaillées sur les produits, le chiffre d’affaires peut être estimé pour l’industrie. Le niveau de détail de la CI varie considérablement d’un secteur d’activité à l’autre, l’industrie manufacturière étant couverte avec plus de détail que la plupart des autres secteurs.

Les parties de l’économie non couvertes par les statistiques annuelles sont estimées par d’autres sources et méthodes (par exemple basées sur des données sur l’emploi et la rémunération des employés ou les informations des associations professionnelles). Les estimations pour l’agriculture sont basées sur les données de quantité et de prix. Du fait de la politique agricole, les quantités et les prix sont disponibles de manière très détaillée.  Les importations et exportations de biens doivent être établies en prenant en compte le changement de propriétaire comme critère conforme au SEC 2010. Ceci implique que des estimations alternatives sont nécessaires, par exemple pour les marchandises expédiées à l’étranger pour transformation (à exclure), le commerce (à inclure) et la production à l’étranger (à inclure). Les données internationales  sur le commerce des services doivent être alignées sur les données sur le commerce des marchandises.

Les données sur la FBCF peuvent être tirées d’une enquête ad hoc. La délimitation avec la CI est un point d’attention lors de l’élaboration du TRE. Les estimations des variations des stocks sont tirées des enquêtes d’entreprises.

Les enquêtes sur le budget des ménages et les statistiques du commerce de détail sont des sources importantes pour les estimations de la consommation finale des ménages.

Le TRE étant équilibré simultanément en prix courants et en volume, la production, la CI et les dépenses finales doivent être déflatés séparément en appliquant les prix à la production pour la production et l’exportation (PPI), les indices des prix à la consommation  (IPC) et les indices des prix des services. Dans un certain nombre de cas où les indices de prix ne sont pas disponibles, des indicateurs de volume sont utilisés par exemple pour le SIFIM, la santé et l’éducation.

Cette première étape (A) conduit à des estimations conformes au SEC 2010 pour toutes les colonnes du TRE au niveau de produit requis. À la fin de ce «processus de colonne», les données sont transférées vers le système d’équilibrage.

 

 

b) étape 2 ; Lignes; processus d’équilibrage

Au début du processus d’équilibrage, le système d’équilibrage contient un produit complet et une branche d’établissement au niveau de description de l’année à estimer à la fois en prix de l’année en cours et en prix de l’année précédente.

L’ensemble de données comprend également des estimations de prix courants équilibrés de l’année précédente. La production totale est égale au total des inputs avec l’excédent brut d’exploitation calculé comme élément résiduel. Dans cette étape, le processus d’équilibrage implique donc l’équilibrage des lignes (produits) des TRE simultanément en prix courants et en volume. L’équilibrage est fait en partie manuellement et en partie automatiquement par une «machine d’équilibrage». La première étape du processus consiste à déterminer quels produits doivent être équilibrés manuellement?  Ces produits sont attribués à une personne, qui a la seule autorité (en dehors des responsables de processus d’équilibrage) pour modifier les données relatives à ces groupes de produits. Les principaux critères d’équilibrage manuel d’un produit sont :

  • « Grand écart » relatif entre la demande et l’offre en prix courants ou constants,
  • « Grand écart » absolu entre la demande et l’offre soit en courant soit en prix constant,
  • « Grandes différences » d’indices de prix entre l’offre et la demande,

Le fait qu’une différence soit considérée comme «importante» dépend du type de produit, de la qualité des sources et du nombre de branches d’établissement productrices et consommatrices et des catégories de dépenses. Par exemple l’offre et la demande de produits manufacturés sont beaucoup plus volatiles que l’offre et la demande des services. Pour eux, un écart est donc envisagé plus «grand» que pour les produits manufacturés. Les ensembles de produits peuvent être équilibrés automatiquement plus facilement que les produits uniques à l’intérieur de ces ensembles.

Ensuite, les produits sélectionnés sont équilibrés manuellement. Les écarts entre les estimations des ressources et des emplois des produits sont résolus en ajustant des éléments dans le TRE.

Si un ajustement est effectué en valeur, les conséquences pour les volumes et les indices de volume et de prix sont examinées (schéma suivant). Une procédure similaire a lieu en cas d’ajustement des estimations de volume. Cela permet de juger de la plausibilité des ajustements proposés (voir schéma page Tableau ressources emplois).

L’équilibrage simultané des données en valeur et volume permet d’analyser les conséquences des ajustements sur l’excédent d’exploitation et les indices  de volume de la production par rapport à la CI et la valeur ajoutée à la fois; il en va de même pour les ajustements sur la demande finale. Si, selon les Responsables de branche et des dépenses, des ajustements sur la valeur ajoutée ou sur la demande finale, en valeur ou en volume donnent des résultats invraisemblables, il faut trouver des solutions alternatives à l’écart. L’équilibrage des prix ​​courant et constant simultanés peut entraîner des ajustements d’équilibrage différents et donc des estimations différentes du PIB par rapport à celles résultant de l’équilibrage d’un TRE uniquement à prix courant.

Les produits qui sont équilibrés manuellement ne doivent pas nécessairement être équilibrés complètement. Les erreurs et les gros problèmes doivent être résolus, jusqu’à ce qu’il reste un écart mineur qui peut être résolu à l’aide de l’équilibrage automatique. Par exemple, lorsqu’un changement de prix exceptionnel est rencontré pour un emploi spécifique (CI ou dépense finale) il suffit souvent de résoudre seulement ce problème. Les incohérences restantes dans les prix courants et constants peuvent être résolues automatiquement.

Pour l’estimation annuelle finale, en général, environ un tiers des ERE par produits est (partiellement) équilibré manuellement. Les deux autres tiers et les différences restantes sont résolus automatiquement avec la « machine d’équilibrage ».

La procédure automatique d’équilibrage des lignes du TRE comprend:

  • Un poids par variable : les poids sont basés sur la qualité des sources de données utilisées et déterminent dans quelle mesure chaque variable peut être modifiée par rapport aux autres. Il est également possible de rendre une variable «exogène», c’est-à-dire qu’elle ne peut pas être modifiée dans le processus d’équilibrage
  • La méthode d’équilibrage garantit les contraintes générales comme l’offre égalant la demande pour chaque produit, ou la production d’une branche égalant la CI plus la valeur ajoutée. Un autre exemple est de savoir si la variable peut avoir une valeur négative (ou positive). Ces types de contraintes doivent être suivies exactement et sont appelées « contraintes dures ».
  • Contraintes dures spécifiques : pour certaines branches (non marchandes), l’excédent brut d’exploitation doit être nul . Autre exemple, la production d’un produit doit être égale à la demande d’une branche  spécifique (la production de tracteurs doit être égale à la FBCF en tracteurs par les agriculteurs). Ces dernières contraintes sont souvent dérivées d’informations sur la structure entrées-sorties.
  • Contraintes générales «souples»: les contraintes souples sont des contraintes qui ne doivent pas être remplies exactement, mais «aussi bien que possible». Par conséquent, ces contraintes ont également des poids, tout comme les variables. Par exemple, les indices de prix doivent être maintenus autant que possible; ou bien l’indice de volume de la marge commerciale sur un produit doit être égal à l’indice de volume des emplois sous-jacents. Autre exemple, le rapport entre la production et la CI en volume ne doit pas être trop modifié si il y a notamment une relative stabilité des coefficients techniques.

Une fois la machine d’équilibrage automatisée terminée, le PIB de l’approche « production » et de l’approche « demande » doivent être égaux.

Lors de la révision de l’année de base 2010, tous les produits ont été équilibrés manuellement du fait que les contraintes de la «machine d’équilibrage» étaient en partie liées aux expériences des années précédentes. Or, tous les poids et contraintes ont été réexaminés et révisés. De plus, l’équilibrage de 2010 n’a été effectué qu’aux prix courants. Aucune donnée correspondante n’existait pour 2009; l’analyse des prix constants était inutile.

Une conséquence de l’approche « colonne-ligne-colonne » est que la valeur ajoutée par branche d’établissement, le  total des importations, les exportations et les autres catégories de dépenses finales sont modifiées dans le processus  d’équilibrage. Dans un certain nombre de cas, une accumulation d’ajustements d’équilibrage dans une branche ou une catégorie de dépenses finale peut, par exemple, conduire à des résultats «inacceptables» en termes de différences (inexplicables) dans les indices de volume de la production par rapport aux indices de volume d’intrants pour certaines branches. Par conséquent, une troisième étape du processus d’équilibrage est nécessaire.

Après équilibrage pour chaque produit, un petit TES symétrique par « industry » est élaboré en utilisant l’hypothèse de ventes fixes par produit. Ce processus de construction du TES symétrique peut conduire à la détection de résultats incohérents ou invraisemblables. Dans ce cas, les données du TRE doivent être modifiées pour obtenir un TES symétrique plausible. Les ajustements les plus courants effectués sur les TRE à ce stade sont des décalages entre les exportations de la production nationale et les réexportations.

 

c) étape C : Colonnes; contrôle et «réparations»

Étant donné que la valeur ajoutée et la structure des intrants des branches peuvent être modifiées au cours de la deuxième étape, la plausibilité des résultats équilibrés est vérifiée par les « responsables  de branche et des dépenses finales ». Si les résultats ne sont pas satisfaisants, les données doivent être rééquilibrées et ajustées (manuellement). Les changements à ce stade sont généralement d’importance mineure.

 

d)  étape D : Vérification finale

Lorsque l’équilibrage est terminé, le TRE et le TES symétrique produisent un ensemble cohérent de données sur les ERE en valeur et en volume (y compris les indices de prix et de volume). Ces résultats sont discutés par les principaux responsables des comptes nationaux qui n’ont pas été directement impliqués dans l’élaboration du TRE et du TES symétrique. Les contributions à cette discussion sont entre autres :

  • Résultats macro-économiques;
  • Production, consommation intermédiaire et valeur ajoutée par secteur d’activité;
  • Dépenses par produit (à un niveau agrégé);
  • Révisions par rapport aux estimations précédentes;
  • Explications des résultats les plus remarquables;
  • Données sur l’emploi: le contrôle final du TRE est confronté avec les données sur l’emploi pour assurer une plausibilité optimale entre les deux ensembles de comptes.

Cette discussion peut conduire à quelques ajustements finaux dans les TRE, TES symétriques et les données de l’emploi, qui finalisent le processus de d’élaboration du TRE.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

III – LA BELGIQUE

Les mécanismes mis en place pour équilibrer les trois approches du PIB sont au nombre de deux :

  • En principe, pour les années antérieures à T-1, on utilise la méthode des ressources et des emplois. Les tableaux ressources-emplois (TRE) sont décrits en détail à la section 6.2 ci-dessous.
  • Pour l’année T-1, les informations disponibles ne permettent pas d’établir des TRE complets ; les agrégats reposent donc sur des sources de données et des méthodes provisoires. Des ajustements macroéconomiques sont effectués pour équilibrer les comptes nationaux provisoires.

L’application d’une SUT intégrant par essence une procédure d’équilibrage, les ajustements d’équilibrage du côté de la production se répercutent sur l’ensemble des produits et des secteurs d’activité.

Auparavant, les ajustements d’équilibrage macroéconomiques finaux étaient ventilés par secteur d’activité proportionnellement à leur poids dans la production et la consommation intermédiaire, ce qui avait pour conséquence d’impacter fortement des secteurs comme le commerce (G) ou les services aux entreprises (M). Certains secteurs ont toutefois été exclus du processus en raison de la qualité de leurs estimations (activités financières, administration publique) ou parce qu’ils étaient déjà estimés selon une approche par les E.R.E. (services de santé).

Composantes du PIB selon les approches par la production (pour chaque section de la NACE), par la dépense et par le revenu, avant et après équilibrage, ainsi que les ajustements d’équilibrage apportés à ces composantes pour l’année 2021 

 

 

 

 

1/ La procédure d’équilibrage du PIB

En Belgique, des estimations distinctes sont établies pour l’approche par la production et l’approche par la dépense. Ces estimations sont réalisées indépendamment l’une de l’autre. S’agissant de l’approche par le revenu, la rémunération des salariés ainsi que les autres impôts nets sur la production et les importations sont estimés de manière indépendante, tandis que l’excédent brut d’exploitation/revenu mixte est calculé par solde. Le revenu mixte/excédent d’exploitation issu de l’approche par la production sert de donnée d’entrée pour cette composante de l’approche par le revenu, ce qui entraîne un alignement automatique de cette dernière sur l’approche par la production.

Chaque approche repose sur ses propres sources et méthodes d’élaboration.

Les estimations du PIB fondées sur l’approche par la production s’appuient sur un répertoire d’entreprises quasi exhaustif recensant tous les agents économiques actifs, à l’exception des travailleurs indépendants non tenus de s’immatriculer à la TVA. L’estimation issue de ce répertoire est complétée pour les unités manquantes (indépendants non assujettis à la TVA) à l’aide des déclarations à l’impôt des personnes physiques, garantissant ainsi l’exhaustivité de la population.

La combinaison d’un répertoire d’entreprises exhaustif et de sources de données administratives d’une grande qualité et exhaustivité confère une certaine prépondérance à l’approche par la production. Certaines composantes de l’approche par la dépense ne reposent pas sur des sources de données exhaustives, mais sur les résultats d’enquêtes (telles que l’enquête sur le budget des ménages). Par conséquent, l’incertitude est quelque peu plus élevée du côté des dépenses ; cet aspect est pris en compte lors de la procédure d’équilibrage, en particulier lorsque celle-ci est effectuée sans recourir à l’approche par les tableaux des ressources et des emplois (TRE) (c’est-à-dire pour l’année la plus récente).

Dans le processus d’équilibrage, certaines branches d’activité ou certains produits restent inchangés et ne sont pas affectés par l’équilibrage. C’est le cas, a priori, de tous les agrégats relatifs aux administrations publiques ainsi que des activités bancaires, qui bénéficient d’une couverture et de jeux de données exhaustifs. Par ailleurs, les postes équilibrés par construction — tels que les SIFIM, les assurances, la R-D ou la production pour compte propre — sont affectés aux différentes approches du PIB à un stade antérieur, selon une méthode de flux de produits. Ils demeurent donc inchangés lors de la procédure d’équilibrage final, qu’il s’agisse de l’équilibrage via les TRE ou d’ajustements macroéconomiques.

Des ajustements pour exhaustivité sont appliqués aux trois mesures du PIB. Chaque ajustement visant à garantir l’exhaustivité est calculé avant l’équilibrage, en utilisant les sources appropriées et en appliquant la méthodologie établie. Des informations plus détaillées à ce sujet figurent au chapitre 7.

Les estimations semi-définitives et définitives sont indépendantes de l’estimation préliminaire, à mesure que l’on dispose de sources de données nouvelles, plus détaillées et plus adéquates.

Les estimations de la dernière année ne sont disponibles que très tardivement et avec un niveau de détail bien moindre, ce qui rend impossible l’équilibrage selon l’approche des tableaux ressources-emplois (TRE). Par conséquent, l’équilibrage s’effectue dans ce cas par le biais d’ajustements macroéconomiques. Une attention particulière est alors portée à la qualité relative des données de base pour chaque agrégat entrant dans le processus d’équilibrage.

 

2/ Le TRE

En principe, pour toutes les années antérieures à T-1, le processus d’équilibrage entre les approches « production » et « dépenses » s’effectue au sein des tableaux annuels des ressources et des emplois (TRE) avant la clôture des comptes, ce qui permet de modifier tous les agrégats. Ainsi, les TRE servent à déterminer le niveau final du PIB.

Par le passé, les TRE étaient au contraire établis après la clôture des principaux agrégats, sans possibilité de modifier les totaux. Seules des modifications au sein de la ventilation des principaux agrégats étaient prises en compte.

Les sections suivantes fournissent des informations complémentaires sur :

(i)        la structure des tableaux des ressources et des emplois ;

(ii)       les sources de données et leur conversion selon les concepts et classifications des comptes nationaux ;

(iii)      l’équilibrage des TRE à prix courants.

 

 

a)  structure des tableaux des ressources et des emplois 

Dans le tableau des ressources, la production est évaluée aux prix de base et les importations aux prix caf. Pour obtenir l’offre totale par produit aux prix d’acquisition, on ajoute les marges ainsi que les impôts sur les produits (diminués des subventions sur les produits). Dans le tableau des emplois, la consommation intermédiaire et les dépenses finales sont évaluées aux prix d’acquisition, tandis que les exportations sont exprimées aux prix fab.

Le format de travail des tableaux des ressources et des emplois (TRE) distingue 143 branches

Le regroupement des branches NACE-BEL au sein des TRE tient compte de la structure A64 d’Eurostat, de l’importance des différentes classes NACE-BEL à 4 chiffres (le chiffre d’affaires servant de critère) et de l’homogénéité des branches TRE. Il existe une relation de type « N vers 1 » entre les branches TRE et la nomenclature A64.

Chaque unité institutionnelle se voit attribuer un code NACE et un code de secteur. Suite au passage des données administratives aux agrégats de comptabilité nationale, il est possible de distinguer les secteurs institutionnels au sein de chaque branche TRE. Toutefois, au sein même des TRE, la distinction par secteur n’est pas appliquée systématiquement ; elle ne concerne que certains emplois, tels que la formation brute de capital fixe (P.51g) et la consommation (P.3).

Le format de travail compte 355 produits (cf. 9.4.2).

Dans les TRE, les biens sont généralement définis au niveau CPA à 4 chiffres et les services au niveau CPA à 3 chiffres. Il est parfois dérogé à cette règle lorsque le produit revêt une importance particulière pour l’économie belge ou pour distinguer les produits selon qu’ils font ou non l’objet de marges commerciales.

La part des branches TRE correspondant à des services (relevant des sections G à T) représente 45,5 % du nombre total de branches TRE. Les sources de données relatives aux services sont parfois moins détaillées. Si le nombre de produits de services était trop élevé, il faudrait formuler un trop grand nombre d’hypothèses pour estimer la consommation intermédiaire par produit dans le tableau des emplois. Cela explique pourquoi la part des produits de services dans le nombre total de produits est plus faible (32,3 %).

Dans les tableaux des ressources et des emplois (TRE), des colonnes distinctes sont prévues pour les biens (P.61 et P.71) et les services (P.62 et P.72). Chacune de ces catégories est ventilée par zone géographique. Cette approche présente l’avantage de permettre d’obtenir automatiquement le total des échanges de biens ou de services par sommation des colonnes, facilitant ainsi les contrôles de cohérence avec les données de la balance des paiements. Une catégorie spécifique est également incluse dans le tableau des ressources pour l’ajustement CAF/FAB.

Le format de déclaration comprend le tableau des ressources ainsi qu’une colonne pour le total des marges commerciales. Dans le format de travail, les marges sont présentées de deux manières différentes : en tant que production de certaines branches d’activité et en tant que composante de l’offre (aux prix d’acquisition) de certains produits (biens). La somme des marges produites par les producteurs résidents (sur les biens produits intérieurement et les biens importés) est égale à la somme des marges sur les produits.

Seules les marges commerciales sont calculées. Tous les cinq ans, lors de l’élaboration des tableaux entrées-sorties (TES), la production de marges commerciales est ventilée plus finement en marges liées au commerce de détail, au commerce de gros et au commerce de véhicules.

Les dépenses de consommation des ménages correspondent aux dépenses des ménages résidents. Toutefois, pour des raisons pratiques, le tableau des ressources et des emplois (TRE) utilise les dépenses effectuées sur le territoire économique ; ainsi, les achats effectués par des non-résidents sur le territoire économique belge sont inclus dans le poste P.3_S.14, tandis que les achats effectués par des résidents belges à l’étranger ne le sont pas.

Cela nécessite deux ajustements pour passer du TRE aux comptes des secteurs. Premièrement, les dépenses de consommation des ménages résidents dans le reste du monde (P.33) sont ajoutées au total des importations dans le tableau des ressources ainsi qu’aux dépenses de consommation des ménages dans le tableau des emplois. Deuxièmement, les dépenses de consommation des ménages non résidents sur le territoire économique (P.34) sont déduites des dépenses de consommation des ménages dans le tableau des emplois, et ce même montant est ajouté aux exportations.

Le format de présentation du TRE impose de distinguer trois types de formation de capital :

  • P.51g formation brute de capital fixe (FBCF)
  • P.52 variation des stocks
  • P.53 acquisitions moins cessions d’objets de valeur

Afin d’identifier les postes de la FBCF (P.51g) les plus propices à l’équilibrage, et pour maintenir un lien avec les comptes des secteurs, la FBCF figurant dans le format de travail du TRE est ventilée par secteur et par branche d’activité ; elle est donc renseignée pour chaque branche et chaque produit.

Le tableau des emplois, dans le format de travail, ne comporte qu’une seule colonne pour la variation des stocks (P.52) :

 

b) Les sources de données et leur conversion selon les concepts et classifications des comptes nationaux ;

Les concepts de production (P.1) et de consommation intermédiaire (P.2) du SEC 2010 ne sont pas disponibles en tant que tels dans les données administratives ou d’enquête. Ils peuvent être dérivés après plusieurs ajustements.

La production (P.1) correspond à la somme du chiffre d’affaires (P.11/V), de la production pour usage final propre (P.12), de la variation des stocks de produits finis et en cours de fabrication (P.11/P52S) et de la production non marchande (P.13). Des estimations distinctes sont réalisées pour chacune de ces quatre composantes.

La consommation intermédiaire (P.2) comprend les achats destinés à la consommation intermédiaire (P.2/A) diminués de la variation des stocks de matières premières et fournitures (P.2/P52U). Ces deux composantes sont calculées séparément.

Le calcul des clés de répartition concerne principalement les années de référence pour lesquelles le questionnaire de l’enquête structurelle sur les entreprises (ESE) comporte des annexes demandant des informations détaillées par produit sur le chiffre d’affaires et les achats, c’est-à-dire tous les cinq ans à partir de 1995. Ces annexes constituent également une source de données importante pour l’élaboration des tableaux entrées-sorties. Les clés de répartition sont calculées en collaboration avec les experts du Bureau fédéral du Plan, qui élaborent les tableaux entrées-sorties.

Pour les autres années, les clés quinquennales sont adaptées en utilisant toutes les autres informations disponibles sur les produits.

Des clés de répartition correspondant au niveau de détail le plus fin de la nomenclature produits des tableaux entrées-sorties (355 produits) sont calculées pour le chiffre d’affaires, les achats destinés à la consommation intermédiaire et la variation des stocks. Ce calcul s’effectue en plusieurs étapes et est standardisé pour la plupart des branches d’activité. Des calculs spécifiques sont réalisés pour les administrations publiques, l’agriculture, les soins de santé (hôpitaux), les institutions financières et les compagnies d’assurance. Ces calculs spécifiques ne seront pas détaillés davantage ici.** Pour calculer les clés de répartition du chiffre d’affaires et des achats, on sélectionne des entreprises dites « exploitables » en fonction de la qualité de leurs réponses à l’enquête SBS (statistiques structurelles sur les entreprises). En ce qui concerne les informations sur les produits, une entreprise est considérée comme exploitable si les critères suivants sont remplis :

  • la cohérence des informations (par exemple, entre les données générales et celles relatives aux produits) est validée ;
  • la part des produits totalement inconnus — c’est-à-dire les codes produits ne pouvant être associés à un produit du cadre TES (Tableaux Entrées-Sorties) — reste dans des limites raisonnables (par rapport au chiffre d’affaires total ou au total des achats).

Ce dernier critère est parfois appliqué avec souplesse afin de garantir la représentativité des entreprises de l’échantillon d’enquête pour chaque branche d’activité. La sélection des entreprises appropriées s’effectue séparément pour le chiffre d’affaires et pour les achats.

Une fois les résultats de l’enquête SBS validés selon les critères susmentionnés, des experts sectoriels déterminent si les données d’une entreprise donnée reflètent bien les activités de la branche dans laquelle elle est classée. Si tel est le cas, l’entreprise est considérée comme « typique » de la branche et ses résultats sont intégralement pris en compte pour le calcul des clés de répartition. Dans le cas contraire, l’entreprise est jugée « atypique » pour cette branche et ses résultats ne sont pas utilisés pour ce calcul. Toutefois, les résultats de l’entreprise atypique sont utilisés tels quels (sans extrapolation) lors de l’initialisation de la production par produit de la branche.

Les clés de répartition sont calculées au niveau du format de travail du cadre TES : 355 produits × 143 branches. Cela implique que les informations issues de l’enquête SBS, initialement plus détaillées, sont agrégées pour correspondre à ces niveaux.

Une fois calculées, les clés de répartition sont appliquées à la production totale (P.1) par branche, déduction faite :

  • des marges commerciales par branche, qui constituent un produit distinct dans le format de travail TES ;
  • de la production des entreprises atypiques, qui n’est pas ventilée via ces clés de répartition ;
  • de la production pour usage final propre (P.12) pour certains produits : services de logement fournis par les propriétaires-occupants, logiciels, originaux, services domestiques produits par du personnel salarié des ménages ;
  • de la production de SIFIM (services d’intermédiation financière indirectement mesurés) et de R-D par branche.

Les SBS fournissent des informations sur les variations des stocks de biens destinés à la consommation intermédiaire (stocks de matières premières et de fournitures). À titre provisoire, une ventilation par produit du TRE est estimée pour chaque branche du TRE en fonction des produits du TRE les plus importants — uniquement des biens — ayant fait l’objet d’achats.

Le total des importations et des exportations de biens et de services figurant dans le TRE est déterminé à partir des statistiques du commerce international de marchandises (SCIM) et des données de la balance des paiements (BdP) (voir également les points 5.13 et 5.14).

La ventilation des transactions de biens avec le reste du monde par produit du TRE repose sur des données spécifiques aux produits issues des statistiques du commerce extérieur. Les fichiers de base relatifs aux importations et exportations de biens, établis selon la nomenclature du commerce extérieur GN8, sont regroupés par produit du TRE à l’aide des codes CPA à 6 chiffres. Par conséquent, les données d’entrée par produit du TRE sont directement disponibles à partir des statistiques du commerce international de marchandises (SCIM).

La balance des paiements constitue la source de données privilégiée pour les importations et exportations de services. Ces données sont publiées conformément à la classification du FMI, qui distingue 11 groupes de services. Si l’on utilise le niveau de déclaration le plus détaillé, il est possible de distinguer environ 55 groupes de services. Même ce niveau de détail maximal ne permet pas d’alimenter entièrement le TRE, qui comprend un nombre bien plus élevé de produits de services.

La ventilation des catégories de services de la balance des paiements en produits des tableaux ressources-emplois (TRE) repose sur la description de ces catégories et sur les relations possibles entre celles-ci et les produits des TRE.

Deux situations sont possibles :

  • une relation « un pour un » entre une catégorie de services du FMI et un produit des TRE, ce qui est le cas pour 22 catégories de services du FMI (sur 55) ;
  • une relation « un pour N » entre une catégorie de services du FMI et plusieurs produits des TRE : dans ce cas, la répartition de la catégorie de services entre différents produits des TRE s’effectue à l’aide des données d’enquête sous-jacentes à la catégorie de services du FMI.

Une approche spécifique, différente de la méthode générale, a été adoptée pour trois postes (tourisme, services financiers et services des administrations publiques) :

  • Le poste « voyages » de la balance des paiements est ventilé en consommation intermédiaire (voyages d’affaires) et en dépenses de consommation des ménages (voyages privés). Étant donné que les dépenses de consommation des ménages sont définies dans les TRE selon le concept intérieur, seule la consommation intermédiaire (voyages d’affaires) doit être ventilée en produits des TRE. La clé de répartition utilisée pour cette ventilation est dérivée des informations sur les voyages privés issues de l’enquête sur le budget des ménages (EBM).
  • Les informations recueillies auprès des banques dans le cadre des statistiques structurelles sur les entreprises (SSE) servent à déterminer la ventilation du poste « services financiers » du FMI en produits des TRE.
  • En ce qui concerne les services des administrations publiques non classés ailleurs, la clé de répartition ne repose pas sur les données de la balance des paiements, mais sur la clé générale applicable aux achats des administrations publiques.

Toutes les exportations et importations de biens et de services sont en outre ventilées selon trois zones géographiques : la zone euro, l’UE hors zone euro et les pays hors UE.

 

 

c) L’équilibrage des TRE

Le calcul des agrégats, la ventilation de ces agrégats en estimations précises de la production, de la consommation intermédiaire et des investissements par produit, le calcul — par produit du tableau des ressources et des emplois (TRE) — des marges commerciales, des impôts et subventions sur les produits, des importations et des exportations, ainsi que l’estimation finale des dépenses de consommation, constituent des éléments importants de la méthode d’intégration du TRE dans le processus d’équilibrage.

Certains déséquilibres entre les ressources et les emplois de produits individuels subsistent après l’intégration initiale de toutes les données dans le cadre du TRE.

Ces déséquilibres sont analysés et corrigés durant la phase d’équilibrage. Cela signifie que les estimations initiales des agrégats peuvent être modifiées. Au cours de cette phase, l’expertise des statisticiens est mise à contribution pour examiner et expliquer les incohérences, et pour en corriger certaines en conséquence. La connaissance de la qualité respective des sources sous-jacentes joue assurément un rôle dans ce processus. Les écarts inexpliqués seront imputés aux postes dont les fondements sont les moins solides. Certaines sources d’information secondaires serviront à vérifier la qualité pour des produits spécifiques, tels que le pétrole ou les diamants.

Le coordinateur des comptes nationaux annuels, responsable de la procédure d’équilibrage, suit l’évolution des principaux agrégats et leur cohérence macroéconomique tout au long du processus. Dans cette tâche, il est assisté par une petite équipe d’experts de haut niveau (le « cockpit ») qui surveille quotidiennement les résultats globaux par agrégat et/ou les déséquilibres par produit. Ces experts définissent l’orientation générale privilégiée dans les cas les plus complexes.

En règle générale, la priorité est donnée à l’équilibrage par ligne (produit), car les totaux par secteur et par branche (totaux par colonne) reposent sur une base d’estimation plus solide. En effet, des informations directes sur les produits ne sont disponibles que pour les exportations, les importations et la consommation des ménages (bien que selon des classifications différentes). Pour les autres agrégats principaux (P.1, P.2, P.5), la ventilation par produit est obtenue en appliquant des clés issues de sources partielles ou secondaires.

Pour l’année 2015 et les suivantes, les TRE à prix courants ont constitué (et constituent) l’instrument principal pour l’équilibrage des comptes nationaux annuels.

Des TRE à prix de l’année précédente (PYP) sont également établis à un stade ultérieur, mais ils n’interviennent pas encore dans le processus d’équilibrage des comptes à prix courants (CUP).

 

 

3/ Le TRE et l’approche par les revenus

L’opération d’équilibrage doit aboutir à une estimation cohérente du PIB, conformément aux trois approches. En principe, toutes les variables peuvent être ajustées par équilibrage, ce qui signifie qu’il n’y a aucune contrainte quant aux montants initialisés ou publiés dans une version provisoire. Comme indiqué précédemment dans la description de l’approche par les revenus, l’excédent d’exploitation (B.2) et le revenu mixte (B.3) de l’UTS belge sont calculés comme des résidus. Les agrégats de rémunération des salariés (D.1), d’autres impôts sur la production (D.29) et d’autres subventions à la production (D.39) sont calculés à partir de sources de données détaillées. Ils ne sont pas modifiés lors de l’équilibrage. L’approche par les revenus ne joue donc pas un rôle significatif dans l’équilibrage du TRE. Lorsque l’équilibrage modifie la production et/ou la consommation intermédiaire d’une branche d’activité, B.2/B.3 sont automatiquement ajustés.

 

 

 

 

 

 

IV – LA SUÈDE

 1/ principes généraux du calcul des TRE et d’arbitrage du PIB

Les calculs annuels du PIB, selon les optiques de la production et de la dépense, sont réalisés à l’aide d’un système de tableaux des ressources et des emplois (TRE). Les TRE sont des tableaux de base qui sont ensuite transformés en tableaux symétriques entrées-sorties. Ils sont établis simultanément aux prix courants et aux prix constants ; le calcul à prix constants s’appuie sur un système cohérent d’indices de prix, permettant ainsi d’appliquer la méthode de la double déflation (ou méthode du double indicateur).

Lors de l’établissement de la série annuelle, toutes les données sont calculées conformément aux sources et méthodes décrites, lesquelles constituent le fondement des TRE. Une fois la première version des TRE produite (aux prix courants et constants), le travail d’analyse proprement dit est entrepris ; il se décompose en deux étapes : la validation des données (pouvant inclure un équilibrage manuel) et l’équilibrage automatique.

Processus de validation des données : l’objectif principal de cette étape n’est pas d’équilibrer les comptes, mais d’examiner et de contrôler la qualité de 425 groupes de produits à l’aide des TRE. Les données sources font l’objet d’une analyse détaillée, impliquant parfois un retour aux statistiques primaires pour vérifier et croiser les informations. Par ailleurs, les données relatives aux variations de prix et de volume des différentes composantes des ressources et des emplois jouent un rôle clé lors de la validation. Les TRE couvrant plusieurs années, l’analyse des variations de prix et de volume sous forme de séries chronologiques s’avère souvent fructueuse pour déceler des anomalies dans les estimations.

La collecte d’informations auprès de sources alternatives (registre de la TVA, organisations professionnelles, etc.) et leur comparaison avec les résultats des TRE constituent un autre aspect important de la validation des données. À l’issue de cette étape, les écarts entre ressources et emplois pour certains produits peuvent avoir été réduits, accrus ou être restés inchangés. La validation inclut également l’identification des produits nécessitant un équilibrage manuel. Dans ce cas, l’équilibrage n’est pas total, mais les déséquilibres importants doivent être résolus. Il s’agit le plus souvent de produits pour lesquels des problèmes ont été identifiés et font (ou ont fait) l’objet d’investigations.

Procédure d’équilibrage : La procédure d’équilibrage, qui intervient après l’étape de validation des données, est réalisée à chaque stade au moyen de méthodes automatisées. Ce dispositif, appelé modèle SCM, garantit l’objectivité du processus d’équilibrage. L’objectif des procédures finales d’équilibrage automatique est d’éliminer le résidu propre à chaque groupe de produits, et par conséquent le résidu global. Aucun ajustement manuel ou macroéconomique n’est effectué dans le cadre de cette procédure automatisée. Il est estimé que cette méthode d’équilibrage permet une meilleure analyse des déséquilibres entre l’offre et la demande au sein de l’économie. L’approche par la production est jugée plus exhaustive que l’approche par la dépense. Ce constat se reflète également dans les estimations de l’erreur totale sous-tendant le processus d’équilibrage automatisé : le PIB calculé selon l’approche par la production présente une erreur totale inférieure à celle du PIB calculé selon l’approche par la dépense (voir la section 6.1.2.9 pour plus de détails).

 

 

 

2/ Équilibrage des approches par la production et par la dépense

Si l’on considère l’approche par la production du PIB, les ajustements d’équilibrage s’élèvent à 574 millions de SEK pour la production de biens et services et à -1 494 millions de SEK pour la consommation intermédiaire, ce qui se traduit par un impact de 2 068 millions de SEK sur la valeur ajoutée brute (tableau suivant).

 

Arbitrage, approche de la production, millions SEK 2021

 

En ce qui concerne les dépenses du PIB, les ajustements d’équilibrage s’élèvent à -823 millions de SEK pour la dépense de consommation finale totale (aucun ajustement n’est effectué sur la dépense de consommation finale des administrations publiques), -879 millions de SEK pour la formation brute de capital, -1 152 millions de SEK pour les exportations de biens et de services et 1 399 millions de SEK pour les importations de biens et de services. L’incidence totale de l’équilibrage sur le produit intérieur brut calculé selon l’optique des dépenses s’élève à -4 243 millions de SEK. , (voir tableau suivant).

Arbitrage approche par les dépenses, en millions de SEK 2021

 

Deux méthodes d’estimation du PIB sont appliquées simultanément dans le processus de compilation et d’équilibrage des TRE. L’approche du PIB par la production et l’approche du PIB par les dépenses sont calculées indépendamment l’une de l’autre. L’approche du PIB par les revenus n’est pas toujours calculée de manière indépendante, de sorte que l’excédent brut d’exploitation et le revenu mixte sont des soldes d’éléments provenant de l’approche de la production et des comptes sectoriels. Les estimations et les évaluations de l’incertitude utilisées dans le modèle MCS, ont permis de réconcilier le PIB relativement plus du côté de des dépenses du PIB, et moins du côté de la production. La base de calcul du côté de la production est globalement considérée comme plus fiable que les données utilisées pour le calcul du côté des emplois.

Dans les TRE, les postes en équilibre sur le plan conceptuel sont traités comme des postes entièrement équilibrés. Les SIFIM, la production non marchande de la banque centrale, la production pour compte propre de recherche et développement et de logiciels, l’auto-approvisionnement en produits agricoles et les assurances ont déjà été entièrement équilibrés dans le cadre du processus de calcul et il n’est donc pas nécessaire de les traiter dans le cadre de la procédure d’équilibrage.

Le tableau ci-dessous présente le PIB selon chaque approche, avant et après équilibrage, ainsi que l’ampleur des ajustements d’équilibrage appliqués à chaque approche pour les années 2018 à 2022. Aucune tendance n’est perceptible au cours de cette période de cinq ans.

Tableau récapitulatif des trois approches du PIB avant et après équilibrage 2018-2022, en millions de SEK

 

 

 

 

2/ équilibrage du TRE

Le PIB et le RNB sont calculés et compilés dans la partie du système de comptabilité nationale appelée « comptes de biens et services ». Les calculs annuels sont effectués au moyen d’un système de tableaux des ressources et des emplois (TRE). Ces tableaux servent à déterminer le niveau final du PIB. Les TRE constituent les tableaux de base qui sont ensuite transformés en tableaux symétriques entrées-sorties. Les calculs annuels du PIB intègrent également des données sur l’emploi, telles que les effectifs moyens de salariés et le nombre d’heures travaillées par branche ou par fonction, ainsi que le calcul des salaires et traitements. Les opérations de calcul et d’équilibrage sont réalisées selon deux dimensions : les produits et les branches.

Le niveau de détail retenu dans le système suédois pour les produits et les emplois est le suivant :

  • 425 groupes de produits (SPIN/CPA)
  • 96 branches pour les producteurs marchands et les producteurs pour usage final propre (SPIN/NACE)
  • 162 fonctions de consommation des ménages (COICOP)
  • 84 emplois pour les dépenses de consommation des administrations publiques, ventilés selon les dimensions secteur, branche et fonction (COFOG)
  • 238 emplois pour la formation brute de capital fixe, ventilés selon les dimensions secteur, branche et fonction
  • 3 types d’impôts et 1 type de subvention sur les produits
  • 4 types de marges commerciales et de transport

Lors de la finalisation des estimations des comptes nationaux annuels, les tableaux des ressources et des emplois (TRE) sont continuellement mis à jour et pleinement intégrés à l’ensemble du processus de compilation, de validation des données et d’équilibrage. Les TRE constituent des outils essentiels tout au long de ce processus. L’analyse et l’équilibrage des TRE s’appuient sur toutes les sources disponibles au sein du système de comptabilité nationale, et les données sources font l’objet d’une analyse détaillée. Comme indiqué précédemment, la compilation et l’équilibrage sont effectués à un niveau de détail de 425 groupes de produits. Toute information supplémentaire concernant des modifications de structure est intégrée et prise en compte. Ces nouvelles informations proviennent généralement d’enquêtes ponctuelles ou de données complémentaires issues des statistiques structurelles sur les entreprises (SSE). Les principales sources sont les suivantes :

Consommation industrielle de biens achetés : l’objectif principal de cette enquête est de fournir une ventilation de la consommation intermédiaire des entreprises industrielles. L’enquête repose sur un échantillon tournant, de sorte que tous les secteurs industriels (NACE 05-33) sont couverts sur une période de trois ans.

Statistiques structurelles sur les entreprises : pour la consommation intermédiaire des entreprises de services, une ventilation supplémentaire est réalisée tous les cinq ans, permettant ainsi de couvrir tous les secteurs de services (NACE 45-96, à l’exclusion des sections 64-66 et 84) sur cette période.

Comptes économiques annuels de l’agriculture : ventilation annuelle de la production par produit/service et des coûts par nature de charge pour la production agricole et sylvicole.

 

 

a) Côté ressources

L’offre, sous forme de production, est calculée et classée par branche d’activité et par groupe de produits, tout comme la production et les ventes des administrations publiques et des ISBLSM. La production et les ventes des administrations publiques sont compilées selon la classification COFOG et les groupes de produits. L’ensemble de l’offre, à l’exception des importations, est évalué aux prix de base. Les impôts sur les produits sont ventilés en « autres impôts sur les produits », taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et droits de douane. Les données provenant de l’administration publique, les autres impôts et subventions sur les produits ainsi que les droits de douane constituent des sources statistiques exhaustives ; elles sont validées mais ne sont pas modifiées lors du processus d’équilibrage. La TVA calculée dans le cadre du tableau des ressources et des emplois est rapprochée de la TVA réellement perçue par l’administration publique. La TVA théorique est calculée et mise à jour en continu tout au long du processus, puis fait l’objet d’un dernier rapprochement une fois les tableaux des ressources et des emplois équilibrés. Pour une description plus détaillée de la TVA. Les marges commerciales sont ventilées en marges de gros, marges de détail et marges de transport. Les estimations des marges commerciales reposent sur des données relatives à l’offre. Toutes les valeurs sont calculées à la fois aux prix courants et aux prix constants de l’année précédente (t-1), en utilisant des indices de prix appropriés pour le calcul aux prix constants.

 

 

b) Côté emplois

La dépense de consommation finale des ménages (DCFM) est calculée et classée selon les groupes de produits et la nomenclature COICOP. Ainsi, plusieurs groupes de produits peuvent être inclus dans une même fonction COICOP. Les principales sources pour la DCFM sont les statistiques sur la consommation des ménages. Pour environ 90 % des fonctions, la valeur de référence est établie sur une base annuelle. Pour la part restante, l’année de référence remonte à plus de cinq ans ; toutefois, certaines de ces données ont été actualisées lors de calculs annuels ultérieurs, et les autres le seront progressivement à l’avenir afin de garantir une actualisation annuelle de la référence.

En ce qui concerne la consommation finale des administrations publiques (CFAP), les principales sources sont les comptes annuels des administrations locales et les données administratives de l’administration centrale, ainsi que les statistiques structurelles sur les entreprises (SBS). La CFAP est calculée comme suit : valeur de la production (c’est-à-dire le coût total de production) moins les recettes provenant de la production non marchande, moins la formation de capital pour compte propre, moins la production marchande des producteurs non marchands, plus les dépenses relatives aux produits fournis aux ménages par l’intermédiaire de producteurs marchands. La consommation des administrations publiques est classée selon la fonction (COFOG) et les groupes de produits. Les informations relatives à la ventilation détaillée par produit datent, pour la plupart des groupes de produits, de plus de cinq ans.

Pour la consommation intermédiaire, les principales sources sont les statistiques structurelles sur les entreprises (SBS), la consommation industrielle de biens achetés, les comptes économiques de l’agriculture et les données de l’Agence suédoise des forêts. Les principales sources pour le secteur des administrations publiques centrales sont l’Autorité nationale suédoise de gestion financière (ESV) et les comptes annuels collectés pour les secteurs des administrations locales. Les totaux sont calculés par branche d’activité et par fonction (COFOG) aux prix courants, sur la base de statistiques primaires, comme décrit au chapitre 3. Pour les éléments pour lesquels les données sur la répartition exacte par produit ne sont pas disponibles chaque année, la structure de répartition par produit de l’année précédente sert de point de départ. La ventilation par produit la plus ancienne utilisée pour les producteurs marchands remonte à cinq ans (t-5), tandis que pour les producteurs non marchands, elle date dans la plupart des cas de plus de cinq ans.

Pour la formation brute de capital fixe, les principales sources sont les SBS et des compilations spécifiques concernant les logements. La source pour le secteur des administrations publiques centrales est l’Autorité nationale suédoise de gestion financière ; pour les conseils de comté et les municipalités, les dépenses d’investissement totales sont obtenues directement à partir des comptes d’investissement des comptes annuels.. Les totaux sont calculés par branche d’activité et par fonction (COFOG) aux prix courants, sur la base de statistiques primaires, comme décrit au chapitre 5. Pour les éléments pour lesquels les données sur la répartition exacte par produit ne sont pas disponibles chaque année (par exemple, les machines et équipements), la structure de répartition par produit de l’année précédente sert de point de départ.

Pour les variations de stocks, la principale source est l’enquête sur les stocks des entreprises, complétée par des statistiques sur l’énergie, la croissance et la gestion des forêts, etc. Il existe des informations sur les types de stocks et les branches d’activité détenant ces stocks, mais très peu d’informations par produit. L’affectation aux groupes de produits repose sur l’hypothèse que les stocks de travaux en cours et de produits finis (biens finis et marchandises destinées à la revente) sont constitués de produits typiques de la branche d’activité concernée. La répartition par produit des stocks de matières premières et de fournitures est supposée proportionnelle à la structure de la consommation intermédiaire de la branche concernée. Dans ces cas, il est tenu compte du fait que certains produits ne se prêtent pas au stockage. Une exception concerne les stocks du secteur du commerce, qui sont répartis selon la dimension « produit » en utilisant des informations sur le chiffre d’affaires commercial par produit issues d’autres enquêtes, notamment les SBS et l’IVP.

Dans les statistiques de base, les exportations de biens sont ventilées par produit conformément à la Nomenclature combinée. Des tables de passage permettent de les rattacher aux groupes de produits utilisés dans les comptes nationaux. Les exportations de services sont enregistrées dans les statistiques de la balance des paiements selon une nomenclature spécifique (EBOPS), laquelle est convertie en groupes de produits utilisés dans les comptes nationaux. La ventilation par produit est disponible sur une base annuelle. Les exportations sont évaluées à la valeur de facturation.

Chaque emploi est associé à un taux de marge commerciale et au taux de TVA applicable. Les impôts sur les produits et les subventions sur les produits sont également affectés aux emplois. Les marges commerciales sont calculées à partir de l’optique de la production et de l’optique des emplois, puis rapprochées de la production de marges commerciales. Les impôts sur les produits et les subventions sur les produits sont rapprochés des recettes et dépenses correspondantes des administrations publiques.

 

 

c) Soldes complets et valeurs «connues»

Pour certains  produits, les ressources et les emplois des ERE aboutissent à un un écart. Ces écarts sont alors traités dans le système comme des valeurs «exogènes» et ne sont pas affectés par les ajustements d’équilibrage, sauf après examen spécial et vérification. La raison d’un tel traitement spécial de ces produits est soit l’accès à des sources d’informations très détaillées sur les « ressources affectées à tels emplois » comme dans la méthode allemande, soit à un intérêt substantiel pour ces produits.

Par exemple, 16 « bilans spéciaux » sont calculés pour les produits énergétiques dont la plupart sont calculés en valeurs et en quantités. De même, des ERE sont également calculés avec minutie, par exemple pour le produit construction, les SIFIM, la R&D et pour les logiciels dont l’évaluation de ceux produits pour compte propre est complexe.

Un certain nombre d’autres valeurs «exogènes» sont également spécifiées dans le système. Dans certains cas, il s’agit de grandes parties des ERE, par exemple des véhicules automobiles ou des logiciels achetés. Dans d’autres cas, il peut s’agir de petites parties de la CI ou de FBCF d’un produit par un secteur d’activité. Ces valeurs exogènes sont calculées à prix courants et constants et ne sont pas affectées par les ajustements d’équilibrage généraux.

 

 

d) La procédure de calcul

Tous les emplois sont déflatés à l’aide d’un indice des prix de l’offre intérieure calculé par produit (« inhemsk tillgång, IHT »). L’indice des prix de l’offre intérieure se rapporte à l’agrégat calculé comme suit: production + importations + ventes des administrations publiques (APU) et des ISBLSM + droits de douane et autres taxes à l’importation – exportations. Le calcul est effectué à prix courants et à prix constants et l’indice des prix est dérivé implicitement. L’indice IHT ne couvre pas les variations des taux d’imposition et de marge. Par conséquent, après déflation, des corrections sont apportées pour tenir compte des modifications des impôts sur les produits et des subventions. Ces changements affectent l’emploi au prix d’acquisition et signifient donc que l’indice IHT est ajusté implicitement.

  • Calcul de la CI et de la FBCF : Étant donné que les répartitions entre CI et FBCF ne sont pas disponibles chaque année pour les machines et matériels, la structure de l’année précédente est utilisée comme point de départ.
  • Les données sources, avec identification complète des produits et des emplois, sont calculées à la fois en prix courants et en prix constants. Cela s’applique aux dépenses de consommation des ménages et aux exportations ainsi qu’aux valeurs « exogènes ».
  • Ajustement des totaux calculés aux prix courants : Les TRE sont ajustés aux totaux calculés selon les sources statistiques de la CI et de la FBCF par secteur d’activité / secteur institutionnels / produit. La différence entre les estimations initiales dans le TRE et les totaux calculés ainsi est répartie proportionnellement sur chaque produit.

 

 

3/ Équilibrage des ERE des produits

a) Renseignements généraux

Une fois la première version des tableaux des ressources et des emplois établie aux prix courants et aux prix constants, on procède à l’analyse et à la validation des données, puis, dans un second temps, aux travaux de rapprochement. Pour le calcul d’une année définitive, une personne est désignée pour chaque produit afin d’assurer la validation des données et l’équilibrage le concernant ; cette personne est choisie en fonction de ses compétences et de son expertise dans le domaine du produit ou du secteur d’activité concerné. L’analyse est menée simultanément aux prix courants et aux prix constants. En cas d’écart résiduel entre les ressources et les emplois, on compare les taux de croissance et les indices de prix. On examine également l’évolution respective des ressources et des emplois au cours de l’année. Si des divergences importantes apparaissent, on compare les différentes sources relatives aux ressources et aux emplois afin de déterminer laquelle est la plus fiable. Des informations provenant d’autres sources sont recueillies pour enrichir les données et élargir les connaissances. Par ailleurs, à ce stade du processus, on détermine quels produits, le cas échéant, devront faire l’objet d’un équilibrage manuel.

Le travail pratique constitue un processus continu pour chacun des 425 groupes de produits, jusqu’à ce que le système soit parfaitement équilibré. Tout au long des étapes de validation et d’équilibrage des données, des versions actualisées des tableaux des ressources et des emplois sont enregistrées à chaque modification. Cela permet de comparer les données aux différents stades du processus. En moyenne, entre 2018 et 2022, 67 versions de ces tableaux ont été enregistrées chaque année.

La procédure d’évaluation comprend l’examen et le contrôle de la qualité des estimations du côté des ressources  (production, ventes de producteurs non marchands, importations, impôts, subventions sur les produits) et du côté de des emplois (CI, consommation finale, FBCF, variations des stocks, exportations) afin de réaliser le rapprochement le plus approprié entre ressources et emplois.  Des recherches sont effectuées pour déterminer s’il y a une cohérence entre les différentes sources, en remontant jusqu’aux statistiques de base pour vérifier la plausibilité économique. Par exemple, il faut vérifier que les exportations d’un produit ne dépassent pas la production, détecter si certains produits ont des changements très volatils. Comme cette procédure est effectuée simultanément en prix courants et constants avec une perspective de séries chronologiques, il est possible aussi d’observer des évolutions anormales dans les indices de prix et de volume.

Toute information supplémentaire sur les structures modifiées est incorporée. Ces nouvelles informations se composent généralement de données provenant d’enquêtes périodiques. L’enquête annuelle sur la CI par produit dans l’industrie manufacturière en est un exemple. Une enquête annuelle similaire sur la CI par produit dans les secteurs d’activité de services a été récemment lancée.

L’analyse des écarts entre les ressources et les emplois des produits est réalisée pour les 425 ERE. Au début du processus, ces écarts apparaissent dans divers ERE. Quelques ERE sont calculés de telle manière que ces écarts ne devraient par définition pas apparaître. Si un écart apparaît dans l’un de ces ERE, c’est le résultat d’une erreur quelconque.

Les rapprochements entre ressources et emplois comprennent une vérification des calculs et des structures contenus dans le « système ». Du côté de l’offre, les coefficients techniques sont ajustés en fonction de la structure des inputs des secteurs d’activité. Les marges commerciales par produit peuvent faire l’objet d’un arbitrage.

 

 

b) Équilibrage à prix courants et constants

Étant donné que les équilibrages sont effectués simultanément en prix courants et en prix constants, il faut décider si un ajustement particulier peut affecter les valeurs en prix courants et en prix constants (volume), ou seulement une des deux. Une procédure commune consiste à procéder à des ajustements proportionnellement similaires des valeurs en prix courants et constants, c’est-à-dire à modifier la croissance du volume, mais pas l’indice des prix. Une alternative est bien sûr de permettre à l’ajustement d’affecter soit la valeur en prix courants, soit le volume, et donc d’affecter l’indice des prix et/ou la croissance du volume. La troisième alternative consiste à permettre que l’ajustement affecte à la fois les valeurs en prix courants et les valeurs en prix constants, mais pas de manière proportionnelle, d’où une modification à la fois de la croissance du volume et de l’indice des prix.

Afin de prendre en compte les variations des prix relatifs, tous les emplois sont réévalués et déflatés à l’aide d’un indice de prix de l’offre intérieure établi par produit (Inhemsk tillgång, IHT). Cet indice de prix de l’offre intérieure est calculé comme suit : production + importations + ventes des administrations publiques et des ISBLSM + droits de douane et autres taxes sur les importations – exportations. Le calcul est effectué tant aux prix courants qu’aux prix constants, et l’indice de prix est obtenu de manière implicite. L’indice IHT ne couvre pas les variations de la fiscalité.

 

 

c) Équilibrage des secteurs d’activité

À un stade relativement précoce du processus de validation des données, une analyse par branche est également effectuée, portant sur des variables telles que la production, la consommation intermédiaire et la valeur ajoutée aux prix courants et constants. D’autres variables du compte d’exploitation — à savoir la rémunération des salariés ainsi que les autres impôts sur la production et les subventions — sont analysées simultanément aux prix courants.

 

 

d) Équilibrage simultané des secteurs d’activité et des produits

Ainsi, dans le cadre de l’analyse, du processus de validation des données et des travaux de rapprochement, les produits et les branches, l’offre et les emplois, ainsi que les prix et les volumes — domaines où une importance considérable est accordée aux séries chronologiques — sont évalués simultanément aux prix courants et aux prix constants.

Dans le processus d’équilibrage des ERE, toutes les variables peuvent être affectées. Toutefois, ce n’est que dans des cas exceptionnels que les variables de la consommation des administrations publiques sont modifiées. La répartition des produits peut être ajustée. Il est clair que le travail d’équilibrage peut mener à la détection et à la correction d’erreurs ou d’anomalies dans les données de base, mais des corrections fondées sur l’équilibrage proprement dit surviennent rarement. La raison en est que les calculs sont basés sur une source complète et détaillée qui ne peut guère être remise en question. La source statistique pour les secteurs des administrations publiques est également complète dans la mesure où elle couvre les transactions totales pour les secteurs non marchands, ce qui offre de bonnes certitudes sur la qualité de cette source.

En cas d’écart important entre l’offre et la demande, et si aucune anomalie n’est relevée lors du processus de validation des données, il peut être décidé d’équilibrer manuellement le produit. Le plus souvent, les produits faisant l’objet d’un équilibrage manuel sont ceux connus pour présenter des problèmes d’équilibre ; il s’agit parfois de situations où l’on constate un excédent d’offre (ou de demande) pour un produit donné, conjugué à un excédent de demande (ou d’offre) pour un produit étroitement lié. Lorsqu’ils sont traités manuellement, ces produits ne sont pas totalement équilibrés ; l’objectif est d’apporter des ajustements justifiés aux déséquilibres majeurs avant le lancement du processus d’équilibrage automatique.

 

 

 

 

 

 

V – L’AUTRICHE

Les tableaux des ressources et des emplois(TRE)  servent à valider les résultats de l’élaboration des comptes nationaux. Ils constituent la plateforme où les résultats issus des trois approches du PIB sont confrontés et réconciliés. Les approches par la production et par la dépense sont calculées indépendamment ; pour l’approche par le revenu, la rémunération des salariés, les impôts et subventions sur la production ainsi que la consommation de capital fixe sont calculés directement, tandis que l’excédent d’exploitation et le revenu mixte sont obtenus par solde.

Les TRE de ‘année [T] sont produits – conformément aux dispositions du SEC 2010 – pour l’année de déclaration [T-3]. Les valeurs et les structures des années précédentes sont utilisées à des fins de comparaison et de contrôle de plausibilité. Les TRE sont établis pour les années T-2 et T-1. Mais ceux-ci ne sont pas équilibrés systématiquement et ne servent qu’à des fins d’analyse. Jusqu’à présent, les TRE n’ont été publiés qu’aux prix courants en Autriche ; l’élaboration de TRE aux prix de l’année précédente est en cours de développement.

Les TRE se veulent entièrement compatibles avec les comptes nationaux annuels en termes de méthodologie et de données. Afin de garantir l’intégration des données, les résultats préliminaires des comptes nationaux annuels constituent le point de départ de la préparation du TRE et, à leur tour, les résultats du TRE définissent les résultats finaux pour les comptes nationaux annuels.

Les résultats des trois approches issus des comptes nationaux annuels servent de point de départ à l’élaboration des TRE. Lors du processus d’équilibrage, les résultats issus de l’approche par la production sont considérés comme les plus fiables, car la base statistique y est la plus complète. Toutefois, cela ne signifie pas que les résultats de l’approche par la production ne peuvent en aucun cas être modifiés. Si des éléments indiquent que les calculs initiaux de l’approche par la production sont inadéquats, des ajustements peuvent également être apportés aux chiffres des comptes de production. En pratique, la plupart des modifications effectuées lors du processus d’équilibrage concernent les catégories d’emplois de l’approche par la dépense. Les composantes de la valeur ajoutée issues de l’approche par le revenu sont généralement intégrées dans les tableaux des ressources et des emplois sans ajustement supplémentaire. L’excédent d’exploitation (ou la consommation des administrations publiques et des ISBLSM) est naturellement recalculé après modification des résultats de l’approche par la production.

La procédure d’équilibrage vise à détecter et à corriger toute incohérence éventuelle. Si nécessaire, des écarts par rapport aux données initiales, même importants, sont autorisés. Les corrections majeures sont effectuées en étroite coordination avec les experts des comptes nationaux annuels responsables des calculs préliminaires.

Des ajustements pour exhaustivité sont déjà effectués lors de l’élaboration des comptes nationaux annuels. Ces résultats sont transférés dans les tableaux des ressources et des emplois, où ils sont analysés et équilibrés si nécessaire. Dans le processus d’équilibrage, les ajustements pour exhaustivité sont traités comme des flux de produits indépendants et peuvent donc être facilement distingués des autres transactions.

Les postes équilibrés sur le plan conceptuel, tels que les SIFIM, la production non marchande des banques centrales, la production pour compte propre, etc., peuvent être aisément distingués des autres flux (E.R.E) de produits, car ils sont intégrés dans le système en tant que produits ou flux de biens et services distincts. Toute incohérence à cet égard est donc immédiatement visible et peut être corrigée. Les variations de stocks ne sont généralement pas utilisées comme poste d’équilibrage.

En principe, toutes les composantes du système des ressources et des emplois peuvent être modifiées au cours du processus d’équilibrage. Toutefois, certains éléments du système se heurtent à des obstacles plus importants. Les résultats issus des statistiques publiques ne sont ajustés qu’en étroite collaboration avec les experts compétents ; de même, les comptes de production de l’agriculture et de la sylviculture, ainsi que d’autres composantes du système calculées selon une approche fonctionnelle (logements occupés par leur propriétaire, etc.), ne sont généralement pas modifiés lors du processus d’équilibrage.

L’établissement des tableaux des ressources et des emplois aux prix d’acquisition est obligatoire. Une autre version, établie aux prix de base, est également publiée. Si les données initiales relatives aux emplois sont déjà évaluées aux prix d’acquisition, il est nécessaire de créer une base d’évaluation comparable pour les ressources.

Les données initiales pour la préparation des TRE sont les résultats des approches de la production annuelle, des dépenses et des revenus. Toutes les sources de données utilisées pour le calcul des résultats des comptes nationaux annuels sont donc également une source de données indirectes pour l’élaboration des TRE.

Certaines de ces données sont déjà disponibles au niveau de la ventilation par produit nécessaire à l’équilibrage, mais pour la plupart d’entre elles, cette dimension « produit » doit être ajoutée. Les sources de données supplémentaires pour les TRE sont donc toutes des statistiques qui fournissent des informations sur la structure par produit des ressources et des emplois.

 

 

 

 

 

1/ Le processus d’équilibrage 

Les méthodes d’estimation des agrégats des ERE fournissent un montant de ressources et d’emplois pour chacun des produits qui sont repris dans le TRE. À ce stade, les deux côtés ne sont pas entièrement comparables en termes d’évaluation puisque les emplois sont toujours évalués aux prix d’acquisition, TVA comprise. Afin d’équilibrer correctement les ERE, la TVA non déductible doit donc être déduite des emplois. Pour ce faire, on utilise un ensemble détaillé d’hypothèses sur les activités et les produits concernés et une hypothèse de taux de TVA qui peut être soit la TVA légale, soit un taux mixte. Les exceptions à ces cas sont définies séparément en indiquant l’activité et le produit concernés ainsi que le taux de TVA et les catégories d’emploi auxquels ces hypothèses doivent être appliquées. Les valeurs ainsi calculées sont comparées à l’encaissement réel de la TVA et déduites des emplois pour chaque produit. Ce n’est qu’après cette étape que les ressources et les emplois sont totalement comparables et que les différences éventuelles peuvent être attribuées exclusivement à des incohérences dans les données.

Il est évident que la TVA non déductible est calculée à nouveau après coordination des ERE. Ces valeurs calculées du côté des emplois sont saisies à la fois du côté des ressources et du côté des emplois, ce qui permet d’obtenir l’évaluation pertinente pour les résultats finaux aux prix d’acquisition, tant pour les ressources que pour les emplois des produits.

Il s’ensuit que l’équilibrage est effectué au niveau de l’évaluation des prix d’acquisition hors TVA non déductible. L’avantage de cette approche est la comparabilité directe des sources statistiques de base et des données d’enquête avec les chiffres du système des ERE.

 

 

 

 

2/ Le processus d’équilibrage et le rôle du système des équilibres-ressources-emplois de produits

Le système des E.R.E des produits joue ainsi un rôle central dans le processus d’élaboration et d’équilibrage des tableaux des ressources et des emplois. L’examen des écarts entre les ressources et les emplois de produits commence par l’analyse des résultats des calculs de flux de produits. Les valeurs totales de la consommation intermédiaire et des emplois finals par produit sont définies dans le système de flux de produits, puis transférées dans les tableaux des ressources et des emplois.

Dans la plupart des cas, les résultats relatifs aux composantes des emplois finals sont intégrés au système des ressources et des emplois sans modification ; en revanche, les résultats de la consommation intermédiaire issus des calculs de flux de produits sont comparés à ceux dérivés de l’approche par la production des comptes nationaux annuels. Les éventuels écarts sont analysés, recoupés avec d’autres sources statistiques, puis corrigés.

Dans ce contexte, tant les résultats des calculs de flux de produits que ceux des tableaux des ressources et des emplois (qui, à ce stade initial, reposent entièrement sur les résultats des comptes nationaux annuels) peuvent faire l’objet d’ajustements. Lors de l’identification des causes d’incohérence, les vérifications suivantes sont effectuées :

Une vérification de base des données de chaque compte de biens et services est réalisée — quelle que soit l’ampleur de l’écart entre ressources et emplois — en comparant certains indicateurs caractéristiques du nouveau tableau aux résultats définitifs des deux derniers tableaux des ressources et des emplois publiés ainsi qu’aux tableaux provisoires des années les plus récentes. Ce contrôle général porte à la fois sur les comptes de biens et services et sur les comptes de production.

Lors de la vérification des comptes de biens et services, la structure et l’évolution des ressources et des emplois sont examinées, en répondant notamment aux questions suivantes :

  • Comment les composantes des ressources et des emplois de produits ont-elles évolué par rapport au tableau précédent ?
  • La répartition entre consommation intermédiaire et diverses catégories de consommation finale dans l’utilisation des produits a-t-elle changé ?
  • La marge totale sur les produits est-elle plausible au regard du volume de produits susceptibles d’être commercialisés ou transportés ?

Lors de la vérification des comptes de production, les questions suivantes sont posées :

  • La structure de la production non caractéristique d’une activité donnée a-t-elle considérablement changé ?
  • Tous les biens intermédiaires nécessaires sont-ils disponibles pour une nouvelle production non caractéristique ?
  • Lorsqu’une ligne de production est arrêtée, le volume de biens intermédiaires requis a-t-il été réduit en conséquence ?
  • Comment les coefficients techniques ont-ils évolué ?

 

Si des structures ou des évolutions invraisemblables sont constatées, une vérification plus approfondie des données sous-jacentes est effectuée. Au cours de ce processus, on considère que certaines données sont plus fiables que d’autres. En règle générale, les données relatives à l’offre sont considérées comme plus « solides » que celles relatives à l’emploi, et les informations issues des enquêtes annuelles primaires comme plus fiables que celles reprises des années précédentes, etc. La vérification elle-même se déroule en plusieurs étapes :

Tout d’abord, les informations « solides » issues des enquêtes annuelles sont à nouveau contrôlées en remontant aux sources d’information initiales pour examiner, par exemple, les rapports de production issus des statistiques d’entreprises, les données sur la consommation de matières premières, auxiliaires et d’exploitation issues des statistiques sur les consommations de matières, ou encore la consommation des ménages issue du compte des flux de produits, le cas échéant à un niveau très détaillé.

À cet égard, il convient de noter que ces vérifications sont effectuées au niveau de l’entreprise chaque fois que cela est possible. Le couplage de microdonnées a pris une importance croissante ces dernières années et constitue un outil majeur pour détecter des incohérences, non seulement dans le système « ressources-emplois », mais aussi dans les enquêtes sous-jacentes.

Les erreurs typiques détectées à ce stade sont, par exemple, des classifications de produits incohérentes entre la production et les exportations au niveau de l’unité, des valeurs d’exportation manquantes ou excessives pour une unité donnée par rapport à sa production, ou encore des incohérences entre la consommation intermédiaire et les importations au niveau de l’unité, etc.

Si des écarts importants subsistent après cette vérification, on examine non seulement les structures, mais aussi les valeurs de base relatives à la production et à la consommation intermédiaire issues des comptes nationaux annuels, valeurs qui étaient initialement considérées comme figées. Des échanges approfondis ont lieu avec les experts pour évaluer la fiabilité de ces valeurs de base. À cette fin, une documentation détaillée — souvent établie au niveau de l’entreprise — est produite pour confronter les données déclarées lors des diverses enquêtes aux données administratives (statistiques sur la taxe sur le chiffre d’affaires) et à d’autres informations recueillies, afin de proposer des solutions sur cette base.

Lors de la dernière étape, l’attention se porte sur les facteurs « souples », tels que les hypothèses erronées concernant les marges et les circuits de distribution dans le compte des flux de produits, ou les erreurs résultant du report de structures de produits antérieures ; ces éléments doivent être corrigés car, par exemple, les coefficients de consommation intermédiaire évoluent dans le temps. C’est souvent le cas pour les produits dont les prix peuvent subir des variations brutales sur une courte période (pétrole brut et gaz naturel, produits pétroliers raffinés, etc.) ou dont les coefficients d’intrants sont fortement influencés par la croissance ou le recul de l’économie (services d’agences d’intérim, etc.).

Toutes ces corrections sont effectuées manuellement pour chaque compte de biens et services ; en règle générale, les écarts ne sont pas éliminés par une réaffectation au prorata ni par d’autres procédures automatiques.

Toute correction fait l’objet d’une concertation avec les experts des comptes nationaux afin de garantir qu’aucune rupture inacceptable de série chronologique ni aucun autre résultat invraisemblable ne soit publié. Les corrections apportées sont documentées et transférées dans le système de manière à permettre la reconstitution de l’état du traitement à tout moment. Dans la mesure du possible, la documentation permet de relier les constatations aux unités à l’origine des incohérences. Un retour d’information est également communiqué aux experts chargés des enquêtes auprès des entreprises. Les modifications importantes sont expliquées aux utilisateurs lors de la publication des résultats définitifs.

 

 

3/ Les différents ajustements en Auriche

Dans le cadre du cycle de vérification du RNB 2020-2024 d’Eurostat, l’Autriche a été invitée à estimer directement l’ajustement conceptuel et à identifier les obstacles à de telles estimations directes. Lors du recalcul des éléments d’ajustement pour la révision de référence de 2024, une analyse approfondie a permis de conclure que la possibilité d’une estimation directe dépend fortement de la nature de l’ajustement. Un calcul direct est possible pour un ajustement méthodologique, et impossible pour un ajustement statistique.

Si l’ajustement est de nature méthodologique, comme les dépenses de R&D de type 1 et les indemnités d’assurance de type 2, une estimation directe est possible. Les raisons justifiant la mise en œuvre de ces ajustements sont claires. Leur impact est prévisible et leur nécessité ne dépend pas des pratiques de déclaration dans le SBS ni dans d’autres statistiques. Même avec un SBS parfait, ces ajustements seraient nécessaires. Les chiffres définitifs peuvent varier d’une année à l’autre, mais la nature du problème demeure inchangée. Ces problèmes étant liés à d’autres calculs du système de comptabilité nationale, les données disponibles pour le calcul direct sont également favorables.

La situation se complique considérablement lorsque le problème sous-jacent est de nature statistique, comme dans le cas de l’ajustement pour les biens et services sur-déclarés (type 3). Ces calculs ne peuvent reposer sur des considérations méthodologiques, ce qui rend l’anticipation des résultats et, par conséquent, l’élaboration d’un algorithme d’estimation adéquat beaucoup plus difficiles. La nécessité d’une correction découle entièrement du fait que les répondants ne déclarent pas correctement les chiffres demandés. Avec un SBS parfait, cet ajustement ne serait pas nécessaire. Les raisons de ces erreurs de déclaration restent floues. Les directives sont claires, les experts du SBS sont conscients du problème et apportent un soutien précieux, et pourtant, les chiffres publiés présentent le même biais chaque année.

Pour remédier à ce problème, les experts de l’enquête SBS sur les entreprises (Structural Business Statistics) envisagent plusieurs actions : le rapport SBS s’appuie généralement sur les caractéristiques/données de la comptabilité de l’entreprise (bilan ou compte de résultat), les exceptions relatives aux autres charges d’exploitation figurant dans les notes explicatives étant prises en compte dans les rapports et le traitement. Toutefois, il est possible que les exceptions définies soient partiellement incluses dans les rapports, car, dans certains cas, cela ne peut être vérifié sur la base de contrôles de plausibilité ou de données administratives.

Depuis 2021, le SBS dispose du canal de transmission des bilans, permettant le dépôt direct des rapports à partir des systèmes comptables des entreprises. Dans ce cadre, les comptes individuels sont souvent également transmis, ce qui permet une rattachement clair des comptes aux caractéristiques du SBS et, par conséquent, l’observation et l’analyse directes des exceptions définies dans le rapport.

Il est ainsi possible de vérifier séparément les exceptions définies dans les autres charges d’exploitation et de calculer leur part dans le total des autres charges d’exploitation du secteur concerné, puis de reporter ce facteur dans le supplément de données basé sur un modèle SDM (Statistical Data Model) qui décrit la structure des données statistiques et les relations entre leurs différents éléments. Ce gain d’information grâce aux comptes individuels devrait ensuite être intégré au SDM et ainsi fournir une image beaucoup plus précise de l’économie.

Dans le cadre du SDM, les données comptables (données fiscales) sont également utilisées pour la consommation intermédiaire ; elles sont vérifiées et utilisées en fonction de leur disponibilité et de leur qualité. Ces données s’efforcent également de vérifier et d’éliminer séparément la part des exceptions définies dans les autres dépenses de fonctionnement.

La coopération entre la comptabilité nationale et le SBS s’est progressivement renforcée ces dernières années. Les cas individuels sont clarifiés et comparés en continu et, si nécessaire, des consultations complémentaires sont menées avec les personnes interrogées. Les points suivants sont actuellement examinés et analysés au sein du SBS, suite aux échanges intervenus concernant les autres dépenses d’exploitation :

  • Examen de la prise en compte de la production secondaire
  • Analyse de la ventilation des recettes selon les sections de la classification CPA, y compris en lien avec la production secondaire
  • Analyse des recettes (y compris la comparaison des données avec les Statistiques à court terme/PRODCOM et les exportations)
  • Examen des postes détaillés déclarés dans la balance des paiements et comparaison avec les données du SBS
  • Analyse des nouveaux secteurs de services (ÖNACE P à S96) intégrés à l’enquête lors de l’élargissement de son champ d’application.

Cette analyse détaillée d’une éventuelle sous-estimation de la production de services aux entreprises vise à accroître la production secondaire de ces services, ce qui permettrait de réduire la nécessité d’ajuster les autres dépenses d’exploitation du côté de la consommation intermédiaire.

Les résultats des analyses menées par les statisticiens des SBS ne sont pas encore intégrés aux chiffres de 2021. Ils seront progressivement pris en compte dans les enquêtes ultérieures. Les mesures suivantes sont prévues à court terme :

  • Complément de données basé sur des modèles (MDE)

La part des « autres charges d’exploitation » dans la consommation intermédiaire totale des unités non enquêtées directement — mais remplacées par une estimation basée sur des modèles (MDE) — est plus élevée que celle des unités enquêtées directement. Afin de corriger ce biais, de nouvelles informations issues des comptes nationaux seront intégrées aux SBS à partir de l’année de référence 2023. Le montant exact de cet ajustement n’est pas encore déterminé, mais il devrait être significatif.

  • Déclaration via le détail du bilan (balance list reporting)

Concernant l’analyse de la part des exceptions définies au sein du total des « autres charges d’exploitation » issues des déclarations détaillées du bilan, il ne sera pas possible d’entamer ce travail avant 2026 au plus tôt, compte tenu de la situation et des ressources actuelles. L’année 2026 revêt également un aspect technique : SAP propose désormais une option pour ce type de déclaration, mais uniquement dans le système S4HANA, vers lequel de nombreuses entreprises ne sont pas encore passées.

  • Analyse de la production secondaire de services aux entreprises

L’analyse d’une éventuelle sous-estimation de la production secondaire de services aux entreprises constitue un processus continu. Les premiers résultats seront intégrés aux SBS 2023 pour la catégorie NACE L68. Tous les ajustements apportés aux données SBS seront par la suite également répercutés sur les résultats des comptes nationaux.

Ajustement total des autres charges d’exploitation, année 2021, en milliers d’euros

 

 

 

 

 

 

4/ Évolution des composantes du PIB et des activités après les arbitrages

Le tableau suivant présente les variations du PIB par composante ainsi que les évolutions par activité. La colonne « PRE » contient les résultats préliminaires, tandis que la colonne « POST » indique les résultats définitifs du processus d’équilibrage, la différence entre les deux valeurs correspondant aux ajustements d’équilibrage. Les valeurs du système « POST » sont parfaitement équilibrées, ce que confirme la valeur nulle figurant à la ligne « Divergence statistique ».

Ce tableau présente les modifications apportées, pour l’année 2021, aux composantes du PIB dans le cadre du processus d’équilibrage selon les approches de la production, des revenus et des dépenses. Des ajustements ont été effectués sur le PIB selon l’approche de la production (et celle des revenus). Les chiffres du tableau de la valeur ajoutée (non publié ici) , qui font apparaître les variations de la valeur ajoutée pour les différentes sections de la NACE, confirment ce constat. Si des ajustements sont observés dans la plupart des branches d’activité, les modifications les plus significatives concernent l’industrie manufacturière et la production et distribution d’énergie. Du côté des dépenses, les ajustements les plus importants portent sur le commerce extérieur, la FBCF et les dépenses des ménages. Ces modifications sont considérables si on les compare aux ajustements effectués du côté de la production.

Évolution des composantes du PIB, année de référence 2021 – en millions d’euros

 

 

 

 

 

5/ Valeurs du PIB avant et après équilibrage

Les tableaux suivants présentent des séries chronologiques selon différentes dimensions, telles que les variations par méthode de calcul, par activité et par produit. Il convient toutefois de noter que les valeurs antérieures à 2021 — année de référence d’une révision majeure — ne peuvent être comparées aux résultats des comptes nationaux annuels, car les données sur les ressources et les emplois n’ont pas été révisées.

Ce tableau présente les modifications apportées au processus d’équilibrage selon les trois approches de calcul du PIB pour la période 2017-2021. Comme on peut le constater, les variations totales relatives à l’approche par les revenus correspondent généralement à celles de l’approche par la production, étant donné qu’aucune modification n’est apportée, la plupart des années, à la rémunération des salariés ni aux impôts et subventions sur la production. La consommation de capital fixe est naturellement recalculée après la modification de la formation brute de capital fixe, mais ces ajustements sont compensés par le recalcul de l’excédent d’exploitation ou du revenu mixte.

En règle générale, les résultats issus de l’approche par la production sont considérés comme plus fiables que ceux de l’approche par les dépenses. Toutefois, on constate aisément qu’il a souvent fallu ajuster également les résultats de l’approche par la production en raison de diverses incohérences détectées.

L’élaboration de l’approche par les dépenses repose principalement sur des calculs des E.R.E. des produits. Les résultats concernant la consommation des ménages, issus des comptes nationaux annuels et fondés sur ces calculs ddes E.R.E. des produits, sont directement intégrés dans les tableaux des ressources et des emplois, puis ajustés si nécessaire lors du processus d’équilibrage. Les données provenant des enquêtes sur le budget des ménages et d’autres sources sont déjà prises en compte dans les calculs des comptes nationaux annuels et ne nécessitent pas d’examen distinct.

Dans les tableaux des ressources et des emplois, la formation brute de capital fixe était initialement calculée à partir des valeurs institutionnelles par branche d’activité issues des statistiques structurelles sur les entreprises (comme en France) ; ce n’est que dans un second temps qu’elle était confrontée aux résultats des calculs des E.R.E. des produits, puis équilibrée. Par le passé, cette méthode entraînait des ajustements d’équilibrage relativement importants pour la formation brute de capital fixe. Afin de concilier les valeurs institutionnelles et les résultats fondés sur les fdes E.R.E. des produits en amont, une étape de rapprochement a été intégrée dès le stade des comptes nationaux annuels. Cette procédure a amélioré la qualité des estimations initiales et considérablement réduit les besoins d’ajustement pour la formation brute de capital fixe ces dernières années.

Par le passé, les corrections apportées aux importations et aux exportations étaient effectuées au cas par cas, en fonction des constatations faites lors du processus d’équilibrage. À la lumière des discussions internationales sur le traitement des unités non résidentes immatriculées uniquement à la TVA, une étape de correction concernant les transactions de ces unités avec des résidents a été introduite très en amont du processus d’élaboration des comptes nationaux annuels. Cette mesure a considérablement amélioré la qualité des estimations initiales et réduit la nécessité d’ajustements d’équilibrage dans les tableaux ressources-emplois. Il en va de même pour l’estimation des importations et des exportations ne donnant pas lieu à un transfert physique au-delà de la frontière nationale. Ces transactions, qui ne sont pas prises en compte dans les statistiques du commerce international de marchandises (ITGS), sont désormais calculées de manière indépendante à un stade très précoce du processus d’élaboration des comptes nationaux. L’identification d’autres besoins d’ajustement pour les importations et les exportations lors de l’équilibrage ressources-emplois s’est appuyée de plus en plus sur des exercices de couplage de microdonnées ; cette approche a favorisé une meilleure cohérence entre les différents domaines statistiques et, par conséquent, a accru la qualité des chiffres équilibrés des comptes nationaux.

Modifications des composantes du PIB dans le processus d’équilibrage : Variations des composantes du PIB, en millions d’euros, année 2017 – 2021

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VI – LE DANEMARK

 

1/ Le TRE

Le système actuel de tableaux des ressources et des emplois (TRE) du Danemark a été mis en place au milieu des années 1970. Depuis lors, le calcul des TRE annuels fait partie intégrante de l’élaboration des comptes nationaux annuels, tant aux prix courants qu’aux prix constants.

L’intégration des TRE dans l’élaboration des comptes nationaux implique que plusieurs agrégats de ces comptes sont directement dérivés des TRE. Cela concerne en particulier tous les agrégats figurant dans le « compte de biens et services » et le « compte de production ». Cette procédure intégrée se distingue de celle où les TRE sont établis après la production des chiffres des comptes nationaux, ce qui impose un certain nombre de contraintes aux totaux des TRE.

De manière générale, l’avantage d’intégrer l’élaboration des TRE au processus de production des comptes nationaux peut être résumé comme suit :

  • C’est le moyen le plus efficace d’incorporer systématiquement toutes les données de base – qu’elles soient agrégées ou détaillées – dans le cadre des comptes nationaux.
  • C’est un moyen efficace d’assurer la cohérence à un niveau détaillé et, par conséquent, d’améliorer la qualité globale des comptes nationaux.

Les TRE danois sont établis conjointement aux comptes annuels définitifs, qui sont publiés avec un décalage de deux ans et demi (soit pour l’année t-3). Les informations structurelles contenues dans les TRE de la dernière année définitive servent à l’élaboration des TRE annuels provisoires (calculés pour l’année t-2), ainsi qu’à celle des données provisoires pour l’année t-1 et des comptes nationaux trimestriels, pour lesquels aucun TRE n’est produit. La description qui suit porte donc sur l’élaboration des TRE dans le cadre des comptes nationaux annuels définitifs pour l’année t-3.

Les produits sont présentés en lignes, tandis que les catégories d’utilisation (par branche d’activité, groupe de consommation, etc., le cas échéant) figurent en colonnes. Il convient de noter que ce qui est désigné ici par « lignes » et « colonnes » correspond aux parties pertinentes de l’ensemble des « couches » représentées sur la figure.

Pour commencer, l’offre est présentée sous forme de matrice de valeurs de base dans la partie gauche de la figure. À droite, la matrice des emplois aux prix de base apparaît comme la « couche » inférieure. Dans le système équilibré des flux de produits, l’offre totale aux prix de base doit être égale à l’emploi total aux prix de base pour chaque produit. Les marges commerciales et de transport constituent ici un cas particulier : du côté de l’offre, elles sont comptabilisées comme une production de services commerciaux aux prix de base par les branches qui les génèrent, mais elles sont exclues du niveau des prix de base du côté des emplois. Elles figurent ici dans les matrices de marges, où elles sont réparties conjointement aux valeurs de base auxquelles elles se rattachent. La matrice du commerce de gros inclut également les marges de transport.

Les impôts nets sur les produits et la taxe sur la valeur ajoutée non déductible sont également répartis sous forme de matrices du côté des emplois.

Au niveau des lignes et des colonnes, on distingue les groupes suivants :

On dénombre actuellement environ 2 350 produits, se répartissant en quelque 1 960 biens et 410 services. Pour les biens, les catégories sont définies comme un ou plusieurs groupes du Système harmonisé (SH) à six chiffres. Il existe au moins un bien « NA » (catégorie nationale) pour chaque groupe SH à quatre chiffres. Une table de correspondance reliant les biens NA à la CPA a été établie. Pour les services, les catégories reposent en principe sur la CPA à quatre chiffres. Dans certains domaines, les groupes CPA à quatre chiffres ont été subdivisés (par exemple, pour les services aux entreprises), tandis que dans d’autres, plusieurs groupes CPA à quatre chiffres ont été regroupés pour former les catégories NA (par exemple, le commerce). Les catégories NA relatives aux services restent pratiquement inchangées sur plusieurs années. La table définissant les catégories NA pour les biens est mise à jour annuellement afin de prendre en compte les modifications — généralement peu nombreuses — apportées aux groupes SH.

Le nombre de colonnes pour la production intérieure est de 117, reflétant la distinction opérée entre 117 groupes d’activité. Ces groupes reposent sur la nomenclature officielle danoise des activités, laquelle présente des liens directs avec la NACE et la CITI. Le classement par activité se fonde sur les unités d’établissement (unités d’activité économique locale). Dans quelques cas, nous avons jugé important de définir des branches plus homogènes selon l’activité. Cela concerne la production agricole, la construction, ainsi que le commerce et la réparation de véhicules automobiles. Ainsi, par exemple, nous regroupons toutes les activités commerciales au sein des branches définies par l’activité « commerce », indépendamment du secteur auquel l’activité est rattachée dans les statistiques primaires.

La colonne des importations est un vecteur représentant les importations par produit. Ultérieurement, nous la transformons en une matrice intégrant une dimension géographique, mais cet aspect ne fait pas partie du cadre central du système emplois-ressources (SUT).

La ​​consommation intermédiaire est ventilée selon les 117 mêmes branches d’activité que la production intérieure. Jusqu’à récemment, le volet des emplois comportait une rubrique supplémentaire pour la consommation intermédiaire de SIFIM ; cette rubrique a disparu, car les SIFIM sont désormais répartis entre les différents emplois.

Les dépenses de consommation finale des ménages et des ISBLSM sont ventilées en 83 groupes COICOP. Cette classification repose sur la nomenclature COICOP.

Les dépenses de consommation finale des administrations publiques sont réparties en trois grands groupes : les dépenses de consommation collective, les dépenses de consommation individuelle de services produits par les administrations publiques, et les dépenses de consommation individuelle de services produits par des producteurs marchands mais financés par les administrations publiques et fournis aux ménages — sans transformation — sous forme de transferts sociaux en nature. Le premier groupe est subdivisé en 10 groupes COFOG, tandis que les deux autres sont ventilés selon les 83 groupes COICOP.

La formation brute de capital fixe (FBCF) est ventilée en 13 groupes selon le type de bien d’investissement (matériel de transport, bâtiments neufs, etc.). Combinée aux lignes de produits, cette ventilation aboutit à une structure quasi diagonale, ne comportant que très peu d’éléments hors diagonale. Cette subdivision se justifie par des considérations pratiques liées à nos systèmes d’établissement des comptes provisoires et trimestriels. Un système distinct répartit chaque type de FBCF par produit et entre 69 branches d’activité.

Les variations de stocks sont classées en 7 catégories selon la nature des stocks (par exemple, stocks de matières premières, stocks du commerce de gros, etc.).

Pour des besoins de déflation, les exportations sont scindées en deux catégories : les exportations ordinaires et les réexportations. Ultérieurement, nous transformons ces données en une matrice intégrant une dimension géographique, mais cet aspect ne fait pas partie du cadre central du système emplois-ressources (TRE).

 

 

2/ Ampleur des ajustements d’équilibrage

Le tableau suivant présente les estimations et les ajustements d’équilibrage relatifs au PIB estimé selon les approches de la production et de la dépense, respectivement. Comme les sources sous-jacentes au PIB calculé selon l’approche de la production sont généralement considérées comme plus précises et plus fiables, la plupart des ajustements d’équilibrage sont effectués du côté de la dépense.

PIB selon les approches de la production et de la dépense en 2021

 

Les deux tableaux suivants suivant illustrent les ajustements d’équilibrage selon les process tables. Le tableau du PIB par la production n’est pas publié ici.

Une comparaison entre les ajustements d’équilibrage figurant dans les process tables et ceux des tableaux ressources-emplois présentés en annexe révèle une certaine incohérence. Cela s’explique par le fait que l’établissement des comptes nationaux — y compris l’équilibrage du PIB selon les optiques de la production et de la dépense — constitue un processus long et exhaustif. Comme les comptables nationaux danois qualifient d’« équilibrage manuel » repose sur de nombreuses étapes itératives — dont certaines ne sont pas considérées comme des ajustements d’équilibrage au sens strict —, il est difficile d’assurer une cohérence totale entre les comptes nationaux non équilibrés des process tables et les tableaux ressources-emplois.

L’examen des données de 2021 et de l’équilibrage dans les tableaux ressources-emplois fait apparaître une correction assez importante pour la catégorie CPA_C29 (véhicules automobiles, remorques et semi-remorques), les importations ayant été ajustées de 11 milliards de couronnes danoises (DKK). Cette correction n’apparaît pas en tant qu’ajustement des importations dans le tableau de processus. Au cours du processus d’équilibrage, un problème a été identifié concernant la catégorie C29 ; une correction des importations a alors été effectuée en collaboration avec les équipes chargées de la balance des paiements, entraînant la mise à jour du fichier correspondant. La majeure partie de l’augmentation de l’offre de produits C29 a été affectée à la formation brute de capital fixe (FBCF) du côté des emplois. La FBCF en construction est peu arbitrée.

Une autre raison expliquant les écarts entre l’équilibrage des tableaux de processus et celui des tableaux ressources-emplois tient à l’utilisation de fichiers différents selon les étapes : correction des sources de données, validation des données ou équilibrage. En règle générale, c’est l’étape de calcul dite d’« équilibrage final » qui est considérée comme l’« équilibrage » dans le contexte des tableaux de processus et des tableaux ressources-emplois.

Il y a un point particulier intéressant : de nombreuses multinationales y sont implantées (notamment dans la pharmacie et le transport maritime), ce qui conduit les statisticiens danois à effectuer des ajustements importants pour attribuer correctement la valeur ajoutée produite sur le territoire danois. C’est souvent là que se situent les principaux arbitrages statistiques, plutôt que dans une modification du bénéfice lui-même.

Dans beaucoup de pays de l’UE, l’EBE est la variable qui absorbe une partie des révisions nécessaires pour assurer la cohérence entre les comptes de production, de revenus et de dépenses.

Pour le Danemark, c’est particulièrement vrai en raison du poids des grandes multinationales. Les statisticiens de l’office national ajustent les revenus d’exploitation afin de respecter les règles du SEC 2010 et de refléter correctement la production réalisée sur le territoire danois. Ces ajustements peuvent modifier l’EBE par rapport aux bénéfices figurant dans les comptes des entreprises.

L »EBE est révisé et ajusté dans le cadre de la construction des comptes nationaux, mais il est estimé à partir de ses propres sources (statistiques d’entreprises, données fiscales, etc.), puis intégré dans les comptes de revenus. Ainsi l’EBE n’est pas un simple « solde résiduel » calculé comme PIB − salaires − impôts. Il est d’abord estimé à partir de données observées, puis peut être révisé et ajusté lors de l’équilibrage des comptes.

Tableau du PIB selon l’approches de la dépense en 2021 milliaions de couronnes danoises

Tableau du PIB selon l’approches revenu en 2021

 

 

 

2/ Procédure d’équilibrage du PIB

a) Vue d’ensemble du processus d’équilibrage

Le processus d’élaboration du tableau des ressources et des emplois (TRE) pour une année donnée peut être résumé par les étapes suivantes :

  • La première étape consiste à rassembler toutes les données disponibles pour l’année de référence concernant les totaux cibles et autres valeurs pouvant être saisies directement dans le système comme prédéterminées.
  • L’étape suivante consiste à créer une version initiale complète du TRE. Cette version est établie au moyen de processus automatisés, mais il subsiste à ce stade un certain nombre de problèmes non résolus : pour certains produits, l’offre ne correspond pas aux emplois ; pour la plupart des catégories d’emplois, les totaux diffèrent généralement des cibles ; les marges commerciales et de transport totales ainsi que la TVA totale peuvent également différer de leurs cibles respectives. Cette étape est appelée « équilibrage automatique ».
  • Vient ensuite une étape au cours de laquelle la version initiale des équilibres par produit est ajustée manuellement. Les problèmes non résolus sont examinés en détail. Souvent, ces problèmes révèlent des erreurs dans les calculs fournissant les données d’entrée pour les équilibres par produit ou dans les statistiques primaires elles-mêmes. Des solutions peuvent être trouvées en collaboration avec les services compétents de l’institut de statistique et peuvent impliquer des modifications de l’offre, des emplois prédéterminés ou des totaux cibles. Certains produits sont redistribués entre les emplois afin de ramener l’écart entre les totaux et les cibles dans une fourchette acceptable pour chaque catégorie d’emploi. Les corrections apportées aux équilibres initiaux sont saisies dans le système pour créer une nouvelle version, qui n’est toutefois pas encore définitive. Cette étape est appelée « équilibrage manuel ».
  • Lors de la dernière étape, les écarts entre les totaux et les cibles sont éliminés, sauf lorsqu’ils sont jugés acceptables. C’est à ce stade que les marges commerciales et de transport ainsi que la TVA sont définitivement ajustées à leurs cibles. Cette étape est appelée « équilibrage final ».

 

b) Intégration des données disponibles pour l’année considérée

Pour un certain nombre de sous-systèmes, toutes les données disponibles font l’objet de corrections appropriées avant d’être intégrées dans le cadre des tableaux des ressources et des emplois (TRE). Les données disponibles pour une année donnée ne sont jamais exhaustives au point de permettre de remplir intégralement les tableaux des ressources et des emplois. Toutefois, elles offrent — comme brièvement décrit ci-dessous — un cadre suffisamment contraignant pour les valeurs du système afin de permettre l’élaboration fiable de l’ensemble des TRE.

De manière générale, on peut décrire brièvement comme suit les données intégrées directement chaque année dans le cadre des TRE :

Du côté des ressources, les données disponibles permettent de renseigner chaque année la matrice des ressources dans son intégralité. Les données issues des comptes de l’agriculture, des statistiques comptables (provenant des statistiques structurelles sur les entreprises) et des comptes des administrations publiques permettent de calculer la production totale aux prix de base (totaux par colonne pour les branches d’activité dans la fig. 1) pour la quasi-totalité des branches. Des calculs spécifiques ne sont nécessaires que pour quelques branches (intermédiation financière).

La ​​répartition de la production totale des branches par produit est dérivée directement des statistiques primaires pour l’agriculture et les administrations publiques. Pour l’industrie manufacturière, les totaux de production sont combinés aux statistiques Prodcom afin de calculer la répartition par produit. Les informations relatives à la répartition par produit dans le secteur des services sont quelque peu plus rares. Pour certaines branches de services, nous disposons d’informations annuelles sur la production par produit, par exemple pour les transports et les services informatiques. Pour d’autres, nous pouvons être amenés à nous appuyer sur des informations plus anciennes et ponctuelles concernant la répartition par produit. Dans certains cas, lorsque cela semble raisonnable et en l’absence d’autres informations, nous supposons une équivalence entre la production d’une branche de services donnée et son produit caractéristique. Par exemple, nous supposons que la production des architectes se compose de services d’architecture et que celle des coiffeurs consiste en des prestations de coiffure. Lorsque cette hypothèse est retenue, elle est appliquée au niveau de détail le plus fin de la nomenclature des branches (800 branches au total).Le total et la répartition par produit de la colonne des importations sont directement disponibles à partir des statistiques du commerce extérieur (pour les biens) et de la balance des paiements (pour les services).

Du côté des emplois, les informations sont moins abondantes et ne concernent généralement que les totaux par colonne. À l’exception des dépenses de consommation finale des administrations publiques, des exportations et de la variation des stocks, nous ne disposons que d’informations éparses et souvent irrégulières concernant l’utilisation par produit au sein d’une catégorie donnée.

Pour la consommation intermédiaire par branche, les valeurs totales aux prix d’acquisition sont extraites des mêmes sources que celles utilisées pour le calcul de la production totale.

Les totaux aux prix d’acquisition pour chacun des 83 groupes de dépenses de consommation finale des ménages sont estimés à partir de sources variées, les plus importantes étant les données sur le chiffre d’affaires du commerce de détail auprès des ménages et les enquêtes sur le budget des ménages. Les données relatives aux dépenses de consommation finale des administrations publiques sont disponibles directement dans les statistiques des comptes des administrations publiques, tant pour les totaux que pour la ventilation par produit.

Le sous-système d’estimation des totaux aux prix d’acquisition pour les dix groupes distincts de formation brute de capital fixe est relativement complet. Les statistiques comptables, combinées aux informations sur les entreprises nouvellement créées, nous fournissent un total général de la formation brute de capital fixe pour chaque branche d’activité. En y ajoutant des données sur l’offre intérieure totale de certains biens d’investissement (matériel de transport, construction, cheptel reproducteur, etc.), il est possible d’estimer les totaux aux prix d’acquisition pour chacun des dix groupes.

La variation des stocks pose un problème particulier : d’une part, il serait absurde de supposer une répartition par produit proportionnelle à celle de l’année précédente ; d’autre part, le calcul par solde de la variation des stocks de chaque produit — fondé sur l’égalité entre l’offre et la demande aux prix de base — est écarté. Cette décision se justifie en partie par la possibilité d’établir des estimations plus fiables, mais surtout parce qu’une telle méthode empêcherait d’utiliser l’identité entre ressources et emplois comme outil de vérification de toutes les autres estimations.

Dans certains cas, nous disposons de données sur les stocks de produits spécifiques, notamment agricoles et énergétiques, mais les informations généralement utilisées portent sur la valeur des stocks d’ouverture et de clôture de chaque branche. Ces stocks sont ensuite répartis par produit selon des hypothèses spécifiques. Par exemple, les stocks de matières premières d’une branche donnée sont répartis proportionnellement à la consommation intermédiaire de biens au sein de cette branche. Les stocks d’une branche commerciale donnée sont répartis proportionnellement à l’offre des biens habituellement commercialisés par cette branche. Les variations de stocks sont ensuite calculées pour chaque produit à l’aide de la technique habituelle de correction des prix. On obtient ainsi une colonne de variations de stocks ventilée par produit (aux prix d’acquisition), dont la plausibilité peut être considérée comme raisonnable.

 

 

 

 

 

 

 

VII – L’ITALIE

Les procédures d’équilibrage et de validation s’inscrivent dans un cadre plus large définissant un système de tableaux des ressources et des emplois (TRE), qui constitue la base des estimations des comptes nationaux pour l’Italie. En effet, l’élaboration des comptes repose sur une approche intégrée dans laquelle tous les agrégats de la comptabilité nationale sont décrits au sein d’un cadre comptable unifié — le système des TRE — permettant d’analyser conjointement le processus de formation de la production et l’équilibre entre ressources et emplois. Par conséquent, les TRE ne sont pas établis *a posteriori* à des fins d’analyse, mais sont conçus comme un outil d’élaboration des comptes nationaux.

Les agrégats composant les ressources et les emplois sont estimés indépendamment, à partir de sources statistiques qui diffèrent pour diverses raisons : origine des données, méthodes employées et degré de fiabilité. Il en résulte qu’après l’intégration des estimations issues de ces différentes sources, il est rarement possible d’obtenir d’emblée un schéma équilibré.

Dans ce processus, la réconciliation des différentes estimations joue un rôle crucial. Cette étape repose sur l’analyse, la correction et, enfin, l’équilibrage automatique des écarts entre les agrégats de ressources et d’emplois. L’ensemble des cadres comptables est équilibré simultanément grâce à un système de contraintes comptables, aboutissant ainsi à l’élaboration des tableaux des ressources et des emplois, évalués tant aux prix de base qu’aux prix d’acquisition.

 

 

 

 1/ Les deux approches « prodution » et « demande »

a) Aperçu historique de l’équilibrage

Présenter des tableaux récapitulatifs indiquant les valeurs des composantes du PIB selon les approches « production », « dépenses » et « revenus », avant et après équilibrage, ainsi que les ajustements d’équilibrage apportés à ces composantes (en tenant compte de la définition des ajustements d’équilibrage. Pour l’approche « production », fournir des informations pour chaque section de la NACE (y compris une ligne distincte pour les loyers imputés des logements occupés par leur propriétaire, au titre des activités immobilières – section L de la NACE).

L’introduction de l’équilibrage des estimations de comptabilité nationale remonte à la fin des années 1980 ; à l’époque, les estimations des ressources et des emplois par branche homogène étaient équilibrées à l’aide d’un tableau symétrique « produit par produit ». Dans le système actuel, les données sont estimées au sein d’un système intégré de tableaux des ressources et des emplois (TRE) ; les écarts constatés sont analysés et corrigés jusqu’à ce qu’ils soient réduits à de simples divergences statistiques, lesquelles font ensuite l’objet d’un équilibrage purement mathématique.

La méthode utilisée pour l’équilibrage automatique est une évolution de celle proposée par Stone, Champernowne et Meade (SCM) en 1942, fondée sur une application de la méthode des moindres carrés généralisés. Cette méthode consiste à transformer le système d’estimations initial — qui ne respecte pas les contraintes comptables — en un système équilibré, en redistribuant les écarts entre les différents agrégats sur la base d’une information *a priori* concernant le degré de fiabilité relative attribué à ces mêmes agrégats. Ce niveau de fiabilité est défini en fonction de la qualité et de l’exhaustivité des sources statistiques, ainsi que de la précision des méthodes de calcul utilisées pour produire les estimations. Dans le processus d’équilibrage, les postes les moins fiables sont davantage modifiés par la réaffectation des résidus comptables. La méthode implique l’élaboration d’un système de contraintes permettant d’équilibrer simultanément les cadres comptables relatifs aux estimations des ressources et des emplois.

L’application de la méthode est précédée d’une phase initiale au cours de laquelle les écarts entre le montant total des ressources et celui des emplois, pour chacun des 262 groupes de produits, sont analysés afin d’identifier toute incohérence, erreur de traitement, omission ou incompatibilité pouvant résulter de l’agrégation de données estimées indépendamment. L’équilibrage automatique n’est effectué que lorsque les écarts générés par le système peuvent être considérés comme étant de nature statistique.

 

 

b) Les principaux équilibrages en 2021

Les résultats historiques et de référence pour l’année de référence équilibrée 2021 sont analysés ci-dessous. Le tableau suivant présente une vue d’ensemble des composantes du PIB selon les approches « production » et « dépenses », avant et après équilibrage, ainsi que les ajustements d’équilibrage (en niveau et en pourcentage de la valeur des agrégats) pour 2021. L’analyse du PIB calculé selon l’approche « revenus » ne figure pas dans ce tableau. En l’absence de sources de données relatives à l’excédent brut d’exploitation et au revenu mixte, l’estimation des composantes du revenu du PIB ne peut être obtenue qu’une fois le cadre macroéconomique complet établi. Par conséquent, la procédure d’équilibrage s’applique uniquement au PIB selon les approches « production » et « dépenses ».

L’inventaire RNB de l’Italie précise quels produits, dans chaque composante de la dépense, ont reçu l’ajustement le plus important en 2021.  Aucun ajustement n’est effectué sur les dépenses de consommation finale des administrations publiques et des ISBLSM. S’agissant des dépenses de consommation des ménages et de FBCF, les effets les plus marqués s’observent dans l’industrie manufacturière (qui a enregistré une hausse de 0,2 et 0,5 milliard d’euros, respectivement).  Les exportations et importations ne sont pas arbitrées.

Au niveau agrégé, en 2021, la procédure d’équilibrage affecte principalement le PIB calculé selon l’optique de la production ; l’impact sur la valeur ajoutée se traduit par une diminution de 6 milliards d’euros, soit -0,4 % de la valeur ajoutée totale.

L’ajustement d’équilibrage sur la valeur ajoutée totale résulte de l’effet combiné d’une baisse de la production (-1,9 milliard d’euros) et d’une hausse des consommations intermédiaires (4,1 milliards d’euros).

Du côté des emplois, la consommation des ménages et la FBCF ont augmenté respectivement de 1,3 et 0,6 milliard d’euros, tandis que la variation des stocks n’a progressé que de 0,1 milliard d’euros.

Si l’on examine les données par branche d’activité, les effets du rééquilibrage sont majoritairement négatifs (tableau 6.1.1.2). En particulier, l’ajustement lié au rééquilibrage entraîne une diminution de la valeur ajoutée dans les secteurs du commerce de gros et de détail ainsi que de la réparation de véhicules automobiles et de motocycles (-1,1 milliard d’euros – section G) et des services administratifs et de soutien (-0,7 milliard d’euros – section M), tandis que des effets négatifs mineurs sont observés dans d’autres secteurs : hébergement et restauration (-0,2 milliard d’euros – section I) et production et distribution d’eau, assainissement, gestion des déchets et dépollution (-0,1 milliard d’euros – section E).

Effet d’équilibrage sur le PIB – Optiques production et dépenses – année 2021 (milliards d’euros)

 

 

 

c) Le tableau récapitulatif indiquant les valeurs du PIB selon chacune des approches, avant et après équilibrage

Les effets de l’équilibrage sur le PIB estimé selon l’approche par la production et l’approche par la demande sont présentés pour les années 2014-2021 dans le tableau ci-dessous. Il convient de souligner que les ajustements figurant dans ce tableau se rapportent à l’estimation définitive de l’année (Yt-3) ; autrement dit, ils ne concernent pas la rétropolation effectuée à la suite de la dernière révision de référence. Par conséquent, les effets d’équilibrage présentés dans le tableau sont obtenus sur la base de trois années de référence différentes, toutes cohérentes avec les principes du SEC 2010 : a) l’année 2014 se réfère à l’année de référence 2014 et intègre les changements introduits par le SEC 2010 ; b) la période 2015-2020 se réfère à l’année de référence 2019 ; c) l’année 2021 se réfère à la dernière année de référence (2024).

Au vu des résultats historiques, il apparaît que l’ampleur et le sens de l’écart de rééquilibrage varient considérablement au fil du temps. Ce déséquilibre reste systématiquement inférieur à 1 % du PIB ; il atteint son niveau maximal en 2014 (le PIB calculé par l’approche production étant inférieur de 0,8 % à celui calculé par l’approche demande), tandis qu’en 2021, la situation s’inverse, le PIB par l’offre dépassant de 0,4 % celui par la demande. Sur la majeure partie de la série, le niveau du PIB rééquilibré correspond à la moyenne des niveaux obtenus par les deux approches. Ce n’est qu’à deux reprises que l’ajustement de rééquilibrage affecte principalement l’une des deux mesures (les dépenses en 2014 et la production en 2021, année toutefois particulière en raison de l’impact persistant de la pandémie de Covid).

Les effets variables, au fil des ans, sur les composantes « offre » et « demande » du PIB découlent des écarts constatés par produit et de la fiabilité relative des estimations issues des deux approches, mais aussi de l’évolution, au cours du temps, des méthodes d’estimation des différents agrégats.

Effet d’équilibrage du PIB – Approches par la production et par la dépense – Années 2014-2021

 

 

 

2/La procédure d’équilibrage du PIB

a) Les trois approches du PIB sont-elles utilisées ?

Le système soumis à la procédure d’équilibrage ne concerne que les estimations issues de l’offre et de la demande, car les données de base disponibles ne permettent d’établir des estimations indépendantes du PIB qu’à partir de ces seules approches. Comme indiqué dans la section précédente, l’approche par les revenus ne peut être estimée de manière indépendante ; la répartition des revenus est obtenue dans un second temps, lors de l’élaboration des comptes nationaux par secteur institutionnel. L’excédent brut d’exploitation/revenu mixte est calculé comme la différence entre les estimations équilibrées de la valeur ajoutée et les autres revenus primaires distribués.

Comme déjà mentionné, l’équilibrage entre les estimations de l’offre et de la demande a été introduit dans les comptes nationaux italiens dès les années 1980. Au fil du temps, la procédure a été considérablement affinée ; le nombre de produits ainsi que le niveau de détail des agrégats ont été progressivement accrus. Parallèlement, certains postes, équilibrés par nature sur le plan conceptuel, ont été isolés ; ils ne sont donc intégrés au système des tableaux ressources-emplois (TRE) qu’une fois ce dernier soumis à la procédure d’équilibrage.

Le niveau de détail accru concernant les produits et les agrégats permet de mieux identifier l’affectation des ressources par produit ; il permet en outre de mieux comprendre et corriger les causes des éventuels écarts, tout en limitant autant que possible les ajustements d’équilibrage automatiques. La valeur totale des agrégats à équilibrer est moindre, mais le niveau de désagrégation est plus élevé, ce qui permet une analyse plus détaillée et plus efficace des déséquilibres.

La définition des postes équilibrés par nature (décrits plus loin) permet à la fois de réduire la valeur des agrégats pris en compte dans la procédure d’équilibrage et, comme on le verra ci-après, de mieux définir les écarts (c’est-à-dire le degré de fiabilité des estimations) des différents agrégats. Par ailleurs, le fait d’avoir exclu ces postes équilibrés des comptes facilite l’élaboration des matrices d’évaluation permettant le passage des prix de base aux prix d’acquisition.

 

 

b) Les différentes approches du PIB sont-elles élaborées indépendamment ?

En règle générale, les estimations du produit intérieur brut selon l’approche par la production et l’approche par la demande sont indépendantes. Pour la quasi-totalité des secteurs d’activité marchands, le système Frame-SBS fournit des estimations robustes et indépendantes de la production et de la valeur ajoutée. Celles-ci sont ensuite comparées aux estimations des dépenses, lesquelles résultent, comme indiqué précédemment, de l’intégration de diverses sources statistiques. Les estimations des agrégats de dépenses obtenues par la méthode des flux de produits constituent une exception partielle à ce principe : elles concernent une faible part de la consommation des ménages et une part plus importante de l’investissement, à l’exclusion de la construction ainsi que de la recherche-développement. La méthode des équilibres –ressources –emplois (ERE)  de produits fournit des estimations de la demande qui dépendent de la production. Toutefois, le niveau de détail très fin des produits utilisé pour construire le système TES (Tableaux Entrées-Sorties) permet d’affecter précisément les ressources aux différents types d’emplois ; cela autorise une comparaison précise avec d’autres sources de données et offre une garantie satisfaisante quant à l’indépendance des estimations finales.

 

 

c) Une prédominance est-elle accordée à l’une des approches ?

Le principe général retenu pour définir les écarts — et, par la suite, pour accorder la prédominance à certaines estimations lors du processus d’équilibrage — repose sur la fiabilité et la précision des sources utilisées pour l’estimation. Lors de la révision de référence de 2011, avec l’introduction du système d’information sur les résultats économiques des entreprises (Frame-SBS), les sources statistiques utilisées pour estimer l’économie marchande officielle selon l’approche par la production sont devenues très robustes pour la majeure partie des branches d’activité. Par conséquent, lors de la révision générale des critères de fiabilité effectuée à l’occasion de la révision de 2011, les paramètres reflétant la fiabilité relative des estimations de la valeur ajoutée par branche ont été relevés. Cela implique que la valeur ajoutée des activités économiques caractérisées par une incidence faible ou nulle de l’économie non officielle n’est que marginalement modifiée par le processus d’équilibrage.

 

 

d) Comment les postes conceptuellement équilibrés sont-ils traités dans les TRE, c’est-à-dire des postes tels que les SIFIM, les assurances, la production non marchande de la banque centrale, les variations de stocks, etc. ?

L’un des problèmes majeurs rencontrés par le passé lors de l’élaboration du système des TRE résidait dans le mélange entre les flux issus des résultats économiques des entreprises et les postes notionnels de la comptabilité nationale, c’est-à-dire tous ces postes conceptuellement équilibrés pour lesquels la répartition complète entre ressources et emplois est identifiée. Pour remédier à ce problème, la nouvelle approche a permis d’identifier un ensemble de circuits qui ne participent pas à la procédure d’équilibrage, mais qui sont ajoutés au système équilibré des TRE à l’issue du processus.

Un exemple important de poste équilibré est l’estimation des services d’intermédiation financière indirectement mesurés (SIFIM), pour lesquels le manuel SEC exige un reclassement des revenus de la propriété vers les transactions liées à la production. L’opération de reclassement implique l’identification de flux de ressources et d’emplois qui sont, par définition, équilibrés ; ainsi, la totalité des ressources en SIFIM (production intérieure et importations) est affectée en dehors de l’équilibrage des consommations intermédiaires (entreprises et institutions sans but lucratif au service des ménages marchandes, administrations publiques et institutions sans but lucratif au service des ménages non marchandes) et des emplois finals (ménages et reste du monde).

Les composantes autoproduites suivantes constituent également des postes conceptuellement équilibrés :

  • Produits agricoles pour consommation propre des ménages,
  • Produits agricoles pour investissement pour compte propre,
  • Produits utilisés pour des paiements en nature (services de restauration),
  • Logiciels pour compte propre,
  • Grandes réparations et améliorations pour compte propre,
  • Originaux d’œuvres récréatives, littéraires et artistiques,
  • Recherche et développement.

La production non marchande (tant des administrations publiques que des institutions sans but lucratif au service des ménages) et la demande finale correspondante sont également classées comme poste conceptuellement équilibré. La production non marchande diminuée des paiements pour production non marchande (P.131) est égale à la dépense de consommation finale diminuée des transferts sociaux en nature de production non marchande (D.632), ce qui permet d’exclure ces deux postes de la procédure d’équilibrage.

Dans le secteur des assurances, les agrégats relatifs aux fonds de pension et à l’assurance-vie sont équilibrés, car la même valeur est inscrite au titre de la production et de la consommation des ménages. Il en va de même pour la production non marchande de la banque centrale. Toutefois, dans ces deux derniers cas, aucun circuit distinct n’a été créé pour être ajouté aux données équilibrées ; les valeurs contribuent au système d’équilibrage et peuvent donc être modifiées.

Un cas particulier de traitement des agrégats composant le système offre-demande concerne les variations de stocks qui, d’un point de vue théorique, pourraient être intégrées au système TES en tant que poste d’équilibrage. Quatre types de stocks sont pris en compte : a) les variations de stocks de produits finis ; b) les variations de stocks de matières premières ; c) les variations de stocks de marchandises destinées à la revente ; et d) les variations de stocks de travaux en cours. Pour ces agrégats, la ventilation par branche est connue, mais il n’existe aucune information sur la répartition par produit, laquelle est supposée similaire à celle de l’agrégat de référence. C’est pourquoi ces agrégats ne sont pas exclus du processus d’équilibrage ; au contraire, une variance plus élevée leur est attribuée lors de la phase de réaffectation des écarts, afin de permettre la modification de la répartition par produit, jugée moins fiable.

 

 

e) Les ajustements pour exhaustivité sont appliqués aux trois mesures du PIB

Sont-ils appliqués de manière globale ou indépendante ? Sont-ils effectués avant l’équilibrage, ou certains écarts d’exhaustivité sont-ils traités lors de l’équilibrage ? Pour les pays adoptant l’approche dominante : expliquez si et comment les ajustements pour exhaustivité compensent l’absence d’ajustements d’équilibrage pour les postes jugés plus fiables dans l’approche non dominante.

Les estimations de la production et de la demande sont toutes deux considérées comme exhaustives. Toutefois, la représentation des comptes nationaux via le système TES un niveau désagrégé permet de détecter et de corriger certains cas présentant un déséquilibre important entre les estimations de l’offre et celles de la demande. Pour ces cas, l’estimation « la plus exhaustive » est identifiée ; une variance plus faible lui est alors attribuée, favorisant ainsi la convergence vers l’exhaustivit

 

 

 

f) Limites quant aux éléments pouvant être révisés lors de l’équilibrage

L’équilibrage automatique ne corrige que les divergences statistiques ; il est toutefois précédé d’une phase d’analyse approfondie du système TES non équilibré. Le niveau élevé de détail permet une analyse précise, n’aboutissant à un équilibrage mathématique qu’une fois résolues toutes les erreurs, omissions ou erreurs d’affectation. Cette procédure a pour effet de réduire l’écart entre les estimations issues des deux approches : c’est pourquoi la procédure d’équilibrage n’a jamais modifié le niveau des estimations du PIB de plus de 0,6 % de sa valeur absolue initiale non corrigée (voir tableau précédent).

 

 

g) Variables dont la modification est totalement exclue

La limite imposée à l’équilibrage des différents agrégats est déterminée par les variances qui leur sont attribuées. Certains agrégats restent inchangés par construction (notamment ceux relatifs au secteur des administrations publiques ainsi qu’au total des importations et des exportations) et se voient attribuer une variance nulle. Comme observé lors de la dernière révision, la valeur ajoutée marchande des activités économiques caractérisées par une incidence faible ou nulle de l’économie non observée ne doit subir que des modifications marginales. C’est pourquoi une variance très faible est attribuée à cet agrégat.

 

 

 

 

3/ À quel niveau de détail la compilation et l’équilibrage sont-ils effectués ?

Bien que les tableaux soient établis pour chaque année, seule la version finale est publiée, conformément au programme de transmission du SEC. Le dispositif complet des tableaux est publié à la fin de chaque année pour l’année t-3, avec un niveau de détail incluant 65 produits et 65 branches. Selon le programme de transmission du SEC, les tableaux ressources-emplois (TRE) publiés fin 2024 concernent l’année 2021, et ceux relatifs à 2022 seront préparés fin 2025.

Lesz  TRE constituent la base des estimations des comptes nationaux pour l’Italie. Par conséquent, ils ne sont pas élaborés *a posteriori* à des fins d’analyse, mais conçus comme un outil de compilation des comptes nationaux et utilisés pour déterminer le niveau final du PIB.

L’approche suivie pour l’estimation finale ou provisoire est identique, mais il existe des différences notables entre les deux versions : outre la disponibilité de sources plus ou moins consolidées, le niveau de détail auquel les estimations sont produites et équilibrées varie également. Le dispositif des TRE pour les estimations semi-définitives et définitives offre un niveau de détail élevé, tant par l’ampleur que par le nombre d’agrégats. Afin d’analyser des regroupements aussi homogènes que possible en termes de processus sous-jacents et de destination économique des biens produits, il a été décidé de maintenir un niveau de désagrégation très fin. Les critères retenus pour ce niveau sont les suivants : a) le respect des exigences définies par le programme européen de transmission (niveau à deux chiffres de la NACE Rév. 2 et de la CPA 2008) ; b) la disponibilité et la fiabilité des sources statistiques ; c) la nécessité d’analyser séparément des groupes de produits présentant des caractéristiques similaires (par exemple, la destination prédominante — intermédiaire ou finale — et, pour cette dernière, la distinction entre biens de consommation et biens d’investissement). Cette démarche a conduit à retenir 262 groupes de produits et 98 branches. Depuis 2008, les TRE ainsi que les estimations annuelles aux prix courants et aux prix de l’année précédente sont traités avec un niveau de détail de 256 groupes de produits et 98 branches d’activité, tandis qu’à partir de 2015, le niveau de détail pour les produits est passé à 262. Lors de la diffusion des résultats, ces données sont agrégées pour aboutir à 65 branches d’activité, ce qui correspond au niveau de détail de la publication des TRE. Un niveau de désagrégation comprenant 72 produits et 65 branches a été utilisé pour la rétropolation des données historiques (1995-2007).

Le système repose sur des matrices de production et de consommations intermédiaires, réparties selon trois secteurs de production : le premier comprend les entreprises, les ménages en tant que producteurs marchands et les institutions sociales ; le second inclut les administrations publiques, ventilées en composantes marchandes et non marchandes ; le troisième comprend les institutions sociales non marchandes.

Les importations comme les exportations sont ventilées en biens et services. Deux matrices d’importations et deux vecteurs d’exportations sont établis et équilibrés, la distinction entre biens et services étant opérée dans les deux cas.

Quatre matrices de variations des stocks par produit sont estimées :

  • Variations des stocks de produits finis ;
  • Variations des stocks de matières premières ;
  • Variations des stocks de marchandises destinées à la revente ;
  • Variations des stocks de travaux en cours.

Une matrice des marges commerciales est définie et équilibrée pour chacun des cinq services de distribution différents. Une matrice des marges de transport est également produite et équilibrée.

En ce qui concerne les impôts, on prend en compte une matrice de la TVA, une matrice des droits, une matrice des impôts sur les produits et une matrice des subventions sur les produits.

Au total, le système d’équilibrage comprend 43 matrices ; 46 vecteurs ; et 7 scalaires formant un système de 102 contraintes, composé de 69 relations comptables et de 33 relations miroirs.

 

 

 

 

 

VIII – LE ROYAUME-UNI

 Le processus d’équilibrage des TRE implique un certain nombre d’étapes qui peuvent être soit des étapes indépendantes, soit liées à d’autres, aboutissant à un type itératif de processus convergeant comme le montre le diagramme ci-dessous [8]. Ce processus aboutit, à une estimation unique du PIB, étayée par les trois approches du PIB (« revenus », « production » et « dépenses »), réconciliées et équilibrées. Chaque approche est évaluée en fonction de sa propre qualité, sans qu’aucune d’entre elles ne prenne le dessus.

L’approche par les revenus est calculée indépendamment des deux autres approches, mais pas entièrement.

En pratique :

  • L’Office for National Statistics (ONS) estime séparément :
    • le PIB par la production,
    • le PIB par les dépenses,
    • le PIB par les revenus.
  • Pour l’approche par les revenus, les bénéfices des sociétés (gross operating surplus, GOS) ne sont pas calculés comme un simple solde permettant de faire coïncider le PIB. Ils sont estimés à partir de données propres : comptes d’entreprises, enquêtes, déclarations fiscales, etc.
  • En revanche, ces données sur les bénéfices sont moins complètes et plus tardives que celles sur les salaires. Les premières estimations trimestrielles du GOS reposent donc davantage sur des modèles et des extrapolations, puis sont révisées lorsque les comptes des entreprises deviennent disponibles.

Une fois les trois approches établies, elles ne coïncident généralement pas exactement. L’ONS procède alors à un processus d’équilibrage (balancing). Ce processus peut conduire à des ajustements sur plusieurs composantes, y compris les bénéfices, mais il ne consiste pas à définir les bénéfices comme un simple résidu :

Bénéfices ≠ PIB − salaires − impôts

Cette égalité n’est pas la méthode de calcul utilisée.

  • Les bénéfices ne sont pas calculés par solde à partir du PIB au Royaume-Uni.
  • L’approche par les revenus est construite de manière largement indépendante.
  • Mais lors de l’équilibrage final des comptes nationaux, des ajustements statistiques peuvent être apportés à certaines composantes, y compris les bénéfices, afin que les trois approches convergent vers un même niveau de PIB. C’est donc une indépendance initiale, suivie d’une réconciliation comptable.

 

 

 

1/ Les 3 appoches du PIB

a) Aperçu de l’approche de la production

L’approche de la production utilisée pour compiler la valeur ajoutée brute (VAB) au Royaume-Uni est intégrée à la production des TRE annuels. Les TRE sont basés sur 112 produits par 112 groupes de branches d’activiés. Cette classification est entièrement compatible avec la nomenclature européenne des activités économiques (NACE Rév. 2).

Le tableau des ressources est élaboré à partir d’une série d’informations provenant d’enquêtes de l’ONS et d’autres sources pour produire des analyses de la production des industries par type de produit, des importations de biens et de services, des marges commerciales des distributeurs, des taxes (moins les subventions) sur les produits. De même, lors de la compilation du tableau des utilisations, un éventail de sources est utilisé pour produire des analyses des intrants des industries et des analyses de l’utilisation finale par type de produit. La combinaison des deux tableaux permet de présenter la production, la consommation intermédiaire (CI) et la VAB pour toutes les industries.

La plupart des données sur les entreprises utilisées dans l’approche par la production sont obtenues à partir d’enquêtes statistiques spécialement conçues à cet effet. Par conséquent, les questions de l’enquête et les notes explicatives sont principalement conformes aux exigences du SEC 2010, mais elles établissent un équilibre entre ce que les entreprises comprennent et peuvent fournir, et les besoins des statistiques pour les comptes nationaux. Par exemple, le chiffre d’affaires est généralement déclaré aux prix à la production plutôt qu’aux prix de base. Il s’agit d’éviter toute confusion et d’éventuelles déclarations erronées, car les entreprises sont familiarisées avec le concept de prix à la production et non de prix de base. Toutefois, il leur est également demandé une ventilation de leurs paiements d’impôts sur les produits et la production et de leurs recettes de subventions, ce qui permet de convertir le chiffre d’affaires, et donc la production, en coût des facteurs, puis en prix de base par l’ajout des impôts pertinents (moins les subventions) sur la production provenant de sources administratives gouvernementales. Cela permet de garantir la cohérence et l’exhaustivité des impôts et subventions utilisés.

Certains actifs et activités enregistrés d’une ou plusieurs manières dans les comptes des entreprises privées ou dans les comptes administratifs doivent être enregistrés de manière spécifique en vertu du SEC 2010. Au Royaume-Uni, la comptabilité privée est fondée sur des principes plutôt que sur des règles. Cela signifie que les postes comptables ayant des emplacements spécifiques en vertu du SEC 2010 peuvent être enregistrés de différentes manières dans les états financiers des sociétés.

Des ajustements sont effectués pour l’économie souterraine afin de tenir compte des activités liées à la fraude fiscale (N1 ; N6), à la contrebande (N2 ; N6), à la fourniture de stupéfiants (N2) et à la prostitution (N2). Ces éléments sont mentionnés dans les descriptions des industries concernées et sont résumés à la section 3.7. En outre, plusieurs ajustements, bien qu’ils ne visent pas explicitement à mesurer l’économie souterraine, en tiennent partiellement compte de toute façon

 

 

b) Aperçu de l’approche par les revenus

L’approche par les revenus utilisée pour calculer la VAB au Royaume-Uni est intégrée à la production des TRE annuels. Les TRE sont basés sur 112 secteurs d’activité, entièrement compatibles avec la NACE Rév. 2. Des estimations indépendantes de toutes les composantes de l’approche par le revenu, y compris l’excédent brut d’exploitation (EBE) et le revenu mixte, sont compilées par branche d’activité.

La composante « salaires et traitements » de la rémunération des salariés (CoE) est principalement mesurée à partir des registres fiscaux qui sont collectés au Royaume-Uni par un système connu sous le nom de « Pay-As-You-Earn » (PAYE). Les données basées sur le système PAYE sont fournies par le HMRC (Recettes et coutumes de Sa Majesté), l’agence de collecte des impôts du Royaume-Uni. Les cotisations effectives des employeurs sont mesurées principalement à partir des données fournies par les registres administratifs du gouvernement.

Le calcul de la valeur ajoutée des sociétés non financières repose principalement sur les données du HMRC provenant des déclarations d’impôt sur les sociétés pour les sociétés privées et sur les comptes publiés des sociétés publiques. Le budget de fonctionnement des sociétés financières est principalement basé sur les enquêtes obligatoires de la Banque d’Angleterre (BoE) pour les banques et sur les enquêtes financières de l’ONS pour les autres intermédiaires financiers. Le GdS des administrations publiques et du secteur des ISBLSM est basé sur la consommation de capital fixe et les données relatives aux ménages et au GdS proviennent principalement de l’enquête HMRC sur les revenus des particuliers.

 

c) Aperçu de l’approche par les dépenses

L’approche par la dépense utilisée au Royaume-Uni est intégrée à la production des TRE annuels. Les TRE sont basés sur 112 groupes de produits. Cette classification est parfaitement cohérente avec la Classification des produits par activité 2008 (CPA (2008)).

Les principales sources de données utilisées pour les dépenses de consommation finale des ménages (HHFCE) sont les enquêtes de l’ONS auprès des ménages sur leurs dépenses, par exemple l’enquête sur le coût de la vie et l’alimentation (LCF) ; les sources de l’ONS concernant le volume des biens et services achetés par les ménages, par exemple l’indice des ventes au détail (RSI) ; et l’ABS de l’ONS.

La formation brute de capital fixe (FBCF) est estimée principalement à partir d’enquêtes auprès des entreprises sur les dépenses en biens d’équipement. Pour les actifs corporels (véhicules, machines, etc.) et incorporels (logiciels, exploration minière, R&D, etc.), les estimations sont principalement basées sur l’enquête trimestrielle sur les acquisitions et cessions d’actifs corporels (QCAS) et l’ABS envoyés aux entreprises privées. Pour les actifs corporels, elles sont complétées par des estimations sur les logements privés, principalement dérivées de l’enquête mensuelle de l’ONS sur la production dans l’industrie de la construction. Pour les actifs incorporels, la recherche et le développement (R&D) sont principalement estimés à partir de l’enquête de l’ONS sur les dépenses des entreprises en matière de recherche et de développement (BERD), ou d’OSCAR pour les administrations publiques.

La source de données pour la consommation de capital fixe, une composante de la dépense de consommation finale des administrations publiques, est la méthode de l’inventaire perpétuel (PIM) de l’ONS.

Pour les entreprises, les informations sur la variation de la valeur comptable des stocks proviennent de l’enquête trimestrielle sur les stocks (QSS) de l’ONS, qui est comparée aux données de l’ABS. Les données sont ajustées pour éliminer les gains de détention en utilisant les indices de prix compilés par l’ONS. La variation des stocks militaires est basée sur les données reçues de l’administration centrale.

 

 

 

 

 

2/ La procédure d’équilibrage ou d’intégration et les principales approches de la validation

Les trois approches de la mesure du PIB, produites indépendamment, sont équilibrées à l’aide du cadre des TRE. Chaque approche est évaluée en fonction de sa propre qualité, sans qu’aucune d’entre elles ne prenne la tête. Les tableaux sont produits chaque année à prix courants et constituent un élément central de l’exercice annuel qui conduit à la principale révision annuelle des comptes nationaux. Les TRE sont utilisés pour équilibrer toutes les années des comptes annuels, à l’exception de la dernière (pour cette dernière année, les comptes incluent un « écart statistique »).

La première étape de l’évaluation des données a lieu avant que le cadre des TRE ne soit rempli. La plausibilité des lignes et des colonnes de données est examinée indépendamment les unes des autres. Par exemple, les estimations des dépenses de consommation finale des ménages, par produit, sont produites et analysées pour s’assurer que l’image globale des dépenses des ménages et leur ventilation par produit sont crédibles. De même, pour les composantes ayant une dimension sectorielle, comme la production, ces données sont examinées dans un premier temps pour s’assurer que les estimations sectorielles sont plausibles. Cette première étape est réalisée par les compilateurs des données originales.

La deuxième étape est une confrontation dans le cadre des lignes (produits) des TRE. Les données de chaque ligne sont remises en question dans le but d’atteindre un équilibre dans la ligne où l’offre d’un produit est égale à l’utilisation de ce produit. Ce processus de confrontation permet d’identifier les zones d’incohérence entre les différentes sources, qui peuvent alors être examinées. Les données de la ligne sont ensuite ajustées pour atteindre l’équilibre. Ce processus d’ajustement est basé sur une évaluation de la qualité des données utilisées pour remplir les différentes cellules d’une ligne. Certains composants ne sont pas ajustés au cours du processus d’équilibrage.

La troisième étape du processus d’équilibrage consiste à confronter les données des colonnes. Si la deuxième étape de l’équilibrage permet d’équilibrer les lignes, elle ne permet pas de satisfaire la relation comptable pour les colonnes, c’est-à-dire que la VAB de l’approche par la production est égale à la VAB de l’approche par le revenu. Cette troisième étape de l’équilibrage a pour objectif de s’assurer que ces identités de colonnes sont satisfaites.

Une fois la troisième étape terminée, il est probable que les identités des lignes équilibrées au cours de la deuxième étape du processus aient été rompues par la suite. Le processus de répétition des étapes deux et trois se poursuit jusqu’à ce que les identités des lignes et des colonnes soient satisfaites ou, du moins, sur le point de l’être. Ce processus itératif et manuel d’équilibrage axé sur les lignes et les colonnes permet de se rapprocher de l’équilibre.

Les itérations sur les lignes et les colonnes devraient aboutir à un « quasi-équilibre ». Toutefois, il est très peu probable que ce processus suffise à lui seul à produire un équilibre entre les trois approches de la mesure du PIB au million de livres sterling le plus proche. Pour résoudre le déséquilibre restant, le processus d’équilibrage comporte une ou deux étapes supplémentaires.

La première étape consiste à évaluer s’il subsiste des déséquilibres significatifs dans l’une ou l’autre des lignes et des colonnes. Dans ce cas, l’équipe centrale qui coordonne l’exercice d’équilibrage peut poursuivre l’équilibrage manuel afin de traiter ces déséquilibres. Contrairement aux itérations d’équilibrage précédentes, l’équipe centrale est en mesure de traiter simultanément les déséquilibres de lignes et de colonnes, ce qui permet de résoudre les déséquilibres significatifs qui subsistent à ce stade. Toutefois, la vitesse à laquelle cette forme d’équilibrage simultané des lignes et des colonnes peut être effectuée est limitée car, afin de maintenir le contrôle des ajustements d’équilibrage effectués, cet équilibrage simultané ne peut être effectué que par une seule personne à la fois.

Cette approche peut être poursuivie jusqu’à ce qu’un équilibre final soit atteint. Sinon, lorsqu’il reste de nombreux petits déséquilibres, l’étape finale de l’équilibrage est l’application d’une méthode d’équilibrage automatique qui est appliquée pour résoudre tous les déséquilibres en suspens. La méthode employée est l’équilibrage par ratissage et mise à l’échelle (RAS), développée à l’origine par Stone dans les années 1960. L’équilibre est obtenu en répartissant d’abord les différences d’offre et d’utilisation de chaque produit entre les différentes industries, puis en mettant à l’échelle les totaux de l’industrie pour assurer la cohérence de la production et du revenu de la VAB.

Cette méthode est une procédure mécaniste relativement simple. En tant que telle, il n’est pas possible d’utiliser des sources d’information supplémentaires, des jugements ou des connaissances d’experts pour éclairer les résultats. La méthode peut tenir compte de la qualité différente des sources de données d’entrée, mais uniquement de la manière la plus limitée : la méthode est conçue de manière à ce que certaines données de « haute qualité » ne soient pas ajustées, tandis que d’autres données de « basse qualité » le sont afin de parvenir à un équilibre.

A partir de 2021, un nouveau cadre a été introduit dans les TRE annuels, dans lequel l’ONS produit des estimations de volume du PIB, et la double déflation est désormais utilisée pour produire et équilibrer les estimations doublement déflatées de la valeur ajoutée brute (VAB) par branche d’activité. Occasionnellement, cet équilibrage en volume peut informer un nouveau cycle d’équilibrage des prix courants, bien que les valeurs impliquées soient faibles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IX – LES ÉTATS-UNIS

 Pour mieux comprendre l’économie et les NIPA (National Income and Product Account), l’office statistique américain (le BEA) considère une économie simple composée uniquement d’entreprises et des individus, comme le montre le diagramme circulaire ci-dessous [9] :

 

Dans cette économie simple, les individus fournissent la main-d’œuvre qui permet aux entreprises de produire des biens et des services.  Ces activités sont représentées par les flèches vertes dans le diagramme ci-dessus.

On peut aussi observer ces transactions en terme de flux monétaires. Les entreprises fournissent des revenus (sous forme de rémunérations) à des personnes en échange de leur travail. Ce revenu est, à son tour, dépensé en achats de biens et services que les entreprises produisent.  Ces activités sont représentées par les flèches bleues dans le diagramme ci-dessus.

 

 

1/ Les concepts fondamentaux des comptes nationaux américains

Dans les NIPA, le PIB est défini comme la valeur marchande des biens, services et structures produits par l’économie au cours d’une période donnée. Conceptuellement, cette mesure peut être obtenue par trois moyens distincts : comme la somme des biens et services vendus aux utilisateurs finaux, comme la somme des paiements de revenus et autres coûts encourus dans la production de biens et services, et comme la somme de la valeur ajoutée à chaque étape de la production (schéma suivant). Bien que ces trois façons de mesurer le PIB soient conceptuellement identiques, leur calcul peut ne pas donner lieu à des estimations identiques du PIB en raison de différences dans les sources de données, le calendrier et les techniques d’estimation.

 

Les 3 façons de mesurer le PIB (source Inventaire RNB des États-Unis)

 

Dans les NIPA, la mesure de la production intérieure qui est calculée comme la somme des composantes des dépenses finales est appelée PIB, et la mesure qui est calculée comme la somme des paiements de revenus et des coûts encourus dans la production est appelée RIB (revenu intérieur brut). Ces deux mesures et leurs composantes constituent le « Compte du revenu intérieur et du produit », le premier des comptes synthétiques du NIPA. En général, les données sources des composantes des dépenses sont considérées comme plus fiables que celles des composantes des revenus, et la différence entre les deux mesures est appelée « écart statistique ».

Le BEA fournit également la moyenne mathématique à pondération égale du PIB et du RIB, car un certain nombre d’études de fiabilité ont conclu que la moyenne de ces mesures refléterait mieux la croissance économique au cours d’une période donnée en diminuant les incohérences de mesure connues entre les deux statistiques, telles que les différences temporelles, les lacunes dans les données sources sous-jacentes et les erreurs de mesure d’enquête.

La moyenne du PIB et du RIB est également l’un des indicateurs macroéconomiques utilisés par la commission de mesure du cycle économique du National Bureau of Economic Research (NBER) pour déterminer les points de retournement du cycle économique américain. Le schéma suivant illustre les relations entre le PIB, le RIB et plusieurs autres mesures agrégées importantes des NIPA. Ces mesures se distinguent selon qu’elles sont «produit» ou «revenu», «brut» ou «net» et «domestique» ou «national». En général, on passe :

  • d’une mesure «produit» à une mesure «revenu» en soustrayant l’écart statistique,
  • d’une mesure «brute» à une mesure «nette» en soustrayant la consommation de capital fixe (CFC),
  • d’une mesure «domestique» à une mesure «nationale» en soustrayant les paiements de revenu net au reste du monde (ou de manière équivalente, en ajoutant les recettes de revenu net du reste du monde) .

 

Relations entre les principales mesures des NIPA en termes de «produit» et de «revenu»

 

 

 

 

2/ Le principe du compte en T

Un compte en T offre une autre façon d’illustrer les flux de l’économie de manière plus détaillée que le schéma circulaire précédent. Il s’agit d’un tableau à deux faces qui correspond aux « sources » de rentées d’argent sur la droite, ou le côté crédit, et aux emplois sur la gauche, ou le côté débit. Les inscriptions de chaque côté s’additionnent à un total en bas ; les totaux de chaque côté sont égaux.  L’exemple ci-dessous présente un exemple très simple de « revenu et compte « dépenses » d’un individu.

La partie droite du compte indique le montant de la source des revenus : Rémunération (principalement salaires) et les intérêts et dividendes reçus de la  propriété d’actifs (tels que des obligations ou des actions). La somme des ces sources sont les « revenus totaux ». Le côté gauche montre le l’utilisation des revenus par l’individu : Consommation (achats de biens et services), le paiement des impôts et l’épargne. La somme de ces utilisations est le « total des dépenses ». Comme pour les le diagramme circulaire, le compte en T montre que  revenu est égal aux dépenses.

La structure du compte en T fournit deux analyses. Premièrement, parce qu’il s’agit d’une identité, il permet d’identifier et estimer un « poste d’équilibre » entre les deux côtés du compte : dans l’exemple, la différence entre le revenu total de l’individu à droite et la consommation et les paiements sur le côté gauche donne une mesure de la l’épargne individuelle. Deuxièmement, lorsqu’ils sont élaborés pour plus d’un seul secteur économique, les comptes en T fournissent une système de « double entrée » dans lequel une source de revenus pour un secteur apparaît également comme une utilisation du revenu.

 

Compte de revenus et de dépenses d’un ménage

 

 

3/Les sept comptes récapitulatifs des États-Unis du NIPA

Dans le NIPA, les flux d’activités liées à la production et les revenus entre les secteurs de l’économie sont résumés  dans les sept comptes en T présentés ci-dessous. Les parenthèses d’une opération d’un compte indiquent les numéros qui suivent chaque inscription sur un autre compte, autrement dit les flux d’un secteur institutionnel de l’économie vers un autre. Les tableaux se lisent ainsi : Les salaires du compte 1 (6924 milliards de dollars) se retrouvent en position 12 du compte 3, etc….

Plus précisément, pour chaque secteur institutionnel, le compte de production enregistre la valeur de la production qui est attribuable à ce secteur et les utilisations des revenus découlant de cette production. Les comptes des revenus et des dépenses enregistrent les sources de revenus du secteur, ses dépenses courantes et son épargne. Le compte d’épargne et d’investissement (également appelé compte de capital) enregistre l’épargne brute et les investissements bruts du secteur, où les investissements bruts sont les acquisitions nettes d’actifs moins l’augmentation nette des passifs.

Le schéma suivant illustre les relations à l’intérieur du NIPA des comptes sous-jacents de production, de revenus et de dépenses, et d’épargne et d’investissement des secteurs de l’économie.

 

Comptes récapitulatifs du NIPA des États-Unis

 

Le premier compte est un compte de production. La partie droite, ou « produits », de ce  compte 1 montre les dépenses finales totales de la nation classées par emplois (consommation finale, FBCF,…) et la  partie  gauche, ou côté « recettes », indique les revenus engendrés par la production.  La mesure sommaire du  PIB est défini comme la valeur marchande des biens et des services  pendant une période donnée moins la valeur des biens et services utilisés dans la production.  Les écritures à droite du compte 1 montrent l’approche utilisée par le BEA pour calculer le PIB : Il est mesuré en utilisant l’approche par les « dépenses », c’est-à-dire comme la somme des emplois finals nets des importations.

Le compte 2 présente les revenus à droite et les charges à gauche pour les entreprises privées (y compris les ménages et les autres institutions en tant que producteurs). Le compte 3 présente les revenus des ménages et leurs dépenses. Le compte 4 présente les recettes et les dépense des Administrations Publiques (APU). Le compte 5 présente les opérations du Reste du Monde, en précisant les transactions courantes concernant la production, les revenus et les dépenses des États-Unis avec le Reste du Monde. Les comptes 6 et 7 sont des comptes de capital ; ils reflètent les opérations qui contribuent à l’accumulation d’actifs immobilisés et de stocks en montrant l’épargne de la Nation et l’utilisation de cette l’épargne en vue d’investissements en actifs fixes et en stocks et aussi la capacité de (ou le besoin de) financement. Plus précisément, le compte 6 est un le compte consolidé « épargne-investissement » pour les États-Unis, et le compte 7 résume les transactions de capitaux des États-Unis avec le Reste du Monde.

 

 

 

Le côté gauche ou revenu du compte 1 montre le PIB approche « revenu » comme la somme des revenus du travail par les salariés (rémunérations), des taxes sur production et importations moins subventions, et des revenus des entreprises  (l’excédent net d’exploitation des entreprises privées et des entreprises publiques), et la consommation fixe de capital (CCF). Ces entrées apparaissent à nouveau comme sources de revenus dans les comptes 2 à 5.

En théorie, le PIB approche « revenu » devrait être égal au PIB « approche demande ». En pratique,  les différences dans les données sources utilisées pour estimer les deux mesures se traduisent par un « écart statistique » qui est calculé comme le PIB « approche demande » moins le PIB approche « revenu ». Parce que  les données sources utilisées pour élaborer les estimations par produit des comptes sont basés sur des enquêtes plus complètes et des recensements, le BEA les considère comme plus fiables. Par conséquent,  l’écart statistique apparaît comme une composante du côté des revenus du compte pour assimiler le PIB approche « revenu » au PIB.

 

La partie droite du compte 2 indique les sources de financement privé  des entreprises, et la partie gauche montre la répartition de ces revenus parmi les différents types d’entreprises, facilitant la présentation ultérieure des contre-entrées connexes des comptes des ménages, des APU et du Reste du Monde (comptes 3, 4 et 5, respectivement). Les entreprises privées comprennent la plupart des entreprises et une partie des ménages sen tant que propriétaires  de leur logement.

A droite du compte 2, les sources de revenu d’entreprise comprennent à la fois :

  • le revenu de la production (excédent net d’exploitation). Il reflète les revenus gagnés par toutes les entreprises privées à partir de la production après la déduction des frais de fonctionnement (tels que la rémunérations des employés et les taxes sur la production et les importations).
  • les revenus qui reviennent aux  détenteurs de capitaux financiers, de dettes ou d’actions. Elles comprennent les intérêts reçus, les dividendes reçus du Reste du Monde, et la part des revenus des entreprises de leurs filiales étrangères. Parce que le compte consolide les revenus de toutes les entreprises américaines, les recettes et les paiements de dividendes entre entreprises nationales s’annulent mutuellement.

Le côté gauche du compte 2 montre les revenus distribués aux fournisseurs de capitaux financiers : paiements de revenus sur les actifs, non distingués par secteur institutionnel; et paiements de « transfert ». Les revenus des propriétaires et revenus locatifs apparaissent aussi et s’apparentent à l’excédent net d’exploitation (mais mesuré après déduction des intérêts). On y trouve aussi les intérêts nets et les paiements de dividendes reçus par tous les autres secteurs, puis les paiements d’impôts et les bénéfices des entreprises (qui peuvent être considérés comme une mesure de l’épargne des entreprises). Ces derniers sont très suivis car il fournissent une mesure de la santé financière des entreprises américaines. En dessous,  les bénéfices non distribués représentent une grande partie du financement de l’investissement.

 

Le compte 6 de capital intérieur montre la relation entre l’épargne et l’investissement dans l’économie américaine. Il peut être utilisé pour répondre à des questions clés sur l’économie, telles que : Les actifs fixes sont-ils remplacés ? Y a-t-il un besoin de financement de l’économie américaine ? Quel secteur affiche une épargne positive ? Quel secteur investit ?

La partie droite du compte indique les sources d’épargne pour l’économie américaine par secteur : L’épargne des ménages, l’épargne des entreprises et l’épargne publique. L’épargne est une épargne nette. L’épargne brute est l’épargne nette plus la CCF. Lorsque l’épargne brute est égale ou supérieure à la CCF, le montant de l’épargne est suffisant pour couvrir le vieillissement des actifs.

L’écart statistique par rapport au compte 1 apparaît à nouveau dans ce compte. Étant donné l’égalité théorique entre le PIB « dépenses » et le PIB « revenu », l’écart statistique peut être considéré comme un revenu réel (positif ou négatif) qui n’est pas pris en compte pour mesurer le PIB « revenu » et, par conséquent, non distribué aux secteurs. Autrement dit, il est présenté comme une source de l’épargne (positive ou négative) dans ce compte; son ajout conduit à la mesure de l’agrégat du compte 6 « épargne brute et écart statistique ».

 

 

 

 

 

 

 

X – LE CANADA

 Les comptes comprennent les deux tableaux principaux du produit intérieur brut (PIB) en termes de revenus et du PIB en termes de dépenses [10]. Ils comportent aussi divers tableaux statistiques qui fournissent plus de renseignements sur l’affectation et la redistribution des revenus entre secteurs institutionnels; les dépenses engagées à même ces revenus par les secteurs; les montants correspondants qui sont épargnés et investis dans la FBCF par chacun de ces secteurs. Chaque tableau comporte un solde comptable qui devient le point de départ du compte suivant. Ces tableaux forment ce qu’on appelle la séquence des comptes.

 

1/ Estimations du produit intérieur brut en termes de revenus et de dépenses aux prix d’acquisition

À leur niveau le plus général et le plus visible, les comptes des revenus et dépenses du Canada prennent la forme de deux tableaux : l’un porte sur le PIB en termes de revenus et l’autre sur le PIB en termes de dépenses. Conformément à cette identité fondamentale, la valeur totale de l’ensemble des biens et services offerts au sein de l’économie (par voie de production intérieure ou d’importation de produits de l’étranger) doit être égale à la valeur totale de l’ensemble des biens et des services utilisés.

Statistics Canada estime l’approche « production » et l’approche « demande » du PIB. Puis en remplaçant la valeur  ajoutée entre ses composantes (rémunérations, etc..), il apparaît que l’approche « revenu » et l’approche « production » sont très voisines.

L’équation fondamentale montre que les principaux agrégats  — PIB en termes de revenus et PIB en termes de dépenses — sont égaux « ex post ». Cela dit, il n’est pas surprenant que, lorsque les composantes des deux tableaux sont mesurées à l’aide d’enquêtes et d’autres sources de données, leurs résultats nets ne soient jamais, ou à peu près jamais, parfaitement égaux. La pratique de longue date au Canada consiste à calculer l’écart entre les deux estimations du PIB, puis d’imputer la moitié de cet écart à l’estimation la plus basse et d’en soustraire la moitié de l’autre estimation, de manière que les deux estimations du PIB ainsi ajustées soient égales. Le montant ajouté à une estimation et retranché de l’autre est appelé la divergence statistique. Tous les pays qui élaborent des comptes nationaux éprouvent le même problème, et il existe différents moyens de l’aborder.

L’équation suivante présente l’égalité des deux PIB en ajoutant la divergence statistique :

Rémunération des salariés + excédent d’exploitation brut + revenu mixte brut + impôts moins subventions sur la production, les produits et les importations + divergence statistique =
Dépenses de consommation finale + FBCF + variations de stocks  + exportations – importations – divergence statistique

 

2/ Le produit intérieur brut en termes de revenus aux prix du marché (d’acquisition)

Le tableau  suivant présente à titre d’exemple le premier des deux tableaux principaux pour l’année 2009. Dans ce tableau, le PIB aux prix du marché est présenté comme étant égal à la somme de la rémunération des salariés, de l’excédent d’exploitation brut, du revenu mixte brut, des impôts moins les subventions sur la production, ceux sur les produits et les importations (nets), et de la divergence statistique.

 

 

 

 

3/ Le produit intérieur brut en termes de dépenses aux prix du marché

L’autre tableau principal, qui fait état du PIB en termes de dépenses aux prix d’acquisition, est le suivant. Dans ce tableau, le PIB est égal à la somme des dépenses de consommation finale, de la FBCF des variations de stocks (« investissements en stock »), des exportations de biens et services, des importations de biens et services (sous forme de valeur négative) et de la divergence statistique. Le tableau comprend un agrégat additionnel, la demande intérieure finale, qui correspond à la somme des dépenses de consommation finale et de la FBCF. Cet agrégat révèle la vigueur des dépenses intérieures au sein de l’économie en excluant les variations de stocks et les exportations de biens et services, sans soustraire les importations de biens et services.

   

 

 

 

 

 

4/  Comptes courants et compte de capital des secteurs institutionnels canadiens

Des comptes distincts sont présentés pour chacun des six principaux secteurs : les ménages, les institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM), les sociétés non financières, les sociétés financières, les administrations publiques et les non-résidents.

Les deux premiers comptes de la séquence complète, soit le compte de production et le compte d’exploitation, ne sont pas présentés par secteur institutionnel au Canada pour le moment, mais ils le sont par secteur d’activité. De même, le compte du revenu d’entreprise, le compte d’affectation des autres revenus primaires, le compte de redistribution du revenu en nature et le compte d’utilisation du revenu disponible ajusté n’ont pas encore été élaborés.

L’inventaire RNB du Canada porte donc essentiellement sur les quatre comptes suivants qui se situent au centre de la séquence des comptes : le compte d’affectation des revenus primaires, le compte de distribution secondaire du revenu, le compte d’utilisation du revenu disponible et le compte de capital. Ces quatre comptes sont combinés dans un même tableau pour chacun des six secteurs institutionnels.

Le tableau suivant présente un résumé des totaux clés relativement aux six secteurs de l’économie. Plusieurs observations sont à mentionner.

D’abord, le revenu primaire total des six secteurs est égal au revenu disponible total. Cela tient au fait que les transferts courants qui rendent compte de l’écart entre le revenu primaire et le revenu disponible finissent par s’annuler mutuellement (pour chaque dollar de transfert reçu par un secteur, il y a un dollar de transfert correspondant payé par un autre secteur). Les secteurs ayant reçu des transferts nets en 2009 sont ceux des ISBLSM, des sociétés financières, des administrations publiques et des non-résidents, tandis que les deux autres secteurs ont eu un revenu disponible inférieur à leur revenu primaire.

 

 

 

 

5/ Les comptes des revenus et dépenses comparativement aux TRE

Les comptes des revenus et dépenses sont à la fois similaires et étroitement rattachés aux TRE. Les uns et les autres portent sur le produit intérieur brut agrégé et ses principales composantes mentionnées dans l’identité fondamentale des comptes nationaux. Les deux ensembles de comptes sont entièrement intégrés entre eux, sur le plan à la fois des concepts utilisés et des estimations statistiques qu’ils renferment, et chacun se prête à des utilisations particulières.

L’un des avantages importants des comptes des revenus et dépenses par rapport aux TRE est leur actualité, puisqu’ils sont diffusés chaque trimestre dans les 60 jours suivant le trimestre de référence. Alors que les TRE sont diffusés annuellement dans les 35 mois environ suivant l’année de référence. Cet avantage est toutefois contrebalancé par le fait qu’une telle actualité des données va de pair avec des estimations initiales des comptes des revenus et dépenses qui sont moins exactes et qui doivent être révisées au cours des périodes suivantes, à mesure que de nouvelles données sources sont offertes. L’autre désavantage important est que les comptes des revenus et dépenses sont beaucoup moins détaillés que le TRE.

Un autre aspect clé des comptes des revenus et dépenses est qu’ils sont axés sur des unités institutionnelles : ménages, ISBLSM, sociétés, administrations publiques et non-résidents. Ils définissent le flux des revenus primaires et des dépenses, des revenus de la propriété, des transferts, de l’épargne et des investissements au sein de ces secteurs institutionnels, et ils précisent les types de comportements économiques dont font preuve ces derniers. Pour leur part, les TRE sont fondés principalement sur les établissements plutôt que sur les unités institutionnelles, et ils mettent l’accent sur les rapports de production à l’échelon des secteurs d’activité.

Les deux ensembles de comptes comportent des décompositions prix-volume pour les différentes séries de dépenses qu’ils contiennent, et ils ont recours à la formule d’indices en chaîne de Fisher pour l’agrégation des indices de prix et de volume.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Michel Braibant


BIBLIOGRAPHIE

[1]https://circabc.europa.eu/ui/group/7eb29b7b-33b0-4c9f-851b-e370277bb9e5/library/8acdddb7-fdf4-46aa-86a4-b7ff810d4c08, Germany

[2]https://circabc.europa.eu/ui/group/7eb29b7b-33b0-4c9f-851b-e370277bb9e5/library/8acdddb7-fdf4-46aa-86a4-b7ff810d4c08, Netherlands

[3] https://www.nbb.be/en/statistics/nationalregional-accounts/methodology

[4]https://circabc.europa.eu/ui/group/7eb29b7b-33b0-4c9f-851b-e370277bb9e5/library/8acdddb7-fdf4-46aa-86a4-b7ff810d4c08, Sweden

[4]https://circabc.europa.eu/ui/group/7eb29b7b-33b0-4c9f-851b-e370277bb9e5/library/8acdddb7-fdf4-46aa-86a4-b7ff810d4c08, Austria

[6]https://circabc.europa.eu/ui/group/7eb29b7b-33b0-4c9f-851b-e370277bb9e5/library/8acdddb7-fdf4-46aa-86a4-b7ff810d4c08, Norway

[7] https://circabc.europa.eu/ui/group/7eb29b7b-33b0-4c9f-851b-e370277bb9e5/library/8acdddb7-fdf4-46aa-86a4-b7ff810d4c08, Danmark

[8] https://data.gov.uk/dataset/c4302e70-b8ca-43d7-a30f-f1fc2747603f/gross-national-income-inventory-of-methods

[9] https://www.bea.gov/system/files/2019-12/Chapter-1-4.pdf[

[10] https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/13-606-g/2016001/article/14620-fra.htm

Tableau entrées-sorties mondial (T.E.S.)